Résultats tagués Fifa

Chaque année, à l’automne, des milliers de joueurs s’empaillent pour savoir quel est le meilleur jeu vidéo de foot. Sur les forums, ça donne : vous êtes plutôt FIFA ou PES ? Pour départager les deux jeux, les gamers comparent les ventes, le gameplay…

Antimatière, de son côté, s’est penché sur les bases de données, c’est à dire sur les informations relatives aux équipes et aux footballeurs collectées par les éditeurs. En effet, celles-ci constituent le coeur des jeux vidéo de foot modernes. Or personne ne sait vraiment comment elles sont réalisées. Electronic Arts (éditeur de FIFA) et Konami (éditeur de PES) ont accepté de lever le voile sur une partie de leurs secrets.   

Chez Electronic Arts, les moyens mis en oeuvre impressionnent. La base de donnée est chapeautée par une dizaine de personnes. Ces derniers gèrent une équipe de 110 « data editors », en gros des fans de foot qui collectent les données et les entrent dans la base. Des réviseurs se chargent ensuite de vérifier la cohérence des données. Combien sont-ils ? Pas moins de 1700 !!!!

Konami, de son côté, refuse de communiquer sur les effectifs mais précise : de nombreux observateurs (internes ou externes), dont la majorité se trouvent dans nos studios Japonais, regardent et analysent énormément de matchs et archivent ainsi leurs remarques dans une base de données géante. Konami consulte également des rapports d’entreprises spécialisées pour compléter ses informations. Chaque joueur se voit attribuer une cinquantaine de caractéristiques, sans compter les compétences spéciales. Certaines sont même mises à jour grâce au réseau pendant la saison, assure l’éditeur. 

Au final, on comprend pourquoi les deux jeux ont l’air si réalistes. Lors de la dernière Coupe du Monde, Electronic Arts a fait tourner son jeu à vide et deviné un finaliste sur deux. Comme quoi, avant de parier sur l’issue du match dans la vraie vie, il peut être intéressant de se faire une petite partie de jeu vidéo !

ESL 2008 bis.jpg

Le e-sport – entendez par là les compétitions de sport électronique où les candidats s’affrontent devant un écran – n’a jamais eu autant d’adeptes. Les néophytes diront : "c’est logique, le haut-débit est partout et les jeunes sont accros aux jeux vidéo". 

Mais c’est un peu court comme explication. Rappelons tout d’abord que les amateurs de jeux vidéo ne sont pas tous mineurs. Loin de là. Les possesseurs de consoles nouvelle génération, par exemple, ont plus de 30 ans en moyenne. Rappelons ensuite que dans e-sport … il y a sport ! Et oui, comme le vrai sport, le e-sport défoule. Il fait appel à la stratégie, aux réflexes, à l’esprit d’équipe… Sans ces "valeurs", les licenciés virtuels ne seraient pas aussi nombreux.

Aujourd’hui, l’Electronic Sports League (ESL), qui organise en Europe des concours de jeux de tir (Counter Strike) ou de foot (Fifa) revendique 800000 adhérents. Pas mal, pour du sport sur écran. En janvier dernier, le jeu Virtual Regatta, l’équivalent du Vendée Globe mais en virtuel, a réuni 300 000 compétiteurs. Un véritable carton ! L’interview du vainqueur est particulièrement intéressante. On dirait celle de Michel Desjoyeaux après la course.

Les "valeurs" portées par les sports électroniques n’attirent pas seulement les joueurs. Elles attirent aussi des sponsors d’un nouveau type. Adidas vient par exemple de signer avec l’ESL. La célèbre marque aux trois bandes finance désormais des compétitions de e-sport au même titre qu’Intel ! De son côté, la chaîne Eurosport est en partenariat avec le jeu Empire of Sports. Espérons que la crise économique et financière n’empêche pas ce genre d’opération de se multiplier.

C’est bien connu : le premier jour de commercialisation d’un jeu vidéo est crucial pour les distributeurs. Chez Surcouf par exemple, le "Day one" génère souvent 50% des recettes. Alors forcément, quand certains distributeurs grillent le départ et proposent les jeux 24h voire 48h à l’avance, ça fait désordre. En économie, on appelle cela de la concurrence déloyale.

Visiblement, la société Micromania est devenue spécialiste de ce genre d’opération. Régulièrement, le géant de la distribution écoule des jeux avant ses concurrents. A commencer par les emblématiques jeux de foot Fifa et PES.  Certains distributeurs se plaignent. Mais ils n’ont pour l’heure aucun recours juridique. Aucune loi ne fixe la date de sortie d’un jeu vidéo, précise-t-on du côté de l’Agence Française pour le Jeu vidéo (AFJV). Celle-ci fait l’objet d’un accord confidentiel entre l’éditeur et le distributeur.

De fait, les pratiques consistant à mettre le jeu en vente avant sa sortie ont tendance à se généraliser. (Ben oui, mettons nous un instant à la place des concurrents de Micromania). Les relations entre éditeurs et distributeurs se tendent. Mais les joueurs eux, sont ravis.

A propos du blog

Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

A propos de l’auteur

Derniers commentaires

Archives

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]