Le paradoxe du pouvoir et la zone euro

On peut lire dans les journaux du matin et du soir que la chancelière allemande, Madame Merkel, souhaite que certains pays puissent être exclus de la zone euro, en cas de politique trop laxiste. Les réactions ont été vives et même le président de la BCE qui, en tant que banquier central est d’habitude l’incarnation de la prudence même, a déclaré cette possibilité absurde. En fait, l’erreur que fait Madame Merckel est simple : elle pense que pouvoir exclure un pays c’est pouvoir le menacer et ainsi avoir une prise sur lui. Mais précisément, on sait depuis Schelling que le pouvoir peut passer par l’absence de pouvoir.
En effet, si la possibilité est ouverte d’exclure un pays de la zone euro, alors la crédibilité même de ce pays en terme de remboursement de sa dette par exemple ou de la valeur de sa monnaie risque d’être mise à mal et les marchés peuvent penser que ce pays va sortir de la zone avec son cortège de dévaluation de sa monnaie. Dès lors, il peut devenir rationnel de spéculer à la baisse sur ce pays.
L’une des manières d’avoir du pouvoir sur les marchés peut justement être de s’engager de manière irrévocable c’est-à-dire de faire qu’il soit impossible de sortir de la zone. Dès lors, aucun spéculateur ne tentera le pari d’une sortie de la zone euro puisque, précisément, cette option est impossible.
On raconte ainsi que, lorsque les Espagnols on envahit l’Amérique du Sud au XVIe s., Cortes qui n’avait qu’une poignée de soldat pour venir à bout des résistances que les peuples lui opposaient avaient choisi de brûler ses vaisseaux. Il rendait ainsi impossible toute retraite et témoignait de sa volonté – aux yeux de ses soldats comme de ses ennemis – de poursuivre la lutte de manière absolue… bref, le seul moyen qu’il avait trouvé d’avoir du pouvoir sur ses hommes était précisément d’aliéner toute possibilité de retour en arrière…de ne plus avoir de pouvoir. Dans ce cadre, avoir du pouvoir, c’est affaiblir sa position alors que ne pas en avoir permet au contraire de gagner en crédibilité…

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2 commentaires

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  • Le premier pays a quitter la zone euro sera l’Allemagne.

    Je pense pour ma part que certains pays n’auraient jamais du avoir l’euro. Des pays tels que l’Italie ou la Grèce ont obtenu cette monnaie grâce à JP Morgan Stanley et Goldman Sachs respectivement, en cachant certaines dépenses telles que les dépenses militaires pour la Grèce. Soulignons-le que Goldman Sachs a proposé de cacher les dépenses de santé pour éviter la crise à la Grèce. Cependant, cette fois-ci, ce dernier a refusé et a préféré dévoiler ces problèmes budgétaires énormes, problèmes que tout le monde connaissait. Aujourd’hui, on peut se demander si la Grèce ne fera pas faillite même si il est vrai que le rachat par les Chinois de certains domaines publics les aidera surement.

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    Eclairer les débats économiques contemporains par des coups de projecteurs théoriques et/ou historiques. La théorie économique est malheureusement mal connue et/ou caricaturée alors qu’elle apporte un vrai regard sur les phénomènes qui nous entourent. On fera appel au mode de raisonnement des économistes pour (re)considérer les problèmes. Mon but est aussi de commenter les positions théoriques et économiques du débat politique français. En effet, de nombreuses confusions restent persistantes sur ce que dit et ce que ne dit pas l’économie. Pour cela, je ne m’interdis évidemment pas de faire référence à des anecdotes, des lectures ou à des livres que j’ai trouvés particulièrement stimulants…

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