François Ragon a 55 ans et 30 ans de jeu derrière lui : PMU, rapido...Une véritable addiction qui a commencé quand il travaillait comme informaticien. "Je finissais tard le soir et le jeu s'est insinué petit à petit dans ma vie. Je gagnais 8000 euros par-ci, 15 000 euros par là. J'offrais des cadeaux à mon épouse, à mes deux filles, à mes amis. Pendant les fêtes de famille, je m'absentais pour écouter en cachette le tiercé. Je fréquentais le monde de la nuit, j'ai multiplié les aventures, et perdu totalement le sens des réalités. Personne ne s'est rendu compte de la gravité de mon état."
Jusqu'au jour où il se retrouve avec 100 000 euros de dettes. Pour les combler, tout est bon : "J'ai escroqué des gens de ma famille, arnaqué la banque où ma femme était employée, j'ai fais des emprunts aux noms de mes enfants. Il y a quatre ans, mon épouse, qui a failli se suicider, m'a parlé d'une association, SOS Joueurs (0 810 600 115). Je n'y croyais pas, mais pendant plusieurs années, j'ai suivi des entretiens individuels avec Armelle Achour, la fondatrice de l'association, j'ai aussi participé à des réunions en groupe. J'ai accepté la mise sous curatelle renforcée, qui implique que je n'ai plus accès en direct à mon argent. J'ai encore des dettes à payer pendant 2,5 ans. De fil en aiguille, je suis sorti de l'enfer du jeu, et j'ai retrouvé l'amour de ma famille".
Tous les addicts reconnaissent qu'ils sont à un degré de la folie. L'Etat affiche encore une trop grande frilosité dans sa prise en main de cette question de santé publique (voir L'Expansion La Folie du jeu, numéro 721) . Il s'agit pourtant d'une maladie comme l'alcoolisme, la dépendance à la drogue, l'anorexie, la boulimie... Souffrez vous-même d'une addiction? Et avez-vous trouvé les moyens d'en sortir? N'hésitez pas à faire part de votre expérience, elle peut s'avérer très précieuse.








