Résultats tagués World of Warcraft

Le gold farming a rarement bonne presse. Quand on en parle, c’est pour évoquer des milliers de chinois exploités, des pertes d’argent potentielles pour les éditeurs, ou la colère des joueurs européens ou américains, qui voient leur terrain de jeu préféré se dégrader. L’article récent du Guardian n’échappe pas à la règle. Le journal britannique relate l’histoire de prisonniers chinois forcés à jouer à World of Warcraft, parfois pendant 12 heures d’affilée, afin d’enrichir leurs matons.

Les prisonniers chinois ne sont pas les seuls joueurs exploités. La Chine et l’Inde compteraient 100 000 « farmers » à plein temps, selon l’article. Le Monde.fr a rapidement repris l’info, évoquant la dérive des jeux en ligne. Pourtant, il faut bien distinguer ce qui se passe dans les univers virtuels de l’exploitation de l’être humain. C’est cette dernière qu’il convient avant tout de condamner.

Lorsqu’on parle du gold farming, on oublie – presque à chaque fois – de parler de l’échelle des salaires en Chine et de la demande croissante pour ce genre de service. Selon une enquête menée par l’université de Manchester en 2008, il y aurait environ 400000 gold-farmers dans les pays émergents. Le gold farming pèserait donc – en matière d’emploi – autant que le très médiatisé secteur de l’informatique en Inde ! Si le gold farming est si développé, c’est qu’il y a une demande forte. Et la vraie question est : les éditeurs de jeux peuvent-ils satisfaire cette demande ?

La question des salaires en Chine est également très importante. Vissés devant leur écran toute la journée et sept jours sur sept, les gold-farmers gagneraient environ 77 livres par mois, soit un peu moins de 100 euros selon la même étude. Vu d’Europe, cela peut paraître faible, mais il faut savoir qu’en Chine, le revenu moyen de la population agricole était en 2008 de 40 euros par mois !

Les dérives du gold farming doivent, bien sûr, être condamnées. Mais condamner le gold farming lui même, c’est un peu trop simple.

En développant des services pour les « gamers », (récolte d’objets virtuels, développement de leur personnage fétiche dans le jeu), les pays en développement pourraient créer des emplois et surtout, créer de la richesse, explique une étude très sérieuse de la Banque Mondiale.

En effet, les activités virtuelles telles que le gold farming permettent de capter jusqu’à 70% des sommes dépensées par les clients. L’exportation de matières premières, traditionnellement réservée aux pays émergents, a un rendement beaucoup moins élevé en raison du nombre d’intermédiaires qu’elle implique !

Crédits photo : arycogre

Qui a dit que World of Warcraft était passé de mode ? Moi ? Heuuu. Oui, peut-être il y a quelques temps. Marie Amélie m’avait pourtant prévenu : "Blizzard fera tout pour maintenir son leadership". Elle avait raison : ce weekend, alors que les cendres du volcan Islandais s’abattaient sur l’Europe, les joueurs du MMORPG le plus célèbre de tous les temps se sont rués sur les serveurs pour acheter les deux nouvelles bestioles mises à leur disposition : le Celestial Steed (prix : 25 dollars) et le Lil’XT (prix : 10 dollars). Résultat : des heures d’attente (140000 joueurs rongeaient leur frein au même moment selon certains témoignages) et près de 2,5 millions de dollars de recettes (à la louche) en une journée pour l’éditeur Blizzard. Ouch ! Et dire que celui-ci touche encore plus chaque mois grâce aux abonnements… 

La fin de l’année approche à grands pas. C’est l’occasion de dresser un bilan plutôt amer :  les investissements destinés aux startups du secteur des jeux vidéo ont chuté d’environ 35%. Seuls certains éditeurs – comme Zynga – ont tiré leur épingle du jeu grâce à des capitaux … russes et au formidable essor des réseaux sociaux. Heureusement, tout n’est pas perdu : le secteur des jeux vidéo peut encore compter sur le comportement hystérique des adolescents ! La preuve en vidéo.

Vous en voulez encore ? Pas de problème. C’était déjà la même chose il y a 15 ans. Et pourtant, il n’y avait ni World of Warcraft, ni Call of Duty ! 

World of Warcraft à la Une

Nous devons la phrase du jour à Laurence Ferrari. C’était hier soir sur TF1, juste avant le match et donc à une heure de grande écoute. "A Beauvais, un jeune garçon de 13 ans a voulu tuer ses professeurs avec un fusil. Il s’avère qu’il jouait beaucoup à World of Warcraft". Encore bravo pour ce genre de propos qui assimile tranquillement joueurs et psychopathes. Si je comprends bien, compte tenu du nombre d’abonnés à Wow, il n’y aura bientôt plus un seul professeur vivant, ce qui permettra enfin de réduire le budget de l’éducation nationale. Avec la main de Thierry Henry, c’était un peu la honte cette soirée, non ? Sans surprise, les joueurs sont furieux (pas ceux de foot, ceux de Wow). Et ils le font savoir, par exemple, sur le site de Paris Match. C’est une levée de boucliers en quelque sorte.  

Aion, Uniqlo, même combat

Aion1.jpg Aion attendra avant de détrôner World of Warcraft. Car trois semaines après sa sortie, les files d’attentes sur les serveurs commencent à peine à se réduire (pour infos, le nombre de joueurs dans certaines files a pu dépasser 10 000 ces derniers jours). Et à en croire les spécialistes, l’encombrement risque de durer. En effet, l’éditeur NC Soft joue la prudence : il ne met pas suffisamment de serveurs à disposition. Au final, Aion subit un peu le même effet qu’Uniqlo, le magasin de vêtements qui vient d’ouvrir à Paris. Avant l’ouverture, il y a eu beaucoup, beaucoup de pub et beaucoup, beaucoup d’articles de presse. Et au final … trop de monde, des queues monstrueuses et de la frustration chez de nombreux clients. Pendant ce temps, les fidèles de Wow rigolent (enfin, ceux qui ne sont pas passés sur Aion !).

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Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer. (F. Nietzsche)

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