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Les "serious game" – jeux vidéo sur mesure servant à la formation dans les entreprises – ont le vent en poupe. Ce matin, il y a avait beaucoup de monde pour la conférence annuelle de Daesign, l’un des pionniers du secteur. Le serious game utilisé par Renault pour améliorer les capacités de ses vendeurs a suscité beaucoup de curiosité et d’enthousiasme. Normal : c’est la première fois qu’un jeu vidéo sert à vendre des "Megane"(s).

Petit rappel : les entreprises ont 2 raisons d’utiliser les serious games 

1) Elles peuvent motiver davantage leurs salariés quand il s’agit de formation. Or comme le rappelle un cadre dirigeant de Renault " les salariés les mieux formés sont souvent ceux qui vendent le plus". 

 2) Elles économisent de l’argent. Former un cadre coûte plusieurs centaines d’euros par jour, et il est parfois difficile de réunir de nombreuses personnes en même temps pour des séances collectives. Grâce à son simulateur d’entretien développé par Daesign, BNP Paribas a pu former 1500 salariés en un an, dix fois plus qu’avec les anciennes méthodes, et pour beaucoup moins cher – le groupe aurait économisé 1,3 million d’euros !  Avec un tel retour sur investissement, l’avenir des serious games est assuré, au moins dans les grandes entreprises.


 

Former le personnel médical français grâce à un jeu vidéo, ce sera bientôt possible grâce à Pulse, un "serious game" développé par la société américaine Breakaway et distribué en France par Interaction Healthcare.

Pulse recrée en 3D le parcours d’un patient à l’hôpital depuis son arrivée aux urgences jusqu’au bloc opératoire (si son état le justifie). Le joueur – en l’occurence un professionnel de la santé – doit, souris en main, établir un diagnostic et soigner le patient le plus rapidement possible, la gravité des situations variant d’un scénario à l’autre. 

Je devine déjà ce que vous pensez : non, ce n’est pas un simple "Docteur maboul". Pulse est le fruit de plusieurs années de développement. Et il a coûté près de 15 millions de dollars ! En fait, les possibilités offertes par ce programme de formation sont tout simplement énormes : le joueur peut manipuler le patient, lui poser des questions, demander des radios ou des analyses de sang, mettre en place une perfusion, stopper une hémorragie, pratiquer certains actes chirurgicaux, etc. 

Le but pour le joueur est de valider des connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences. Aux Etats-Unis, Pulse est déjà utilisé dans plusieurs hôpitaux et universités. Reste à mettre au point une version française. Interaction Healthcare prévoit de scinder le jeu en plusieurs blocs pour le commercialiser dans notre pays (les premiers échos provenant des médecins français seraient plutôt bons). Mais il faudra d’abord trouver des financements (de 50000 à 150000 euros suivant les blocs). "Aux Etats-Unis, l’armée finance beaucoup de choses dans le secteur de la santé", rappelle Danielle Villedieu, responsable du Pôle Santé chez Interaction. Mais en France, ce n’est pas le cas.

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Le Gouvernement annonçait, il y a quelques jours, la liste des projets retenus dans le cadre du Plan de Relance Numérique "Serious Gaming". Et dans cette fameuse liste, on trouve … Donjons et Radon : un jeu pour faire aimer les sciences destiné aux collégiens. Détournant, vous l’avez compris, le nom du célèbre jeu de rôle Donjons & Dragons, Donjons & Radon plongera les élèves dans un monde virtuel, et grâce à une pincée de réalité augmentée, il les sensibilisera aux sciences. Vous n’y croyez pas ? C’est pourtant très sérieux. Quelques détails ici et ici, plus un exemple rigolo de situation de jeu : un élève tombe nez à nez avec un dragon en cuivre. Quelle mixture va-t-il utiliser pour le dissoudre ? Suspense. Moi en tous cas, j’aurais bien aimé apprendre la chimie comme ça.

Tout le monde a entendu parler de Thales, "le leader des systèmes d’information critiques". Mais qui sait vraiment et concrètement de quoi s’occupe cette entreprise ? Question épineuse. Jean Louis Onnis, le responsable du recrutement et de la mobilité du groupe, est le premier à reconnaître que Thales doit travailler son image. C’est même une question de survie : l’entreprise est confrontée à une pyramide des âges défavorable. Elle va devoir recruter plus de 10000 personnes par an à partir de 2010/2012, en raison de nombreux départs à la retraite !

Pour séduire ses futurs employés (en gros, des ingénieurs très pointus), Thales se lance donc dans le serious game. Voici donc Moonshield, un jeu qui vous transporte en 2040. La planète Mars vient d’exploser et la Terre est menacée par une pluie d’astéroïdes. A vous de la sauver en construisant une base lunaire et en utilisant … les lasers développés par Thales. Bon, dit comme ça, on dirait un mauvais film de SF. Mais le jeu de stratégie/gestion développé par KTM Advance , le spécialiste du e-learning, s’avère prenant et relevé (essayez donc de survivre pendant les 70mn du jeu). En plus, il y a des lots à gagner pour récompenser les meilleurs joueurs !

A propos du blog

Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

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