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Quelle facture pour Sony ?

La série noire continue pour Sony. La firme japonaise a du fermer son service de jeux Online Entertainment à la suite d’une intrusion. Le Playstation Network, victime lui aussi d’une attaque informatique, reste bloqué depuis le 20 avril. Au cours de ces deux attaques, des données  sensibles (noms, adresses e-mails, mots de passe mais aussi des numéros de cartes bleues) ont été récupérés par les pirates.

« Toutes proportions gardées, les déboires de Sony rappellent un peu Fukushima », confie un expert. La situation s’aggrave, beaucoup de personnes sont potentiellement concernées, mais on reste dans le flou sur l’ampleur des dégâts. Dans un premier temps, tout le monde s’est concentré sur l’attaque du Playstation Network. Du coup, on en avait oublié Online Entertainment. Or les « data centers »  utilisés par ces deux services sont basés au même endroit, à San Diego. Selon Sony, les attaques ayant pour cible Online Entertainment auraient eu lieu entre le 16 et le 17 avril, soit la veille du piratage du PlayStation Network.

Quel sera le coût de ces attaques pour Sony ? Tout dépendra du nombre et du type de données volées. Pour l’heure, le flou prédomine. Le Playstation Network regroupe 77 millions d’utilisateurs. Selon Sony, il n’existe encore aucune preuve d’un vol de coordonnées bancaires sur ce réseau. Mais cela ne veut pas dire qu’aucun vol n’a eu lieu.  Du coup, sur tweeter, la rumeur d’un vol de 2,2 millions de numéros de cartes bancaires persiste.

Sur la partie Online Entertainment, Sony est un peu plus précis. 24 millions de comptes ont été « visités ». 12 700 numéros de cartes de crédit non américaines issus d’une vieille base de données ont été raflés par les pirates.

Si les choses en restent là (c’est à dire à peine 12700 numéros de cartes volés), le coût sera sans doute limité pour Sony : environ 50 millions de dollars, selon Michael Pachter, analyste chez Wedbush Securities. Ce coût inclut le traitement des dossiers relatifs aux vols avérés de numéros de cartes bleues et les dépenses destinées à renforcer la sécurité du réseau. On est loin des 24 milliards de dollars (soit 50% du chiffre d’affaire !) imaginés dans la panique, quelques heures après l’annonce de la première attaque. Mais il s’agit d’un coût minimum : d’autres numéros de cartes bleues ont peut-être été volés. Un fois rétabli, le  Playstation Network, qui rapporte environ 500 millions de dollars par an, va sans doute tourner au ralenti. Enfin, l’image de Sony est écornée. 100 millions de joueurs sont désormais confrontés à un risque durable d’usurpation d’identité, rappelle Businessweek. Sony va donc devoir dépenser plus pour redorer son blason auprès des joueurs (qu’il y ait eu fraude massive à la carte bleue ou pas).

Lorsqu’on parle de piratage de jeux vidéo, on pense tout de suite à la Chine ou au Brésil. Mais une fois n’est pas coutume, la France est elle aussi pointée du doigt. Selon un communiqué de presse de l’ESA (l’association américaine des professionnels du jeux vidéo) notre pays fait partie du Top 5 en ce qui concerne le partage de fichiers de jeux illégaux sur Internet. 

L’ESA a détecté 144 millions de connexions sur des résaux peer-to-peer concernant des jeux américains en 2010. La moitié de ces connexions émanaient de cinq pays : la Chine, le Brésil, l’Espagne, l’Italie … et la France. On ne connait pas encore précisément le poids de chaque pays. Mais la France fait désormais partie des pays surveillés de près par l’Oncle Sam.

Le prix élevé des jeux, des consoles et des accessoires reste évidemment l’argument numéro un du pirate. Mais ce n’est pas le seul. Les systèmes de protection mis en place par les éditeurs, la multiplication des contenus téléchargeables à valeur ajoutée discutable ou encore l’abandon ou la modification de certains titres (Dofus ? Guiter Hero? ) peuvent provoquer énormément de frustration chez les joueurs. Et que dire des jeux non terminés : certains joueurs anglais écoeurés par le nombre de bugs rencontrés sur Call of Duty : Black Ops se sont associés pour faire un procès à Activision !

Antimatière ne cherche pas à dédouaner les pirates. Mais force est de constater que les rapports entre joueurs et éditeurs ont rarement été aussi tendus. Cela n’augure rien de bon. Autre élément qui illustre bien la tendance actuelle au piratage en France : l’un des posts les plus regardés et commentés de ce blog ces dernières années est celui consacré à la R4, cartouche qui permet de pirater des jeux sur la Nintendo DS.

 

Comme chaque année, le site TorrentFreak publie le classement des jeux les plus « piratés ». Ce qui est frappant dans ce classement, ce n’est pas sa composition (les jeux les plus attendus ont été sans surprise les jeux les plus piratés), mais la vitesse à laquelle le nombre de téléchargements illégaux augmente. 

En 2007, le Top 5 des jeux les plus piratés sur PC représentait 5,72 millions de téléchargements. En 2008, ce même Top 5 représentait 13,6 millions de téléchargements. Une hausse de 137% ! En 2010, le nombre de téléchargements a encore progressé de 33% pour atteindre 18,14 millions. Bilan de cette course folle : une augmentation de 217% sur la période 2007-2010 pour le Top 5 des jeux les plus piratés sur PC.

Une fois de plus, la licence Call of Duty a été durement touchée par le piratage en 2010. Sur les trois dernières années, la série a généré à elle seule près de 10 millions de téléchargements illégaux sur PC. Cependant, le piratage touche aussi cruellement d’autres jeux y compris sur console, comme le rappelle cette note rédigée sur ce blog il y a uu an. Et puis, il y a tout ce marché de la copie en Asie qui fait tourner les têtes.

Pirater un jeu finalement, c’est d’un banal…

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Relayer une info sur le piratage des jeux Nintendo DS, c’est bien. Encore faut-il relayer la bonne info. Depuis 24h, beaucoup de blogs font l’écho d’un papier du journal japonais The Asahi Shimbun. Sur Gameblog, par exemple, on peut lire : "selon Nintendo, pas moins de 50% des softs sur cette console portable seraient piratés sur notre vieux continent vulcanisé". Sur Jeuxvidéo.com, on peut également lire : "Nintendo estime ainsi que les jeux DS ont été piratés près de 238 millions de fois à travers le Monde et que ses pertes se comptent en trillions de yens" (mais au fait, c’est quoi un trillion de yen ?)

Le papier du Shimbun, pourtant, ne dit pas tout à fait ça. Dans ce papier donc, il est dit que les ventes de jeux Nintendo DS en Europe ont baissé de 45% entre avril-décembre 2008 et avril-décembre 2009. Nintendo ajoute qu’une bonne part de cette dégringolade s’explique par le piratage au moyen de cartouches (un peu comme la R4). Au passage, Nintendo oublie de mentionner que la période 2008-2009 était le pire moment de la crise économique et que paradoxalement, le yen était fort. Ces deux raisons ont aussi plombé les ventes. Mais passons : Nintendo a tout de même des raisons de s’inquiéter.

L’éditeur/constructeur a mené une étude ponctuelle en juin 2009 sur 10 sites de téléchargements illégaux de jeux pour constater que … 238 millions de jeux ont été  piratés, ce qui représente un manque à gagner de 1 trillion de yen. Soit 10,7 milliards de dollars de recettes perdues … en un mois si on suit logiquement l’article ! Petit rappel : le chiffre d’affaire de Nintendo était de 15,8 milliards de dollars en 2008. Nintendo aurait donc perdu l’équivalent de 2/3 de son chiffre d’affaires annuel en un mois !!!! Dès lors, on peut imaginer deux hypothèses :

1) Les chiffres avancés sont faux (le Shimbun peut, par exemple, avoir fait une erreur de virgule). Après tout, les 20 premiers titres sur consoles (essentiellement des produits Nintendo) totalisent 457 millions d’unités vendues depuis leur mise sur le marché. Du coup, 238 millions de jeux piratés en un mois, ça parait suspect.

2) Soit effectivement, les chiffres sont bons. Mais ils concernent alors forcément les pays émergents dans lesquels s’est mis en place un marché parallèle où les consommateurs ne sont pas solvables (par rapport à ceux des pays industrialisés) et où le prix des jeux est relativement faible. Dans ce cas, dire que Nintendo perd potentiellement 10 milliards de dollars sur ce marché (qui n’en est pas un pour lui) est idiot !

PS : merci à Nicolas Amestoy, de Scholè Marketing, pour ses précieux chiffres !

R4, un cauchemar pour Nintendo

Le post précédent parlait de piratage. Restons-y un peu et parlons de la petite cartouche R4, celle qui donne des sueurs froides à Nintendo. Pour ceux qui ne le savent pas encore, la R4 est une cartouche fabriquée en Chine. Son utilité ? Elle offre des tas de nouvelles possibilités à la console Nintendo DS : lecture de fichiers MP3, lecture de vidéos, stockage de plusieurs dizaines de jeux (on n’a donc plus besoin de se déplacer avec plusieurs cartouches). Elle permet aussi – et là, c’est beaucoup moins drôle pour Nintendo – de pirater des jeux via Internet, avec une facilité déconcertante.  

 Les journalistes du Times ont fait le test. En moins d’une demi heure, ils ont téléchargé gratuitement une dizaine de jeux (pour un montant de 400 livres sterling, soit environ 490 euros). L’un d’entre eux venait même de sortir en magasin la veille ! Jusqu’ici, le piratage de jeux vidéo sur consoles restait relativement marginal (il fallait au moins aller chez le revendeur du coin pour faire trafiquer sa console). Mais aujourd’hui, il suffit de quelques clics de souris pour se procurer la R4 et des dizaines de jeux. Les pirates changent donc de visage. Il ne s’agit plus de "geeks", mais des parents "normaux" qui téléchargent pour leurs enfants. A la cantine, j’en ai rencontré deux en moins d’une semaine. Sûrement pas une coïncidence. Nintendo a du souci à se faire !

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Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

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