Résultats tagués Banque d’Angleterre

Le casting ferait merveille dans une émission de télé-réalité. Il y a la blonde sexy un peu gourde, le cadre dynamique avec sa cravate rose et son sourire « ultrabrite », le mathématicien geek avec son noeud papillon et ses lunettes à double foyer… Nous sommes pourtant bien dans Economia, le « serious game » de la BCE, qui vous met dans la peau de Jean-Claude Trichet.

Ici pas de zombies à dégommer ni de princesse à sauver. Votre mission ? Maintenir l’inflation légèrement en dessous de 2% en faisant varier, d’un simple clic, le niveau des taux d’intérêt. Pour vous aider, vous disposez de quelques données chiffrées (sur la masse monétaire, la production), d’une revue de presse, et de huit conseillers hauts en couleurs. Autant l’avouer tout de suite, Economia se situe aux antipodes d’un jeu vidéo classique.  Mais bon, son objectif est pédagogique.

« La BCE est bien connue des marchés et des milieux d’affaires. En revanche, elle l’est beaucoup moins du grand public et notamment des jeunes », explique-t-on à Frankfort. Economia est donc là pour expliquer aux néophytes les rudiments de la politique monétaire.

La BCE n’est pas la seule à communiquer par pixels interposés. La Réserve fédérale américaine sorti son «  Fed Chairman Game » dès 2008. Depuis, les jeux vidéo s’invitent un peu partout. Sur le site de la banque d’Angleterre, par exemple, vous pouvez enchaîner des parties de « Monetary policy balloon ». Comme son nom l’indique, ce jeu vous met aux commandes d’un ballon à air chaud qui représente l’inflation. Votre mission est de le stabiliser le long de son voyage à l’aide des touches haut et bas de votre clavier.

« Ce genre de jeu est ridicule, c’est de l’argent jeté par les fenêtre », s’emporte une poignée d’internautes anonymes. Ces mauvaises langues n’ont pas tout à fait tord. On peut douter de la capacité de séduction d’Economia et de Monetary Policy Balloon auprès des fans de World of Warcraft. Cependant, question budget, c’est un fait, les banques centrales sont restées raisonnables. La BCE par exemple, a payé 200000 euros à deux sociétés allemandes pour développer deux jeux : l’île de l’inflation (un jeu qui décrit comment l’inflation ou la déflation affectent l’ensemble de l’économie) et Economia. Une paille comparé à l’argent injecté dans l’économie depuis la crise.

A propos du blog

Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

A propos de l’auteur

Derniers commentaires

Archives

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]