Résultats tagués Heavy Rain

David Cage, le réalisateur d’Heavy Rain, le martèle depuis longtemps : le jeu vidéo ne parvient pas à se renouveler ; on fait les mêmes choses depuis 20 ans. Cette opinion semble partagée par les journalistes qui ont suivi l’E3, la grande messe des jeux vidéo, à Los Angeles. Cette année, la panne d’inspiration est flagrante nous dit-on.

Ainsi on assiste à un énième retour de Lara Croft, Zelda, Starfox ou encore Halo dans des versions qui sont parfois quasi identiques à celles que l’on a connu il y a dix ans ! Tout cela sent le réchauffé. Mais vous n’avez encore rien vu. On vient d’apprendre que le jeu vidéo Asteroids – sorti en 1979 ! – pourrait être adapté au cinéma par Roland Emmerich.

Mais au fait, ce jeu où le but est de survivre le plus longtemps possible en pulvérisant tout se qui passe aux alentours (astéroïdes bien sûr mais aussi soucoupes volantes) a-t-il un scénario ? Et bien oui ! Selon les connaisseurs, Asteroids se déroule après une Fin du Monde ou les Aliens ont remporté la victoire. Ce qui reste de l’humanité vit désormais sur une ceinture d’astéroïdes et s’apprête à subir un nouvel assaut.

Hmmm. Comment ce scénario a-t-il pu séduire Roland Emmerich ? Mystère… A Antimatière en tous cas, on se dit que désormais, même l’adaptation de Pong au cinéma est possible.

Jouez, vous conduirez mieux

C’est une étude très sérieuse qui nous vient de l’Université de Rochester. Une étude aux conclusions pour le moins osées : les « gamers » auraient une meilleure conscience de l’univers qui les entoure ; ils seraient donc meilleurs conducteurs que la moyenne !

Les deux chercheurs à l’origine de l’étude ont fait passer des tests à deux groupes de personnes : des joueurs (des vrais, qui passent au minimum 5 heures de temps par semaine sur des jeux d’action depuis au moins un an) et des non-joueurs. Dans un test, il s’agissait par exemple de regarder plusieurs points en mouvement sur un écran et d’évaluer au mieux la direction de l’ensemble de ces points. Dans un autre test, les cobayes devaient trouver d’où venaient des sons couverts par un bruit de fond.

A chaque fois, les gamers ont réalisé de meilleurs résultats. Mais la suite de l’histoire est beaucoup plus intéressante : les cobayes non-gamers ont reçu un entraînement intensif (50 heures) à Call of Duty 2, Unreal Tournament et Les Sims 2. Ils ont ensuite repassé les tests et devinez quoi ? Ils ont rattrapé le niveau des gamers. A une différence près : ceux qui s’étaient entraînés à Call of Duty et Unreal Tournament ont beaucoup mieux réussi les tests que ceux qui s’étaient entraînés aux Sims.

La morale de cette histoire est résumée ici dans The Economist (comme quoi, vous voyez, c’est très sérieux). Pour prendre une décision, notre cerveau a besoin de collecter des informations sonores, visuelles, etc… Et l’accoutumance aux jeux vidéo est ici très utile. En effet, elle permet de réduire le temps de cette acquisition. Ce qui donne un avantage dans différents domaines : conduite d’un véhicule, opérations multitâches (comme téléphoner au volant ?), lecture de petits caractères, retrouver un enfant au beau milieu de la foule (tiens donc, comme dans Heavy Rain), etc.

Moi qui croyais que les jeux vidéo avaient simplement accéléré ma myopie…

Crédits photo : Narfmaster

Toute la pluie tombe sur moi


 
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Y aura-t-il un avant et un après Heavy Rain ? La question mérite d’être posée. En effet, le jeu édité par Sony et développé par Quantic Dream crée un nouveau format, une sorte de film intéractif ou l’émotion, le ressenti du joueur prime sur le reste. L’air de rien, c’est une révolution.

Le réalisateur du jeu David Cage n’y va pas par quatre chemins : "Heavy Rain est un message adressé à l’industrie du jeu vidéo qui fonctionne avec les même règles depuis 20 ans". Et ce message tient en quelques mots : "il est possible de faire autre chose" !

Heavy Rain cultive donc le contrepied. D’abord, il réhabilite la cocotte en papier qui n’était plus à la mode depuis Carlos. Cette cocotte devient la signature d’un sérial killer qui noie les petits enfants dans de l’eau de pluie ! On est loin de l’ambiance big bisou. Mais ce coté dark est assumé jusqu’au bout. Heavy Rain est un thriller psychologique destiné aux adultes. Il est d’ailleurs mis en scène comme un film du genre.

Autre contrepied : le scénario : il tient en 2000 pages alors que la tendance actuelle, c’est plutôt trois pages (et là je suis gentil). Pourquoi autant de pages ? Parce que le joueur qui mène l’enquête va devoir faire des choix et que ces choix vont changer le déroulement de la partie. Et puis dans Heavy Rain, le joueur peut connaître les pensées des avatars et interagir avec. "Ca a été assez infernal à écrire", confie David Cage. Mais le résultat après quelques minutes de jeu est plutôt bluffant. 

Alors bien sûr, certains joueurs s’ennuiront de tous ces dialogues, de toute cette mise en scène, de toute cette pluie (car oui le titre du jeu porte bien son nom). Certains s’ennuieront même des phases actions qui ne sont finalement qu’une succession de Quick Time Events. Mais d’autres – et j’en fais partie – se réjouiront d’avoir trouvé un nouveau terrain de jeu à expérimenter.  

A propos du blog

Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

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