Pourquoi les entreprises ont besoin de Second Life

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Ce matin, Mark Kingdon, le patron de Linden Lab – et donc de Second Life – recevait Antimatière dans les fauteuils moelleux d’un hôtel parisien. L’occasion de lézarder au soleil sur les champs-élysées faire le point sur les mondes virtuels en période de crise. Comme à son habitude, Mark s’est montré enthousiaste au sujet de Second Life, parlant de "wonderful story" et de "vibrant economy". En 2009, le montant des transactions effectuées entre les joueurs a atteint 567 millions de dollars. Une hausse de 65% par rapport à 2008 ! Parallèlement, 55 millions de dollars ont été convertis en vrai cash par les entrepreneurs virtuels. Plus de détails ici, dans un article récent du Washington Post. 

Plus intéressant, Mark Kingdon a bien voulu revenir sur "Second Life Enterprises", l’offre dédiée aux entreprises. Celle-ci, actuellement en phase de test, est clairement destinée à concurrencer les offres classiques de chat video. Facturée au minimum 55 000 dollars, elle permet au client d’organiser des réunions virtuelles dans un espace privé, bien à l’abri des firewalls. Chaque personne est représentée par un avatar. Ces derniers peuvent partager des documents web, des présentations powerpoint, etc.

L’intérêt pour le client est de réduire à néant les coûts de déplacement, de location de salles … mais pas seulement. Second Life a des atouts que les solutions classiques de web conference n’ont pas. La qualité du son tout d’abord (non non je ne plaisante pas, Mark Kingdon est formel. Second Life offre une spacialisation du son tout à fait appréciable). Mais surtout, Second Life est plus convivial qu’un chat vidéo classique qui n’offre aucun environnement à découvrir (de ce point de vue, les possibilités offertes par Second Life semblent infinies) et qui se termine dès que le dernier interlocuteur a parlé. IBM, par exemple, a introduit avec succès des "espaces café" dans ses réunions virtuelles. Les discussions entre avatars qui ont lieu dans ces endroits peuvent d’ailleurs se poursuivre en live pendant la réunion puisque chaque interlocuteur voit sur un coté de son écran le flot des messages, un peu comme dans Facebook (mais en plus discret, il s’agit tout de même d’une réunion avec un speaker et les documents de support). Il y a donc deux niveaux de conversation.

 Les entreprises sont-elles prêtes pour ce genre de solution ? Sur un plan financier, oui. Les grandes entreprises du CAC 40 n’hésitent pas à dépenser des dizaines de milliers d’euros pour des services de web conférence. Sur un plan idéologique, c’est encore à prouver, même si une réunion virtuelle dans un chalet suisse est sans doute moins stressante que beaucoup de réunions dans la vraie vie. 

1 trackback

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8 commentaires

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  • C’est pas très nouveau ça, Sébastien….
    ça fait des mois que j’ai un travail virtuel, avec des réunions « ectoplasmiques »…

    nouveau ? non. mais si on en croit Jon Fortt – spécialiste de la question – 2010 sera certainement l’année de la vidéo dans l’entreprise. Les vidéo-conférences permettraient même d’économiser 3,5 milliards de dollars par an d’ici à 2012 (source : Fortune).
    PS : j’espère que votre boulot n’est pas trop virtuel quand même. vous m’inquiétez là.

    People deserve wealthy life time and mortgage loans or just short term loan would make it better. Just because freedom is based on money state.

    La vidéo-conférence existe déjà…Second life n’innove qu’en proposant des avatars…Mais au vu des bugs continuels que rencontre second life, je me demande si les entreprises tenteront vraiment l’aventure. N’est-il pas, en outre, plus judicieux de voir ses partenaires réels dans le cadre d’un échange commercial ? Si l’idée de café est intéressante, elle n’empêche pas l’écueil de la digression et donc la perte de l’objectif initial fixé par l’entreprise. Mais les entreprises sont-elles vraiment prêtes à franchir ce pas ou préfèrent-elles acheter une machine à café ?

    La vidéo conférence est moins intéressante en immersion. Le rapport signal bruit transmis y est plus faible. A voir les études d’impact réalisés aux etats-unis sur la question du support.

    Le metavers (en général) dispose d’un point fort amplifié chez Linden Lab par l’inclusion direct dans le monde du navigateur (techno, Media Shared chez Linden lab cf viewer2). Elle autorise aussi bien l’échange en direct d’information 2D bidirectionnelle (cloud computing)que la diffusion d’information 2D classique. Mais en ajoutant la présence a coté (sur le même plan visuel) des intervenants et de toutes les sources de signal. C’est ce que l’on nomme la zone d’échange unifié pour ceux qui ont déjà eut l’occasion de travailler sur les réunions metavers.

    Pour comprendre l’intérêt, essayez d’imaginer une réunion bien réel, ou pour chaque information diffusée vous deviez voir disparaitre l’intervenant et toutes les personnes autour. Faire X manipulation pour passer du whiteboard collaboratif à celui qui vous permet vos notes privées. De l’écran de projection des graphiques et autres données à celui du « visage » des intervenants. C’est entre autre sur ce point que le metavers permet de remonter le rapport signal / Bruit. C’est à mon avis un des points majeurs en nous ramenant dans un monde de fonctionnement proche de celui du monde réel.

    Qui dit réunion dit collaboration. Et elle ne peut fonctionner que si l’on a sur le même plan visuel et simultané tous les éléments y compris ses collègues d’ailleurs. En amenant cette capacité aux réunions dematerialisé, Linden lab et le metavers en général se garantie de trouver au final sa place.

    Certes l’avatar dispose d’une capacité de transmission plus restreinte que le réel (les signes du visage par exemple, absent en virtualité). Ce sont des points qui seront encore à travailler.

    En ce sens la proposition de Linden Lab d’inclure les atout du metavers dans un cadre pro va probablement faire grincer des dents (surtout en europe ou l’on craint par dessus tout la non présence physique).

    Mais c’est probablement la voie nécessaire et aussi une chance pour les entreprises françaises. Les entreprises françaises ne cessent de se plaindre des défauts du travail à domicile ou du travail déporté.
    Du fait que cela rompt l’esprit d’entreprise. Avec cette solution le lien reste fort et présent. Puisque l’émotion si elle passe certes par le geste physique (la bise en arrivant, la poignée de main, …) n’en reste pas moins un sentiment. Hors les sentiments; nous savons parfaitement transmettre à autrui par la virtualité. Ou bien que celles ou celui qui n’a jamais pleurée en lisant un livre ou devant un film me jette le premier octet :)

    Cordialement,
    mes deux centimes.

    @Nao et Michel. Vous soulevez deux points fondamentaux 1) La frilosité des entreprises européennes vis à vis du virtuel et des avatars 2) Le risque de digression, ou de perte de l’objectif initial en raison de la mauvaise utilisation de ce nouvel outil. Pour Linden Lab, le challenge est donc de taille. En plus, Second Life est concurrencé sur le volet formation par les serious games.

    et le problème technique (il y a beaucoup de bugs sur second life)…Je ne vois pas en quoi Nao la vue de collègues virtuels favoriserait la collaboration. De plus c’est justement parce que le signal bruit est fort que cela peut mettre à mal la communication et faire faillir la collaboration (qui demande un consensus).

    Les différents points abordés sont très bons et je vais d’ailleurs les mettre en application.

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