J’ai discuté avec le psychanalyste jungien Guy Corneau (auteur de best-sellers et star au Québec où il vit) du harcèlement moral en entreprise. « Le harcèlement moral n’atteint pas toute l’entreprise, mais seulement certains collaborateurs. Souvent des personnes dont l’estime de soi est basse. Dans nombre de cas, la victime est son propre bourreau. La raison ? Ce sont ses propres conflits intérieurs qu’elle met inconsciemment en scène à l’extérieur». Etes-vous d'accord avec cette analyse?









Commentaires (7)
"Ce sont ses propres conflits intérieurs qu’elle met inconsciemment en scène à l’extérieur" : je trouve que c'est vrai dans la mesure où c'est la faille de la victime qui est mise à jour, son absence d'auto-estime fait remonter des émotions de honte, de culpabilité, réactualise un sentiment de dévalorisation ancien. La victime est intimement persuadée que le malaise vient d'elle, qu'elle est réellement incompétente professionnellement, relationnellement, humainement. Dans ce sens la victime est un bourreau pour elle-même, au même titre que le petit chef frustré et pervers qui l'aura repérée, avec sa faille, et s'ingéniera à retourner en douce le couteau dans la plaie.
Publié par tatanas | septembre 27, 2007 3:51 PM
Publié le septembre 27, 2007 15:51
Cette approche est intéressante car elle permet de mettre avant la responsabilité des victimes qui est un pas nécessaire vers la thérapie et le changement. En revanche, expliquer que le harcélement est uniquement le fait des victimes est carrément léger voire dangereux: quid de l'organisation de l'entreprise, de la politique des ressources humaines. Comme cela, le système n'est surtout pas remis en question alors qu'il existe des organistion autoritaires et excluantes surtout pour les plus fragiles. Une entreprise qui réussit n'est-elle pas celle qui grâce à la diversité de ses membres générerait un maximum de créativité? C'est certainement une utopie dans ces temps où l'entreprise (publique ou privée)est de plus en plus confirmiste et recherche une uniformisation de ses membres.
Publié par Iris | septembre 28, 2007 9:09 AM
Publié le septembre 28, 2007 09:09
Un constat récurrent, le processus de victimisation est engagé lors que le harceleur a effectivement décelé une faille dans son 'objectif'. Dans un cas de harcèlement avéré, 8 fois sur 10 c'est une pathologie qui est en cause, celle du harceleur. Il s'établit alors entre lui et sa victime, une relation perverse, avec ses codes et ses incidences attendues. Il est exact qu'une victime pense au tout début du processus, que c'est bien elle qui est la cause. Toutefois et dans un autre domaine, c'est également un mode opératoire abordé par certaines entreprises dont l'organisation au travail dépend de micro structures élaborées sans contrôle (le principe de 'l'état dans l'état') mode qui impacte sur les réactivités émotionelles, sature les facteurs d'analyse... Dans un nombre important d'entreprises aujourd'hui, cette prise de conscience n'implique pas encore assez la mesure précise des risques et ce, malgré des tentatives de prévention (cas de PSA, par exemple)
Bien évidemment, les entreprises qui ouvrent sur la diversité et la créativité sont rares, elles sont pourtant les moteurs de celles de demain...
Publié par Pat | septembre 29, 2007 8:37 AM
Publié le septembre 29, 2007 08:37
Bonjour, j'ai été harcelé pendant 5 ans par mon responsable hiérarchique. Au début, ses attitudes manipulateurs, ses brouillages de cartes, faisaient de moi une personne qui se sentaient pas à la hauteur et en dévalorisation permanente. Je ne pense pas avoir été à ce moment là en conflit avec moi. Au bout de 2-3 ans j'en parlé de ses réflexions de rabaissement à des personnes qui me connaissaient bien car je sentais que quelques choses ne tournaient pas rond. J'ai arrêté de donner ma confiance et suis restée neutre tant que je le pouvais. J'ai fini par comprendre que j'étais une menace pour lui sur le plan professionnel, ensuite j'ai découvert qu'il avait des vus sur moi. Moi je ne voyais rien car pas du tout attiré par ses personnes froides. Il me gratifiait devant moi quand j'étais seule et devant les collègues j'étais une minable. Psychologique c'est difficile de s'en sortir seul, ou du moins sans stratégie pour éviter la casse psychologique. J'ai essayé d'en parler discrètement à son supérieur, bref, rien de bon car lui aussi était sous la menace.
J'ai découvert qu'un de mes client, 10 ans auparavant avait subi la même chose. A ce jour, il a mis ses menaces a exécution, évaluation orienté ... le résultat, son supérieur hiérarchique sous la menace m'a licencié. Voilà 1 an que je suis en recherche d'emploi. Certains de mes collègues savaient qu'il voulait ma tête. Dans cette situation, tout le monde a peur et ne dit rien ; pire encore, les collègues malveillant lui rendaient services. De cette façon, mon resp hiérarchique faisait faire le sale travail aux autres.
Je pourrais dire qu'il a détruit ma vie. Je le pense toujours un peu car je n'ai toujours pas retrouvé d'emploi. Je pense que c'est lui finalement qui est en souffrance pour s'en prendre à des personnes qui n'ont pas de pouvoir ou d'expérience professionnel (jeune femme dans l'entreprise débutante).
Je suis contente de ne plus travaillé avec cette personne, car elle n'est pas passionnante. Je n'ai pas arrêté pour autant mes projets professionnels. Les clients m'ont soutenus énormément car ils connaissaient l'oiseau. Ils m'ont tous dit que j'avais mangé mon pain noir. Le fait d'être bien dans mes baskets m'a permis de limiter la casse (ne pouvant éviter le licenciement lors du plan social). Souvent, quand il y a conflit, la mode est de dire que ce n'est pas la faute de l'autre mais de sois. certes, on ne change pas les autres mais sois même. Je pense que l'on devrait proposer une thérapie aux personnes qui nourrissent le harcèlement moral ou sexuel à leur collaborateur.... En vous remerciant de cette lecture, je vous souhaite de passer une merveilleuse journée.
Publié par harcèle | octobre 1, 2007 10:33 AM
Publié le octobre 1, 2007 10:33
Oui le harcèlement ... Il y un potentiel pour être harcelé(e) et harceleur...
En ce qui me concerne j'ai été harcelée à deux reprises l'issue étant à chaqe fois la démission dans le 2eme cas j'ai quand même tenu 15 ans. Mes collègues, mes supérieurs me soutenaient en coulisse ça aide ! Souvent les harceleurs/euses sont qualifié(e)s de personnalités difficiles et l'entourage professionnel même les supérieurs préfèrent courber le dos, ne rien voir et subir eux aussi... Ces salariés sont ils si indispensables? Si performants ? Je ne crois pas. Ils font beaucoup de bruit et tout le monde supporte! c'est quand on travaille directement avec eux que c'est difficle mais les autres ne les cotoient que ponctuellement... Cela renvoie à la vie en entreprise ou l'équipe, l'harmonie ne sont pas des valeurs qui prévalent dans la plupart des entreprises croyez-moi j'en ai fait quelques unes. LE DIVISER POUR REGNER est le plus souvent la règle de "Management" humain.
La peur : peur de ne pas être à la hauteur, peur de nas être reconnue, peur que le la collègue passe devant vous, peur de perdre son boulot, peur d'un nouveau collègue qui arrive, peur des intérimaires est le sentiment que j'ai ressenti chez mes collègues cadres hommes et femmes et la peur rend mesquin et C..
Alors pourquoi ai-je "subi" ? En ce qui me concerne ce n'est pas tant une question d'estime qu'une trop grande patience vis à vis des autres, habitude acquise dans l'enfance, parents difficiles... Mais aussi quand on develloppe une certaine compétence et qu'on a un "background" pas trop mauvais on a beau ressasser qu'ensemble on est plus fort rassurer, la peur est là on la sent dans ces humiliations en public toujours. Alors parfois on remet la personne à sa place, parfois on glisse, on glisse, on passe, un peu comme une couleuvre, on fait son trou et puis un jour PAF on se casse pour se... RECONSTRUIRE!
Une femme libre !
Publié par ZELDA | octobre 3, 2007 6:57 AM
Publié le octobre 3, 2007 06:57
apres un congé parental j'ai subit un harcelement moral insidieux de la part de mon directeur aidé de ses sous chefs,le but était de me discrediter, de me destabiliser, et enfin de m'ammener a donner ma démission. Je n'ai pas cédé mais j'ai été victime d'un infarctus cérébral, le harcélement que j'ai subit a certainement contribué a ce qui m'est arrivé. Je sais par le medecin du travail que je vais etre convoqué dans peut de temps par mon employeur car je vais certainement etre licenciée pour inaptitude.Je suis en arret longue maladie depuis 2005. Je n'ai jamais dévoilé ce harcèlement, personne ne le sais sauf bien sur ceux qui l'ont pratiqué. Quels sont mes droits? Pouvez vous m'aider?
Publié par Delmotte | octobre 12, 2007 6:46 PM
Publié le octobre 12, 2007 18:46
En réponse à Delmotte, plusieurs pistes.
La première est d'en parler, de dire les faits, les formuler ouvertement diminue considérablement le sentiment d'impuissance et de "honte" (éventuellement). D'autre part, les incidences sur le physique sont nombreuses dans ces cas, aujourd'hui, ce sont donc des conséquences reconnues et acceptées par le corps médical; qui agite la sonnette d'alarme à ce sujet par une médiatisation fréquente. Ici, l'essentiel étant de ne pas rester isolé!
2°/ Les démarches a suivre sont:
- Evoquer ouvertement avec son entourage, la situation et ses origines
- Noter avec précision la chronologie des évènements
- Si possible, récupérer des témoignages de vos collègues. La "peur" de ceux-ci sera vite étoffée par votre combat et les textes en vigueur (n'hésitez pas à citer, affirmer que devant le juridique et la médiatisation, ce sont les responsables mis en cause qui ont davantage peur) Dans une majorité de cas, les procédures seules, suffisent à faire baisser les défenses éventuelles des harceleurs. Ainsi, les victimes obtiennent compensation pratiquement au stade des négociations, sans passer par la case tribunal. Une entreprise aujourd'hui, sait par expérience les pertes provoquées par la médiatisation d'une affaire...
- Faire une démarche conjointe avec un médecin indépendant et le médecin du travail qui validera. Le but etant d'emmener à la reconnaissance de la cause de l'IC.
- Contacter l'inspection du travail dont vous dépendez et évoquez clairement votre situation. Au besoin, faites vous accompagner
- Contacter des associations de lutte contre ce phénomène (ces associations disposent d'un arsenal de moyens juridiques et de pistes proches de chez vous) Elles disposent en outre de possibilités de rencontres avec des experts et des liens entre victimes. Dans ce but, tapez simplement 'harcèlement' sur votre moteur de recherche, vous aurez la liste de tt ce qui se fait dans ce domaine (associations, articles, livres, forums, etc.) Sinon, l'une d'entre elles est particulièrement active.
http://harcelementstop.free.fr
Avec vous et en vous souhaitant le meilleur pour demain.
Pat
Publié par Pat | novembre 4, 2007 8:02 AM
Publié le novembre 4, 2007 08:02