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octobre 2007 Archives

1 octobre 2007

"Je ne déverse plus mon stress sur ma famille"

"Au bureau, c'est la pression de tous les côtés, et pourtant, je m’interdis toute agressivité. Et j'explose le soir, à la maison", m'a confié un manager. "Après, je m'en veux. Mon épouse et mes enfants sont ce que j'ai de plus précieux au monde, et pourtant, ce sont eux qui subissent mon stress."
 
Comment en finir avec ce cercle vicieux? Le psychothérapeute Jean-Paul Sauzède, qui récupère les cadres quand la situation a déjà explosé (conjoint parti, dépression bien installée…)  livre un conseil de base à méditer : « cultivez tout ce qui vous permet de recommencer à exister en tant qu’individu, hors de la pression. Prenez 30 minutes dans la journée rien que pour vous : promenade dans un jardin public, visite dans une bonne librairie… et pas deux whiskys au bistrot, comme je le vois trop souvent.»
 
Et vous arrivez, vous, à ne pas déverser tout votre stress de la journée sur votre conjoint, sur vos enfants, le soir au retour du travail ? Si c’est le cas, partagez vos bonnes recettes sur ce blog !
 
 

4 octobre 2007

Faire le deuil

Le projet que vous élaborez depuis des mois est retoqué par votre boss, le poste dont vous rêvez depuis l'enfance vous passe sous le nez... Vous êtes déçu. Mais en adulte raisonnable, vous pratiquez la méthode Coué : "allez, ce n'est pas grave, je passe à autre chose."

Et pourtant, au fil des jours, non, "ça" ne passe pas. 

Ce "ça", c'est le deuil. Car même pour des questions de boulot, donc bien dérisoires par rapport à la perte d'un être cher, nous en passons tous par cette période de deuil. Certes avec des rythmes et des intensités propres à notre personnalité.

Elisabeth Kübler-Ross, la grande spécialiste de l'accompagnement des personnes en fin de vie a identifié cinq étapes du deuil : le déni, la colère, le marchangage, la tristesse et enfin l'acceptation. Connaître et apprendre à repérer ces différentes phases au cours de sa vie professionnelle peut aider à mieux comprendre nos réactions au travail. 

5 octobre 2007

Le burn out du dirigeant

Ce dirigeant d'un grand cabinet de chasse de tête revient de loin. En 1998, sous la pression croissante des actionnaires, des clients, des investisseurs, il craque... diagnostic : burn out. "Je ne supportais plus l'idée même de travailler", me confie-t-il. 

Avant d'en arriver à ce stade, "j'ai refusé d'écouter et de voir les signes avant-coureurs : fatigue chronique, insomnies, migraines, troubles digestifs et cardiaques. Une fois, en pleine attaque de panique, j'ai été contraint de sortir de l'avion avant le décollage, une autre fois, mon épouse m'a accompagné par la main à une réunion importante. C'était l'enfer, mais à part les grands moments où j'ai cru  m'effondrer sur le trottoir, j'ai continué à diriger mon entreprise. Seule mon assistante était au courant. 

J'ai mis trois ou quatre ans à me remettre vraiment, mais je m'en suis sorti", raconte le dirigeant, aujourd'hui jovial et en pleine forme.

Son secret ?  Beaucoup de travail... sur soi! 

"J'ai révolutionné mon mode de vie. Le processus de reconstruction a demandé de la patience et de l'indulgence à mon égard. Je faisais 1h30 de yoga par jour, des salutations au soleil à n'en plus finir... J'ai consulté une nutritionniste, adopté une alimentation saine. Avant je me nourrissais n'importe comment. Le soir, pour apaiser ma tension,  j'étais boulimique. Maintenant, je mange bien le matin et le midi, et léger au dîner. Mon menu d'hier  soir? Du choux-fleur et des carottes! Je vois aussi un acupuncteur régulièrement. J'ai aussi beaucoup lu d'ouvrages en "développement personnel", pour comprendre ma colère, mon impatience, le sens de la vie... "

A la fin de notre conversation, le chasseur de tête a opté pour l'anonymat. Parce qu'aujourd'hui encore, en dépit du nombre de salariés sous antidépresseurs et anxyolitiques, tomber pour cause  de pression, c'est...la honte.

8 octobre 2007

L'addiction au jeu

François Ragon a 55 ans et 30 ans de jeu derrière lui : PMU, rapido...Une véritable addiction qui a commencé quand il travaillait comme informaticien. "Je finissais tard le soir et le jeu s'est insinué petit à petit dans ma vie. Je gagnais 8000 euros par-ci, 15 000 euros par là. J'offrais des cadeaux à mon épouse, à mes deux filles, à mes amis. Pendant les fêtes de famille, je m'absentais pour écouter en cachette le tiercé. Je fréquentais le monde de la nuit, j'ai multiplié les aventures, et perdu totalement le sens des réalités. Personne ne s'est rendu compte de la gravité de mon état." 

Jusqu'au jour où il se retrouve avec 100 000 euros de dettes. Pour les combler, tout est bon : "J'ai escroqué des gens de ma famille, arnaqué la banque où ma femme était employée, j'ai fais des emprunts aux noms de mes enfants.  Il y a quatre ans, mon épouse, qui a failli se suicider, m'a parlé d'une association, SOS Joueurs (0 810 600 115). Je n'y croyais pas, mais pendant plusieurs années, j'ai suivi des entretiens individuels avec Armelle Achour, la fondatrice de l'association, j'ai aussi participé à des réunions en groupe. J'ai accepté la mise sous curatelle renforcée, qui implique que je n'ai plus accès en direct à mon argent. J'ai encore des dettes à payer pendant 2,5 ans. De fil en aiguille, je suis sorti de l'enfer du jeu, et j'ai retrouvé l'amour de ma famille".

Tous les addicts reconnaissent qu'ils sont à un degré de la folie. L'Etat affiche encore une trop grande frilosité dans sa prise en main de cette question de santé publique (voir L'Expansion La Folie du jeu, numéro 721) . Il s'agit pourtant d'une maladie comme l'alcoolisme, la dépendance à la drogue, l'anorexie, la boulimie... Souffrez vous-même d'une addiction? Et avez-vous trouvé les moyens d'en sortir? N'hésitez pas à faire part de votre expérience, elle peut s'avérer très précieuse.

10 octobre 2007

Avez-vous un mentor?

Jacques, la cinquantaine, est DRH d'une grande SSII française. Solide, compétent, réactif, il garde un souvenir très vif de son premier patron, son "mentor".
"J'avais 28 ans. Derrière mes convictions affichées, je n'en menais pas large. Mon boss de l'époque a joué un rôle moteur dans ce que je suis devenu. Pendant dix ans, au-delà de la fonction hiérarchique, il a été mon mentor. Il m'a fait grandir. J'observais sa façon de mener ses affaires, mais aussi ses gestes, ses paroles, sa démarche... Contrairement à mes copains, je n'étais pas issu, d'un milieu particulièrement aisé. Je doutais de moi. Lui savait détecter mon énergie, il avait le don pour révéler mes capacités. Il m'a fait croire en moi, tout simplement. 
Sans son apport, je n'aurais peut-être pas aussi bien réussi", termine Jacques, qui prend, autant que possible, le temps de faire grandir ses collaborateurs. A son tour.

 

15 octobre 2007

Libérez votre énergie!

"L'énergie est une petite flamme qui nous donne les moyens d'exprimer notre être essentiel", me raconte Florence Lautrédou, coach et psychanalyste. Dans la vie professionnelle, tout le monde peut libérer cette énergie... mais tout le monde ne le fait pas. La fondatrice de FHL Consultants, co-auteur avec Denis Terrien de "Enquête sur les libérateurs d'énergie" (Vuibert), vous livre ici ses bonnes recettes pour être bien dans son boulot... et dans sa peau!

 "Je fuis les draineurs d'énergie, tous ces gens qui sont là uniquement pour pomper mon dynamisme, pour rien. Out, donc, celui qui se plaint sans arrêt, celui qui  méprise son entourage, celui qui règne par la terreur ou encore celui qui se mêle de tout.

Je vérifie toujours que je suis en cohérence avec ma vérité intérieure, mes propres talents. Ma question pour ce faire : suis-je bien dans les choix de vie que j'ai posé? Pour cela, je suis sensible aux signes subtils. Si par exemple, quand j'entreprends un projet, et que l'univers ne me renvoie que des signes négatifs (on ne me rappelle pas, je perds le dossier...), je m'interroge sur la pertinence de mon projet par rapport à ce que je veux vraiment. Le psychanalyste Jung a parlé pour ce phénomène de "synchronicité". 

Je m'entoure de "ma bande". A savoir les personnes avec lesquelles je suis vraiment bien, avec lesquelles nous avons les mêmes vibrations, pas seulement pour des questions de travail, mais aussi au plan des valeurs, de l'affectif.
Je suis attentive à ce qui me donne de la joie, du bonheur à l'ouvrage. Si ce n'est pas le cas, je m'en débarrasse. Et je me garde toujours un entourage non-complaisant, qui sache me dire si je dérape totalement ou pas."

 

25 octobre 2007

Votre entreprise a un inconscient...aussi.

Je viens de discuter avec Didier Toussaint, associé-fondateur du cabinet DIT, spécialisé dans le changement et l'innovation stratégique. Ce consultant, féru de psychanalyse, estime que les entreprises ont, elles aussi, un inconscient qui influe directement sur la vie quotidienne des salariés au bureau. Voici, en substance, sa théorie.

"A l'heure où le suicide sur le lieu de travail devient un thème majeur de société, le discours classique est que les gens mettent fin à leurs jours car ils ont trop de travail et sont stressés. Pourtant, ils ne cassent pas n'importe comment. Ils subissent l'environnement spécifique, l'inconscient de l'entreprise qui les salarie. Il existe des entreprises dans lesquelles les mécanismes inconscients sont plus mortifères et destructeurs que dans d'autres. C'est le cas de Renault, par exemple. C'est une entreprise dans laquelle j'estime que les relations sont dures, cela remonte à l'époque de son fondateur, Louis Renault. Il gouvernait par la peur et la terreur. Il était en conflit permanent avec la presse et les salariés. Il divisait pour mieux régner, était coléreux, communiquait peu. Plus tard, en 1985, l'entreprise connaît des pertes abyssales, l'Etat nomme Georges Besse pour redresser la situation. Action directe l'assassine. Or, l'homme était intègre, ce qui était vraiment visé, je pense que c'était plutôt la mémoire de Louis Renault. 

Pour certains, il suffit de changer le management pour tout transformer dans l'entreprise. Mon point de vue est que c'est très insuffisant. Le management est souvent lui-même un symptôme de l'inconscient. Ce n'est pas se contentant de changer le management que l'on modifie en profondeur le climat de l'entreprise. Pour évoluer, l'entreprise doit faire une analyse de son passé, de ses fondements. Or, les dirigeants sont tournés vers l'avenir et sur le présent. La seule façon de se libérer du passé pour une entreprise est d'ouvrir grand les vannes, afin d'évacuer tout ce qu'elle a refoulé. Alors elle pourra avancer.

Pour aller plus loin : Didier Toussaint est l'auteur de "Renault ou l'inconscient d'une entreprise", L'Harmattan, 2004 et de "L'inconscient de la Fnac", Bourin Editeur, 2006.