Derrière le costume-cravate, la reconnaissance sociale et l’argent, comment les cadres et les grands dirigeants gèrent-ils leurs émotions ? D’où leur viennent leur énergie et leurs intuitions ? A travers des témoignages, des conseils de psys et de coachs, ce blog vise à aider à mieux concilier vie professionnelle et bien-être.

19 juin 2008

Du respect, que diable!

Le stress en entreprise, une vraie tarte à la crème en ce moment. Séminaires, colloques, trainings... tout le monde en parle, et le stress augmente. Dans tout ce que j'ai entendu récemment sur le sujet, une phrase émerge du lot. Je parlais avec Bénédicte Haubold, qui a créé Artelie, un cabinet de conseil spécialisé sur l'anticipation et la résolution des situations humaines difficiles en entreprises. Je lui demandais comment faire, quand on est un manager pour pas transmettre son stress à ses équipes. Plutôt qu'un savant discours, voici l'une des ses réponses, toute simple, mais qui exige d'être attentif à son propre comportement, au quotidien :

"Agissez avec les autres comme vous souhaiteriez que l'on agisse avec vous".

 

11 juin 2008

Vive la crise

 Vous êtes mal dans votre tête, dans votre corps, dans votre travail? Bref ,c'est la crise. Ne cherchez pas à la fuir. Au contraire, accueillez-là. Avec bienveillance. Elle vous signale que votre identité profonde n’est plus en accord avec votre vie actuelle. La crise peut devenir libératrice, si au lieu de vous braquer, de vous recroqueviller sur vous, vous décidez de lâcher prise. "Tout changement profond débute souvent par une profonde crise professionnelle et/ou personnelle", me rappelaient, l'autre jour, le coach Daniel Grosjean et le psychothérapeute Jean-Paul Sauzède, co-auteurs de Trouver la force d’oser (InterEditions). Un livre à lire absolument. En attendant, un petit conseil :

Pour sortir de la crise, pour avancer, mettez-vous à rêver : votre imagination va porter vos actions futures. Au fond, qu'est-ce qui vous fait vraiment vibrer?

 

23 mai 2008

La culpabilité d'avoir à licencier

Derrière le costume-cravate et les sourires de mise en entreprise se cachent décidément des plaies à vif et de profondes souffrances. Je vous rapporte un extrait d'une conversation avec le psychiatre David Gourion, co-auteur de "Les nuits de l'âme. Guérir de la dépression" (Odile Jacob). Basé à Paris, ce docteur en neurosciences soigne de nombreux patients littéralement ravagés d’angoisse pour des raisons professionnelles :

"J'ai récemment reçu au cabinet un cadre dirigeant qui était convaincu d’être la cause unique de la fermeture de plusieurs sites de son groupe et du licenciement de plusieurs milliers de personnes en Europe. Rongé par la culpabilité, il ne dormait plus et ne mangeait plus. Poussé par son épouse, il est venu consulter. Sa demande était la suivante :

"Pourriez-vous m’euthanasier, s’il-vous-plaît, je veux en finir. Proprement ».
 

7 mai 2008

L'enfer, c'est bien les autres

Jamais la littérature sur la vie quotidienne en entreprise sous son jour le plus odieux, n'a été aussi abondante!  Il y a quelques jours, j'ai reçu au courrier  Mon chef est un connard! Et le vôtre? (Margit Schönberger, Leduc.s Editions). Il s'agit, nous promet-on, d'un "guide de survie indispensable pour mieux vivre au bureau, dompter son chef, et le mettre dans sa poche!". Récemment, sont sortis Objectif Zéro-sale-con (Robert Sutton, Vuibert) ; Tu aimeras tes collègues comme toi-même (Sylvain Grevedon, Eyrolles Editions d'organisation), où l'on passe en revue les péchés capitaux qui ravagent les entreprises : l'avarice, la colère, la paresse... ; Guide de survie du manager -Réussir dans la jungle de l'entreprise (Dunod), Insupportables pratiques- Guide d'action pour lutter contre les abus de pouvoir, les manipulations... (Patrick Bouvard, Jérôme Heuzé, Eyrolles Editions d'organisation)... Bref, de quoi donner le tournis. Et surtout provoquer l'impulsion d'achat sur l'idée, un rien démago, que décidément, l'enfer vient bien des autres...et surtout pas de nous.

24 avril 2008

S'autoriser la réussite

Marc est manager. Sûr de lui, il réussit tout ce qu'il négocie, entreprend et projette. Jusqu'au jour où son boss lui demande de rédiger des tribunes libres pour un journal, sur son champ d'expertise. Panique à bord... Alors qu'il connaît par coeur son sujet, sa première tribune est toute en tension et s'écrit dans la douleur.  Le journal lui demande de réécrire l'article. 

Il se casse le bras. Car dans sa famille, l'écrivain connu, c'est son frère. Lui ne se s'accorde pas le droit d'occuper cette place. Et préfère se détruire. 

Parfois, il suffit d'une autorisation de réussir. Encore faut-il avoir conscience des bâtons que l'on se met dans les roues. Tout seul.

14 avril 2008

Stress : surveillez vos pensées

J'ai interviewé récemment la psychanalyste Anne-Marie Filliozat, co-auteur avec Gérard Guasch, de "Aide-toi, ton corps t'aidera" (Albin Michel). Nous discutions du stress, et elle a pointé un fait majeur, que je juge utile de vous rapporter, ici.
Comme vous le savez, le stress se manifeste en trois phases : la réaction d'alarme, la phase de résistance et la phase d'épuisement (de laquelle il est très long de se remettre...). L'idée qui fait réfléchir est la suivante : que le danger soit réel ou imaginaire, le cerveau réagit pareil. En clair, si vous vous mettez une pression tout seul, si vous imaginez un danger, votre organisme va déclencher du stress de la même façon. D'où l'importance d'être attentif à ses pensées, tout au long de la journée.

31 mars 2008

Choisir un coach sans se faire avoir

Face au choix d'un coach, "gare à ne pas tomber sur un charlatan!", lance Laurent Renard (*) consultant et titulaire d'un Ph D de psychologie pour lequel il a enquêté sur le coaching. Ses conseils pour éviter de se faire avoir.
"Attention au coach qui flatte votre ego, vous met à l'aise, vous enveloppe dans un cocon et ne vous dit que ce qui vous est agréable. C'est tellement plus facile, mais pas vraiment la clé de la réussite d'un travail efficace! Autre clé : choisir un coach qui connaît la réalité de l'entreprise, qui sache ce qu'est un bilan ou un compte de résultat, et qu'il ait lui-même travaillé dans le monde réel. Evaluer également si le coach semble, lui-même, bien dans ses baskets! Le cas est classique : on veut aider autrui à régler des problèmes que l'on a pas, pour sa part, le courage d'affronter. Côté tarifs, ne rien décider sans un benchmarking préalable et sans négocier! Avez-vous, vous-même, connu des péripéties avec un coach? N'hésitez pas à raconter votre expérience et à faire part de vos conseils pour effectuer le bon choix.

* Auteur de "Le guide des clubs, cercles et réseaux d'influence", (Les Echos Editions/Village Mondial, 2007)

20 mars 2008

Marcel Rufo : "les pères qui travaillent trop peuvent causer de gros dégâts chez leurs enfants"

"Je bosse comme un fou, mes trois enfants ne me voient pas beaucoup", me confie Thomas, 41 ans, cadre sup dans un groupe d'édition parisien, qui ne rentre jamais chez lui avant 22 heures. Les enfants souffrent-ils de l'absence répétée et fréquente de leur père, pour cause de "trop de boulot"? J'avais posé, il y a quelques temps, la question au pédopsychiatre Marcel Rufo. Voilà, en substance son avis et ses conseils :

"Oui, les parents qui travaillent trop peuvent causer  de gros dégâts chez l'enfant. A la question « Quels bons souvenirs as--tu de bons moments avec ton père ? », certains enfants me répondent : « Aucun. Il travaillait. » C'est rude, ce contact froid d'une vie passée à côté de quelqu'un qui réussit. Le temps perdu ne se rattrape pas : le stade des histoires le soir, des premiers sentiments amoureux, des premières révoltes contre l'autorité parentale..."

Il est cependant possible de compenser, en partie, cette absence de la maison, estime Marcel Rufo. Pour un enfant, vivre de bonnes relations avec ses parents ne dépend pas uniquement de la fréquence ou de la durée des moments passés avec eux. Il peut s'agir de moments forts : une promenade en forêt au cours de laquelle on a vu un cerf, une soirée d'été passée sous les étoiles. Pendant un voyage d'affaires, le parent peut envoyer une carte postale, un texto, un mail, rapporter un petit cadeau à chacun de ses enfants. Par ce petit geste, il leur dit : « Je dois faire mon travail, mais je ne t'oublie pas, je m'intéresse à toi. » Un enfant tire un fort sentiment de sécurité s'il sait que son père pense à lui, même s'il est absent physiquement.  Et pendant une réunion-fleuve, pourquoi ne pas décréter une pause "famille", et prendre quelques minutes pour appeler? Dire à un enfant : « J'ai quitté ma réunion pour te faire un petit coucou, comment vas-tu ? » lui envoie un signal d'intérêt et d'amour très clair.

C'est vrai que pour certains managers, mes propos vont sembler surréalistes, pourtant avoir un enfant, c'est tout aussi important que réussir sa carrière ou son entreprise, non? Enfin, quand le papa est à la maison, qu'il ne soit pas le nez dans ses dossiers ! Qu'il joue au ballon avec eux, leur cuisine ne serait-ce qu'un oeuf à la coque le matin. Qu'il fasse des trucs, des petits trucs ! Ce qui fonde le narcissisme, la bonne image de soi, c'est la préoccupation de l'autre vis-à-vis de soi".

 

 

    

 

11 mars 2008

Savez-vous dire non?

Mathieu, la quarantaine, est ingénieur dans un grand groupe international. Passionné et consciencieux , il veille tard et ne compte plus les week ends passés devant l'ordinateur, au bureau. "Mon épouse et mes enfants commencent à râler sérieusement. Et j'ai craqué il y a un an : dépression, arrêt de 15 jours, médicaments et séances avec un psychiatre". Depuis, il a repris le travail, mais n'a plus la résistance d'avant. Le moindre incident prend d'emblée, dans sa tête, des proportions démesurées. "Mon problème est que je ne sais pas dire non", admet-il. Si sa direction lui propose un nouveau dossier, ou lui fait comprendre que cela dépannerait bien l'équipe s'il se chargeait de cette étude, impossible de refuser. Du coup, en surchauffe, "je rends mon travail en retard, voire avec des erreurs". Le cercle vicieux. Plus Mathieu se met en danger, plus il veut se rattraper. Dans cette course en avant, "je ne vois plus l'issue", confie-t-il.
Connaissez-vous ce type de situation? Et comment vous en êtes-vous sorti, le cas échéant?

Envie d'aller plus loin ? "Comment dire non. Savoir refuser sans offenser", William Ury (Seuil, 2007)

29 février 2008

High Tech et humanitaire

Belle interview il y a quelques jours :  "J'avais envie de rendre ce que la vie m'a donné", m'a confié Karim Mokhnachi, vice-président marketing Europe chez Oracle Emea et arrivé en France à l'âge de 10 ans, en provenance d'Alger. Passionné de foot, il met sur pieds l'IT CUP, un tournoi de football entre grandes entreprises du secteur high tech, sur les pelouses de Clairefontaine. La cinquième édition va se dérouler le 29 juin prochain, une trentaine de sociétés devraient participer à cet évènement. Depuis la première édition, Karim Mokhnachi a déjà pu reverser 180 000 euros à plusieurs associations, notamment Diambars et Télécoms sans frontières.