Harcèlement moral : la jurisprudence 2009

Vous êtes nombreux sur ce blog à faire part de vos souffrances au travail, liées au harcèlement moral. Je vous propose un panorama de la jurisprudence 2009 sur cette question délicate, réalisé par Eric Rocheblave, avocat spécialiste en droit social, Barreau de Montpellier (http://www.rocheblave.com) . J'espère que cela vous aidera.  

LA DEFINITION DU HARCELEMENT MORAL

Quelle situation caractérise un harcèlement moral ?

Une situation de harcèlement moral se déduit essentiellement de la constatation d'une dégradation préjudiciable des conditions de travail du salarié consécutive à des agissements répétés de l'employeur révélateurs d'un exercice anormal et abusif par celui-ci de ses pouvoirs d'autorité, de direction, de contrôle et de sanction. Cour d’Appel d’Amiens 31 Mars 2009 Numéro JurisData : 2009-377786

 
LA PREUVE DU HARCELEMENT MORAL
Le salarié doit-il prouver le harcèlement moral qu’il invoque ?
La charge de la preuve ne repose pas exclusivement sur le salarié.
 Cass. Soc. 30 mars 2009 N° 07-45.264
 
Le salarié n'est tenu que d'apporter des éléments qui permettent de présumer l'existence d'un harcèlement moral.
 Cass. Soc. 30 Avril 2009 N° 07-43.219
 
Il appartient au salarié de rapporter la matérialité des faits permettant de présumer l'existence d'un harcèlement.
Cass. soc. 24 septembre 2008 N° 06-45.579
 
Si le salarié ne rapporte pas cette preuve, l’existence d’un harcèlement moral ne sera pas retenue.
 
Le salarié doit-il prouver les effets du harcèlement sur sa santé ?
Non. Il n’est pas nécessaire de prouver les effets du harcèlement sur la santé pour en démontrer l’existence.
Le salarié n’est tenu que d’apporter des éléments qui permettent de présumer l’existence d’un harcèlement moral.
Cass. soc., 30 avril. 2009, n° 07-43.219
 
Que doit faire un employeur accusé de harcèlement moral ?
Il résulte de l'article L. 1154-1 du Code du travail, applicable en matière de discrimination et harcèlement, interprété à la lumière de la directive n° 2000/78/CE du 27 novembre 2000, portant création d'un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail que, dès lors que le salarié établit des faits qui permettent de présumer l'existence d'un harcèlement, il incombe à l’employeur, au vu de ces éléments, de prouver que ces agissements ne sont pas constitutifs d'un tel harcèlement et que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.
Cass. Soc. 19 mai 2009 N° 07-44.102
 
Ainsi par exemple, il revient à l’employeur d’établir que des reproches et avertissement adressés au salarié et les conditions d'exécution de son travail sont justifiés par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.
Cass. Soc. 27 mai 2009 N° 07-43.112
 
LES FAITS CARACTERISANT UN HARCELEMENT MORAL
Des reproches répétés constituent-ils un harcèlement moral ?
Oui. Lorsqu’un employeur manque de doigté envers un salarié en lui faisant des reproches répétés devant ses collègues de travail, ces faits constituent un harcèlement moral.
Cass. Soc. 8 juillet 2009 N° 08-41.638
 
Sont constitutifs de harcèlement moral les brimades, réflexions désobligeantes quotidiennes, propos insultants et disqualifiants dénoncés par la salariée ainsi que par trois de ses collègues et par le témoignage d'une cliente.
Cour d’Appel de Pau 9 Avril 2009 Numéro JurisData : 2009-005360
 
La surveillance constante, les reproches et réflexions désobligeantes adressés au salarié, en particulier devant les clients, constituent des agissements répétés caractérisant une situation de harcèlement moral ayant pour effet non seulement de dégrader les conditions de travail mais également d'altérer la santé du salarié
Cour d’Appel de Rennes 12 Mars 2009 Numéro JurisData : 2009-002640
 
L’envoi à un salarié, en arrêt maladie prolongé, de courriers injustifiés évocateurs d’une rupture du contrat de travail caractérise-t-il un harcèlement moral ?
Oui. Caractérise l’existence d’un harcèlement moral, le fait qu’un salarié, en arrêt de maladie prolongé, ait reçu de nombreuses lettres de mise en demeure injustifiées évoquant de manière explicite une rupture du contrat de travail et lui reprochant ses absences.
Cass. Soc. 7 juillet 2009 N° 08-40.034
 
Le comportement d’un supérieur hiérarchique empreint d’agressivité traduisant sa volonté de restreindre les fonctions d’un salarié au sein de l’entreprise caractérise-t-il un harcèlement moral ?
Oui. Caractérise l’existence d’un harcèlement moral, le fait d’un supérieur hiérarchique ayant manifesté à l’égard d’un salarié un comportement empreint d’agressivité traduisant sa volonté de restreindre ses fonctions au sein de l’entreprise, sans fournir aucune explication ni lui adresser aucun reproche
Cass. Soc. 24 juin 2009 N° 07-45.208
 
Le fait pour un employeur de limiter de façon répétée les missions d’un salarié et impliquant une baisse de sa rémunération constitue-t-il un harcèlement moral ?
Oui. Caractérise l’existence d’un harcèlement moral, le fait pour un employeur de limiter, de façon répétée,  les missions d’un salarié impliquant une baisse de sa rémunération.
Cass. Soc. 24 juin 2009 N° 07-41.925
 
La privation de prime sur objectifs,  la privation d’une partie de l’augmentation de salaire qui était accordée antérieurement, la privation de la possibilité d'effectuer des heures complémentaires… laissent-ils présumer l’existence d’un harcèlement moral ?
Oui. L’employeur doit justifier par des éléments objectifs que la suppression partielle d’une augmentation de salaires et le non-paiement d’une prime ne constituent pas un harcèlement moral.
Cass. Soc. 24 juin 2009 N° 08-41.746
 
Le Juge doit rechercher si la privation de la possibilité d'effectuer des heures complémentaires, la suppression de primes trimestrielles, le changement du "lieu de résidence" de son véhicule et des retenues indues de salaire pour intempéries, sont de nature à faire présumer un harcèlement moral.
Cass. Soc. 3 juin 2009 N° 07-43.923
 
Les invectives d’un employeur peuvent-elles dégrader les conditions de travail et laisser présumer l’existence d’un harcèlement moral ?
Oui. L’employeur doit renverser la présomption de harcèlement résultant des attestations qu’un salarié produit à propos d’invectives qui par leur nature et par leur publicité ont nécessairement dégradé les conditions de travail de l'intéressée et porté atteinte à sa dignité.
Cass. Soc. 23 juin 2009 N° 08-43.526
 
 
LES DISPOSITIONS EN VUE DE PREVENIR UN HARCELEMENT MORAL
La victime d’un harcèlement moral peut-elle demander au Juge prud’homal d’ordonner à l’employeur d’écarter le salarié harceleur de ses fonctions ?
Non. Si, par application de l'article L. 1152-4 du Code du travail, l'employeur doit prendre toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement moral, il n'entre pas dans les pouvoirs du juge d'ordonner la modification ou la rupture du contrat de travail du salarié auquel sont imputés de tels agissements, à la demande d'autres salariés, tiers à ce contrat.
Cass. Soc. 1er juillet 2009 N° 07-44.482
 
 
LE LICENCIEMENT POUR INAPTITUDE SUITE A UN HARCELEMENT MORAL
J’ai été licencié en raison de mon inaptitude totale à tout poste dans l'entreprise mais mon inaptitude est la conséquence du harcèlement moral de mon collègue de travail. Que puis-je faire ?
Saisissez le Conseil de Prud’hommes aux fins de voir condamner votre employeur au paiement de diverses sommes à titre d'indemnité pour licenciement nul, d'indemnité de préavis et de dommages-intérêts.
En effet, si d’une part, vous avez fait l'objet de brimades et de dénigrements par votre collègue de travail qui vous a privé de vos responsabilités.
Si d'autre part, ces agissements ont gravement altéré votre santé.
Si enfin, votre inaptitude est la conséquence directe de ceux-ci.
Alors vous avez été victime de harcèlement moral et votre employeur ne pouvait se prévaloir de votre inaptitude.
Votre licenciement est nul.
Cass. Soc. 24 juin 2009 N° 07-43.994
 
LE LICENCIEMENT D’UN SALARIE RELATANT DES FAITS DE HARCELEMENT MORAL
Un salarié peut-il être licencié pour avoir prétendu être victime d’un harcèlement moral ?
Non. Un salarié qui relate des faits de harcèlement moral ne peut être licencié pour ce motif, sauf mauvaise foi, laquelle ne peut résulter de la seule circonstance que les faits dénoncés ne sont pas établis. Il appartient à l’employeur de rapporter les preuves permettant au Juge de caractériser cette mauvaise foi.
Cass. Soc. 17 juin 2009 N° 07-44.629 Cass.Soc. 10 mars 2009 n°07-44.082
 
Le fait pour un salarié d’imputer à son employeur, après en avoir averti l’inspection du travail, des irrégularités graves dont la réalité n’est pas établie, et de reprocher des faits de harcèlement à un supérieur hiérarchique sans les prouver ne caractérise pas un abus dans l’exercice de la liberté d’expression et ne constitue pas une cause réelle et sérieuse de licenciement.
 
Le licenciement motivé par les accusations de harcèlement moral proférées par le salarié est nul de plein droit sauf preuve de la mauvaise foi de ce dernier.
Cass.Soc. 10 mars 2009 n°07-44.082
 

 

Partager cet article : Envoyer l'article par mail Partager par Facebook Partager par googlebookmark Partager par scoopeo Partager par technorati Partager par weborama Partager par wikio Partager par yahoomyweb

Cette année, c'est décidé, je gère mon stress

Paris, quartier de banques et de sociétés d'assurances, 9h, ce matin. En costume gris à rayures, chignon élégant et maquillage discret, une jeune cadre sup' marche à toute allure, poussette et bébé en avant, pour arriver à l'heure à la crèche. Et à son premier rendez-vous de la journée. Visiblement déjà en retard. Et stressée en ce 28 août...alors que le symbolique mois de septembre de rentrée n'a même pas commencé. Dans sa course contre la montre matinale, la jeune maman se tord soudain de douleur, et s'arrête droite comme un I, le dos bloqué. Aussitôt, des passants, en costume gris également, s'arrêtent, concernés, pour l'aider. L'un prend la poussette, l'autre le sac. "Je ne peux plus bouger, je suis totalement bloquée", leur souffle la cadre, cachant autant que possible sa souffrance.

Un incident révélateur, par tous ses symboles, du stress des cadres.

Combien d'entre-vous démarrent cette rentrée pleins de bonnes résolutions : "cette année, je ne me laisse plus gagner par le stress? La pression, je n'en veux plus... Je ne supporte plus le flux tendu... ", autant de petites phrases entendues ces jours-ci, lors de rencontres, d'interviews, de conversations dans les couloirs d'entreprises.

Lutter contre le stress est un travail de fond, de tous les instants,  à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux : jogging, natation, yoga, taï chi... Nourrir le calme intérieur ne relève pas d'une simple fantaisie, mais dans la société actuelle, de la survie psychique et physique. Car à force d'encaisser les coups, le stress, la pression, le corps se manifeste, tire son signal d'alarme. Et moins il est écoute, plus il frappe fort. 

Pour bien démarrer la rentrée, voici deux séances "zen", différentes dans leur genre, mais utiles pour se détendre. A se repasser au bureau sans modération!

La technique de la respiration anti-stress avec la psychothérapeute Anne-Marie Filliozat : http://www.lexpansion.com/carriere/coaching/pratiquez-la-respiration-anti-stress_156928.html

Et vous pouvez aussi découvrir un mouvement traditionnel du Kung Fu, joliment baptisé "Le phénix déploie ses ailes", qui permet de décontracter le dos, la colonne cervicale et les épaules. Avec une prof d'élite, Lingxia Zhu, 6ème dan de Kung Fu. A vous. http://www.lexpansion.com/carriere/coaching/le-phenix-deploie-ses-ailes_128635.html

 

 

Partager cet article : Envoyer l'article par mail Partager par Facebook Partager par googlebookmark Partager par scoopeo Partager par technorati Partager par weborama Partager par wikio Partager par yahoomyweb

Interview du Dalaï-Lama : "Mes conseils de sagesse aux managers"

 

  dalailama.jpgDimanche 6 juin, au matin, conférence de presse du Dalaï-Lama, dans son hôtel, au Park Hyatt, à Paris. Nous étions en petit comité -une dizaine de journalistes- invités à lui poser nos questions pendant une heure environ, juste avant sa prestation à Bercy sur le thème « Ethique et société ». Le moine bouddhiste Matthieu Ricard, son interprète en France, était à ses côtés. Les thèmes abordés ont concerné le Tibet, la succession de Sa Sainteté, son message aux jeunes...J'ai orienté mes questions sur ses conseils de sagesse à l’attention des managers et des dirigeants.

 

 Les souffrances psychiques dans le monde du travail sont en augmentation. Que conseillez-vous aux dirigeants pour créer un environnement professionnel plus harmonieux ?

Même si je ne suis pas familier du monde de l'entreprise, je peux quand même essayer d'apporter des éléments de réponse. Les univers professionnels sont multiples et divers, mais les employeurs et salariés restent des êtres humains, et forment donc, tous ensemble, une communauté. Au sein de celle-ci, il faut instaurer une confiance mutuelle. dalailama2.jpgSi les salariés sentent de la défiance, de la distance, ils exécuteront leur travail, mais sans y croire vraiment. Des relations authentiques sont au coeur d’une entreprise harmonieuse.

La crise actuelle montre de façon criante les limites du système libéral. Comment construire un modèle économique plus humain ?

Tout d'abord, je pense que les personnes qui souffrent le plus en cette période de crise sont celles qui faisaient passer l’argent avant tout. Alors que celles qui croyaient aussi en d’autres valeurs, comme l'importance d'une belle vie familiale, sont beaucoup moins déstabilisées.

L'éthique est très importante. L’an dernier, j’ai demandé à l’un de mes amis, un homme d’affaires italien : «Quelles sont les causes de cette crise économique ?». Voici sa réponse : «la cupidité, la spéculation et le manque de transparence ». Ces trois conduites sont immorales. Il faut restaurer l’honnêteté et  la sincérité dans le monde du travail.  

Les managers endurent une pression croissante de toutes parts. Vous suivez de près des travaux scientifiques américains prouvant les bienfaits de la méditation. Combien de temps faut-il méditer pour chasser le stress?

La paix de l’esprit dépend de notre attitude mentale. Les managers devraient méditer au moins trente minutes par jour. C’est mieux que les tranquillisants et l’alcool !

 

 

 

 

Partager cet article : Envoyer l'article par mail Partager par Facebook Partager par googlebookmark Partager par scoopeo Partager par technorati Partager par weborama Partager par wikio Partager par yahoomyweb

"Se recentrer sur soi est crucial en période de crise"

 "Je suis débordé", "Mon agenda est surbooké", "Je suis sous l'eau", "Je ne touche plus terre".... Voici juste quelques exemples entendus au détour de ma journée, au téléphone, au bureau, dans la rue... Cela vous rappelle votre propre situation?

En pleine période de crise, cadres et dirigeants sont sur le pont.  Il faut vendre, réduire les coûts, sauver des postes... "A force, le risque est de s'éparpiller, de ne plus savoir qui on est, ce que l'on veut vraiment, de quoi on a réellement besoin", m'expliquait, il y a quelques jours, le psychiatre Christophe André, que j'ai reçu dans le cadre du Cercle de l'humain de L'Expansion, à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage "Les états d'âme, un apprentissage de la sérénité" (Ed. Odile Jacob).

Voici la vidéo, intitulée "En période de crise, se recentrer sur soi est essentiel". Christophe André y livre quelques conseils pour faire le point avec soi-même. A méditer.

video.lexpress.fr/expansion/cercle/clip/cercle_andre210409.flv

Partager cet article : Envoyer l'article par mail Partager par Facebook Partager par googlebookmark Partager par scoopeo Partager par technorati Partager par weborama Partager par wikio Partager par yahoomyweb

Les salariés du public plus dépressifs que ceux du privé

J'ai récemment interviewé Boris Cyrulnik sur la thématique de la résilience en entreprise. Des trois vidéos réalisées, l'une a suscité de farouches réactions. Le neuropsychiatre explique que des études ont démontré que l'on déprimait plus dans le public que dans le privé. Est-ce aussi votre avis?

Voici la vidéo :

http://www.lexpansion.com/carriere/pourquoi-deprime-t-on-plus-dans-le-public-que-dans-le-prive_174995.html

 Et les commentaires :

ZAOZA2 22/3/2009  Salut à tous.... Juste une précision. Je ne sais pas quel obscure règle d'arithmétique modernes on peut dire que les employés du privé " dépriment plus " que dans le public. Pour avoir travaillé dans 28 entreprises et 3 pays; de simple agent de fabrication automobile à éducateur pour adultes handicapés ( Assoce MESSIDOR )... je me permet de rappeler que l'on déprime au travail pour deux raisons principales: -Problèmes extra-professionnels -Problèmes PUREMENT professionnels

melsporty7 19/3/2009
On ne peut déceler une quelconque dépression chez ceux qui sont dans le privée, car ils sont trop fatigués pour l'éprouver. Les personnes appartenant au secteur public ont le temps de déprimer, et en sont capables avec l'énergie qui leur reste; la fatigue elle, peut être prépondérante à beaucoup d'autres états. Ceux du privé n'ont pas le temps de s'évaluer totalement, de focaliser sur eux-mêmes, de savoir où ils en sont précisément à cause de la fatigue, alors déceler une dépression ou non chez des gens qui ne peuvent pas vraiment avoir le temps ou la force de l'éprouver, ce n'est pas très pertinent. Si l'étude est réalisée par rapport au taux d'absentéisme ou congés maladie, les résultats ne peuvent être exactes car les raisons données par ces personnes, peuvent être de simples mensonges dissimulant un manque de motivation et bien d'autres choses. Au lieu de qualifier les fonctionnaires de flémmards qui dépriment ne sachant pas quoi faire de leurs pieds, il ne faudrait pas non plus se contenter de définir ceux du privé comme moins dépressifs parce qu'ils sont "heureusement" trop fatigués - pour l'être.
 
Valy 22/2/2009
Il y a des entreprises privées ou l'on déprime et celà part du manager qui lui-même déprime. Bien que le manager utilise l'empathie pour arriver à faire travailler son personel, il utilise également des petits chefs effectivement paranos ou obsédés qui harcèlent le personnel et engendrent des conflits internes. Résultats le personnel se met en maladie régulièrement, l'entreprise stagne, elle survit. Ce qu'il manque dans ces entreprises c'est la motivation du personnel,je pense que les services RH ne sont pas toujours efficaces, on regarde les rentrées d'argent et on se fou de l'outil humain !!
 
tiphys 21/2/2009
Bien vu Patrick E, votre commentaire cerne très bien le comportement des fonctionnaires , encore qu'au niveau du bachotage , il y aurait beaucoup de choses à dire , notamment dans la fonction publique territoriale où le copinage , les passe-droits , le favoritisme ,( les enfants de fonctionnaires ) remplacent sous trés souvent le concours ... Maintenant pour remonter le moral de nos "CHERS" fonctionnaires, je les réconforte avec 5 bonnes raisons : 1) la crise :ils ne la verront pas passer :le salaire ,inexorablement, va tomber ! 2)D'aprés l'Association Sauvegarde Retraite , les 3/4 d'entr'eux continuent de prendre leur retraite PLEINE avant 60 ans ! 3)Ils cotisent toujours moins ! Au total , les cotisations du privé sont supérieures de 60 % à celles de nos fonctionnaires ! 4)Leur retraite peut être 2 ou 3 fois supérieure à celle du privé et l'écart va encore se creuser ! 5) Et c'est le privé qui paiera tout cela !Car cela sera avec nos impots ...!Pas mal pour des gens qui auront mis La France par terre ...Et pour longtemps , hélas !
 
henri 19/2/2009
Tout à fait d'accord avec Maurice Cyrulnik.30 ans passé dans un service public m'ont permis de le constater.Le reglement c'est le reglement,aucune marge de manoeuvre, peu d'initiatives.Capable ou non,l'important c'est de reussir les examens ou les concours pour avançer.L'important avec certains superieurs c'est de les flatter,ne pas les contredire,le chef a toujours raison.Les fontionnaires sont aujourd'hui correctement payés par rapport au privé avec garantie de l'emploi, c'est pourtant dans cette catégorie de salariés qu'il y a le plus de grévistes, alors conclusion? Allez demander la réponse aux syndicats.
 
 
Patrick E. 18/2/2009
Nos fonctionnaires se sont souvent battus pour avoir le concours (bachotage intensif de sujets totalement inutiles pour leur travail). Remarquons qu’ils se présentent comme « fonctionnaire », c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de métier. Ils recherchent la sécurité ce qui peut se comprendre. Surqualifiés le plus souvent, le système leur donne des taches basiques, mais où surtout on leur demande de se taire. Donc on vient chaque jour, on fait vaguement ce qu’il y a à faire. Si quelqu’un se manifeste pour parler des problèmes, parle d’améliorations,… il est remis en place. Il continue, on le vire. Donc on ne fait rien. Le problème est que toute sa vie, on n’aura aucun problème : on planifie plusieurs vacances à l’avance ; quand on est jeune, on va vite chercher à se marier ; à la cantine, comme on ne parle pas de travail, on parle des vacances, des enfants, des couples qui se font dans l’administration, des gens qui ont réussi ou raté le concours… Pour passer le temps, nos fonctionnaires vont dans des associations. Ils y amènent beaucoup de temps disponible, des idées simplistes,… En rebûchant du théorique inutile, on peut avoir un concours (si on tombe la bonne année !), qui permet de passer à l’échelon supérieur. Grâce à tous ces échelons, l’administration entretien des jalousies, des sectarismes,… Quelques uns sont inconscients qu’ils ne travaillent pratiquement pas. Certains fonctionnaires vous diront qu’ils ne sont avantagés par rapport au privé… mais avec quelle violence ils appuient pour que leurs enfants rentrent dans l’administration ! Comme décrit dans l’interview, s’ils dépriment, c’est : 1- ils n’ont aucun problème, ils s’ennuient, tournent en rond 2- ils se tirent dans les pattes. Pour résumer, à vivre coupé du reste de la société réelle (à l’extrême : les militaires, les couples de fonctionnaires), on devient mou, et si on quitte brutalement l’administration, on tombe de haut.
 
Jacques 18/2/2009
Il est des commentateurs qui confondent l'opportunité de donner son avis, -pour faire progresser le débat s'entend- et des commentateurs qui confondent cette chance en la gâchant comme l'on ferait par exemple en gaspillant son énergie dans un défouloir anonyme. Je lis des commentaires sans grand rapport avec la vidéo de Boris Cyrulnik, de l'incitation à la haine et des généralisations hâtives : je suis étonné qu'ils ne soient pas filtrés par le modérateur. Pour ma part, je trouve cette vidéo intéressante et instructive ; elle confirme et complète ma propre analyse. Belle synthèse qui illustre la diversité de vécu des salariés dans une même entreprise, chose probablement beaucoup plus fréquente en effet (cette diversité de situations) dans le public que dans le privé.
 
tiphys 18/2/2009
" La fatigue n'est pas un facteur de dépression " dixit Boris Cyrulnik ! Alors messieurs et mesdames les fonctionnaires : remuez - vous !
 
doudou 18/2/2009
Vous rigolez ou quoi de nous poser cette question il est évident que dans le privé on est plus a son travail que dans le public aussi c'est une galégeade de le dire et l on fait moins de grèves et de manifestations car dans le public il y a toujours des gens qui se les roulent pendant que d autres bossent c'est toute la différence quand on ne fait rien on déprime comment voulez vous que nous en sortiont si le public ne fait pas d efforts pour rejoindre le privé. Et que l on ne vienne me dire que les gens du public sont surchargés de trvail et que l on a de la compassion pour eux c'est malheureux a dire mais je pense qu il serait souhaitable d envoyer quelques publics dans le privé pour voir comme cela se passe et ils auraient des idées pour sy mettre.
 
Partager cet article : Envoyer l'article par mail Partager par Facebook Partager par googlebookmark Partager par scoopeo Partager par technorati Partager par weborama Partager par wikio Partager par yahoomyweb

S'abonner au flux de ce blog

 

A propos du blog

Le blog de Isabelle Hennebelle

Ma présence sur le web

Nuage de tags

Catégories

Derniers commentaires

  • responsable a commenté sur Harcèlement moral : la jurisprudence 2009: Aujourd'hui dès que vous prenez une décision qui ne plait pas ou que vous tentez de cadrer des collaborateurs on vous rétorque très facilement harcèlement...
  • TOTO a commenté sur "Comment sortir du harcèlement moral?": Je vis la meme situation , cadre dans un groupe automobile Français, j'ai demandé ma mobilité pour me rapprocher de mon domicile et depuis je...
  • Solly a commenté sur "Comment sortir du harcèlement moral?": je vis actuellement ce problème. Deux années ou ma responsable squattait mon bureau grand comme une boite d'allumettes et faisait mon travail, je lui servais...
  • pupuce a commenté sur "Comment sortir du harcèlement moral?": bonsoir a tous !!! je vous raconte ce que je subi en ce moment pour commencer le patron de mon mari m'a embauché en contrat...
  • LOULOU a commenté sur "Comment sortir du harcèlement moral?": plusieurs d'entre nous avons vécu le harcélement moral dans différentes structures de l'armée du salut eh oui le social aujourd'hui n'est plus ce qu'il était...

Blogroll

Archives

>Voir toutes les archives