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Jeu vidéo cherche économiste

Eyjolfur Gudmundsson est chanceux. Avec ses diplômes d’économie, il aurait pu entrer dans une banque islandaise, et voir sa carrière stoppée net par la crise financière de 2008. Aujourd’hui, ce trentenaire au front dégarni passe ses journées la tête dans les étoiles. Son métier ? Economiste en chef d’EVE Online, un jeu vidéo en réseau de conquêtes spatiales.

Dr Eyjo a pris ses fonctions il y a trois ans, juste avant la débâcle économique de l’Islande. En pionnier. Avant lui, jamais le secteur du jeu vidéo n’avait embauché de véritable économiste à plein-temps. Mais voilà, à l’image du monde réel, les mondes virtuels se complexifient. Dans EVE Online, les joueurs ne se font pas seulement la guerre à grand renfort de rayons laser. Ils achètent des matériaux pour construire leurs aéronefs grâce à une monnaie virtuelle, la couronne interstellaire (ISK). Certains tiennent le rôle de banquier, d’autres exploitent des mines, d’autres deviennent pirates et-ou spéculent sur le prix des matières premières ! Chaque joueur a sa spécialité.

Cette distribution des rôles pousse les participants à échanger et à s’allier, ce qui rend l’économie du jeu encore plus complexe. Par exemple, la construction du Titan – le nec plus ultra en matière de vaisseau spatial – nécessite plusieurs semaines et une quantité énorme de matières premières. Elle mobilise une guilde entière de joueurs et se fait – conflit oblige – dans des installations surveillées vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le prix de ce bien virtuel est colossal : environ 7 600 dollars, si l’on convertit le temps de jeu et le coût des matériaux nécessaires en monnaie réelle. Mais le Titan permet à un groupe de joueurs de sécuriser des territoires immenses. A la clé, de juteuses ressources. En 2008, un internaute recensait près de 300 Titans dans EVE Online, soit un investissement théorique de 2 millions de dollars.

Une fraction de ces mises de fonds est, depuis, partie en fumée lors de batailles spatiales épiques (un système d’assurances permet toutefois aux participants de couvrir une partie de leurs pertes financières). Ce qui n’empêche pas les bases spatiales d’EVE Online de fourmiller de vaisseaux en construction. De quoi tirer l’économie du jeu. Chaque jour, plus de 1 million de transactions sont enregistrées. Du coup, l’aide d’un économiste est indispensable, notamment pour surveiller l’évolution des prix. (lire la suite)

La phrase du jour, nous la devons au journaliste et réalisateur Yannick Dahan, qui était invité hier par Microsoft à la soirée de sortie du jeu vidéo Gears of War 3. « Aujourd’hui, pour faire un film d’action qui donne autant d’émotion qu’un Gears of War… bon courage. Il vous faut au moins un budget de 300 millions de dollars ».
Heu. 300 millions ? C’est un budget digne d’Avatar ou de Pirates des Caraïbes, ça. Yannick Dahan exagère sans doute un peu. Cependant, il est vrai que le jeu vidéo n’a pas son pareil pour plonger le joueur au coeur de l’action, grâce notamment à ses mouvements de caméra ultra rapides et ultra paramétrables.

Au passage, Yannick Dahan raconte une anecdote intéressante : il y a quelques temps de cela, il a tenté de reproduire « en vrai » certains effets de caméras utilisés dans Gears of War, et notamment, le passage de la caméra derrière l’épaule du joueur quand celui-ci se met à courir. Bilan : un échec. Pour arriver à quelque chose de convaincant, il aurait fallu un très gros budget.

Le jeu vidéo a donc – au moins sur un point – un avantage par rapport au cinéma. Avec Gears of War 3, Microsoft exploite cet avantage jusqu’au bout (voir la vidéo ci-dessus). Et cela paye : selon les dernières rumeurs, Gears of War 3 ferait mieux que Halo au niveau des ventes !

C’est l’histoire d’un jeu de Zombies qui a failli tomber aux oubliettes. En développement depuis plusieurs années, Dead Island aurait pu ne jamais sortir, ne trouvant pas d’éditeur. Mais quand Deep Silver reprend le projet il y a 2 ans, l’équipe décide de réaliser un teaser en externe, « un truc pensé différemment », pour remettre le jeu dans la tête des futurs acheteurs.

Le dossier est confié à Axis Production, une société anglaise, qui planche six mois sur le sujet. La suite, on la connaît. Le teaser réalise un carton sur Internet et reçoît même un Lion d’or au festival de la créativité à cannes. Une récompense amplement méritée : ce court métrage réussit l’exploit d’apporter une vraie émotion dans une histoire de Zombies (si, si, c’est possible). Le montage et la musique y sont pour beaucoup. Mais surtout, il y a cette fillette que son père essaie désespérément de sauver d’une horde de mort-vivants.  Ils se réfugient tous les deux dans une chambre, mais il est trop tard : la fillette est contaminée. Dès lors, on s’en doute, plus personne ne sortira vivant de la pièce.

Cette scène a ému de nombreuses personnes. « Il nous a fallu dire  à maintes reprises qu’on ne tuait pas d’enfants dans le jeu », avoue Emmanuel Melero, marketing manager chez Koch Media. La vidéo primée est un teaser, et non pas un trailer, explique-t-il (ndlr : elle est pourtant estampillée trailer un peu partout sur Internet et notamment sur You Tube). En d’autres termes : les personnages de la vidéo ne se retrouvent pas dans le jeu. Il y a bien un clin d’oeil (au cours de la partie, on peut entrer dans la fameuse chambre et trouver le cadavre des deux parents de la jeune fille) mais c’est tout. L’instinct de survie familial qui prend aux tripes et qui atteint sont paroxysme dans la vidéo ne se retrouve donc pas dans le jeu, même si celui-ci apporte des sensations intéressantes (situation désespérée, peu de vraies armes à dispostion…).

Enfin, la vidéo n »est pas non plus réalisée à partir d’images « in-game ». Il s’agit d’images de synthèse (le plus gros investissement réalisé par Deep Silver, selon Emmanuel Melero). Au final, le jeu vidéo apparait assez différent de son « teaser ». Mais c’est cela la magie du marketing : le « teaser » est tellement efficace – et il ressemble tellement à un trailer – que ses nombreux fans ont envie d’acheter le jeu. C’est ce qui s’appelle une opération réussie.


C’est bien connu. Les jeux vidéo ont souvent des scénarios alambiqués, voire grotesques. Si l’on prenait pour argent comptant les idées qui germent dans la tête des scénaristes de jeux, nous assisterions en 2019 à la première course de voiture dépassant le mur du son et en 2035 … il nous faudrait sortir les pieux pour lutter contre Dracula. Pourtant, certains jeux tentent de se projeter dans un futur proche de manière réaliste.  C’est le cas, par exemple, de Deus Ex : Human Revolution.

Dans ce jeu, situé en 2027, les villes sont plus grandes, plus polluées, plus glauques, plus policées. Rien de bien original me direz-vous. Cependant, dans Deus Ex, les gens comme vous et moi bénéficient aussi de capacités physiques augmentées. Grâce aux progrès technologiques, le moindre passant est susceptible d’avoir des bras, des jambes ou des yeux bioniques. Bien sûr, Deus Ex pousse le concept un peu loin. Les augmentations pratiquées sur le héros font de lui une véritable machine à tuer, un assassin digne des Marvel Comics.

Néanmoins, les « hommes cyborgs » – même s’ils sont peu nombreux – sont déjà parmi nous.  L’athlète Oscar Pistorius vient de faire sensation aux championnats du monde en Corée. Et comme le montre le film ci-dessus, la technologie utilisée pour fabriquer des prothèses évolue rapidement. Une révolution est en marche. Et cette fois, c’est le jeu vidéo qui vous le dit.

La Corée du Nord n’a pas de pétrole, mais elle a des idées. Pour financer son programme nucléaire à moindre frais et offrir des Rolex à ses hommes de main, Kim Jong-il aurait monté une petite armée de hackers destinée à siphonner l’argent brassé par les mondes virtuels en Corée du Sud !

L’information provient du très sérieux New York Times. Selon l’article, les serveurs des jeux « Lineage » et « Dungeons and Fighters » auraient été piratés, permettant à des ordinateurs d’accumuler illégalement des « gaming points ». Ces derniers étaient ensuite échangés contre du vrai argent sur d’autres sites, tout aussi illégaux mais fréquentés par de nombreux joueurs prêts à s’offrir les fameux points, pour améliorer leurs avatars. Enfin, les sommes étaient rapatriées en Corée du Nord.

En un peu moins de 2 ans, les hackers arrêtés par la police auraient ainsi accumulé 6 millions de dollars. Mais ce n’est là qu’une partie des activités illégales. La fraude aux jeux vidéo – combinée au trafic de drogue, à la contrefaçon et aux ventes d’armes – aurait déjà permis à la Corée du Nord d’engranger plusieurs milliards de dollars, estiment certains responsables américains et sud coréens.

Crédit photo : Podknox

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Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

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