« Votre entreprise a un inconscient...aussi. | Accueil | "Je me suis reconstruis grâce à mon entreprise" »

 

7 novembre 2007

Le harcèlement moral, selon Guy Corneau

Merci pour vos réactions et vos témoignages au post du 20 septembre dernier  portant sur le harcèlement moral selon Guy Corneau. Leur richesse et l'empathie que vous manifestez m'incitent à revenir en détail sur mon interview avec le psychanalyste Guy Corneau, et sur ses conseils pour s'en sortir, tirés de son best-seller, *Victime des autres, bourreau de soi-même (Robert Laffont). 
  

Votre chef vous harcèle ? Pourquoi vous, et pas votre collègue de bureau ? « Le harcèlement moral n’atteint pas toute l’entreprise, mais seulement certaines personnes. Dans nombre de cas, la victime est son propre bourreau ». Guy Corneau n’y va pas par quatre chemins : « ce sont vos propres conflits intérieurs que vous mettez inconsciemment en scène à l’extérieur». Comment évoluer ? Des pistes.

Prenez conscience des répétitions dans votre vie. 
Vous vous retrouvez toujours harcelé au bureau ? Aussi bizarre que cela puisse vous paraître, accueillez ces répétitions. Elles sont une occasion de réaliser que quelque chose dans votre fonctionnement "cloche", et de modifier le scénario. Au passage, débusquez les « primes cachées ». Un malheur confortable et connu paraît souvent préférable à un bonheur  incertain. Une victime de violence, comme le harcèlement, a souvent peu d’estime d’elle-même et est convaincue qu’elle ne mérite aucune attention. Celle qu’on lui accorde, même dans les mauvais traitements, peut être considérée comme un bénéfice secondaire.

Identifiez vos besoins profonds
Ils s’articulent en général sur des blessures passées : besoin de reconnaissance, d’amour…Tant que nous ne les reconnaissons pas, ils nous tyrannisent de l’intérieur et deviennent notre premier bourreau. C’est d’eux avant tout dont nous sommes victimes.

Détectez quelles sont vos peurs. 
Fondées sur des traumatismes remontant souvent à l’enfance, ce sont elles qui donnent naissance à nos besoins. En les repérant, nous réalisons qu’elles forment comme un filet de préoccupations dont le but est de nous protéger de la répétition de ces expériences négatives initiales.  

Différenciez personnalité et individualité.
Voici deux notions à ne pas confondre : la personnalité est comme notre enveloppe, développée au fil des ans et des évènements de la vie. L’individualité est notre essence profonde. Le problème est que bien souvent, nous nous identifions totalement à notre personnalité, alors qu’en fait, il ne s’agit que de notre enveloppe extérieure. Nous vivons, du coup, sous le joug de cette personnalité, sorte de personnage tyrannique, pétri de peurs et de besoins. Pour évoluer et retrouver notre individualité, c'est-à-dire notre essence profonde, ce que nous sommes vraiment, nous envoyons comme de signaux de détresse qui attirent à nous des êtres et des situations capables de faire exploser notre carapace extérieure. C’est pour cela qu’il convient d’accueillir les turbulences de la vie. Elles sont une occasion d’évoluer en profondeur. Vous êtes victime de harcèlement moral : pour une fois, réagissez différemment, au lieu de vous lamenter sur votre pauvre sort, trouvez de nouvelles ressources internes pour faire évoluer cette situation insupportable. Une fois que le changement intérieur se réalise, l’extérieur comme un écho, se met à évoluer aussi.

Redoublez de bienveillance envers vous-même.
Dans votre quête de votre essence profonde, vous allez découvrir au passage des parties de vous pas toujours jolies, que jusque-là vous attribuiez à d’autres. A ce boss harceleur, par exemple. Vous allez prendre peur : suis-je vraiment cette personne colérique, intolérante, dédaigneuse... ? C’est au moment où l’on descend en soi, où l’on découvre notre part d’ombre, qu’il faut redoubler d’amour pour soi et de bienveillance. Pour renforcer l’efficacité du travail analytique, prenez de nouvelles habitudes : manger sainement, respirer abondamment, faites des exercices réguliers. Lancez-vous dans le dessin, la musique ou toute autre activité créatrice via laquelle vous allez exprimer votre élan créateur de fond. Choisissez aussi un moyen d’expansion spirituelle : méditation, contemplation…

Bras de fer avec vos résistances.
Ne lésinez pas pour renforcer votre changement. Car sachez-le, vous allez résister. Votre dragon intérieur veille. Si vous avez envie de changer, lui veut veiller sur son vieux royaume, certes bâti sur les peurs et les besoins, mais tellement rassurant car vous en connaissez le moindre recoin. Plus vous allez changer, plus le dragon va se déchaîner. La bagarre va être redoutable. Mais tenez bon : au bout du chemin, vous attend la liberté. Et vous pouvez être sûr que le prochain harceleur ne sera pas pour vous, cette fois.

TrackBack

URL de TrackBack de cette note:
http://blogs.lexpansion.com/cgi-bin/mt-tb.cgi/4212

Commentaires (5)

Anonyme:

IL y a surement du vrai, mais y a t-il moyen d'être plus concret?
Que faut-il faire pour en sortir?

nanou:

Je pense qu'effectivemnt que lorsque les situations d'harcellement sont répétitives,il y a lieu de se poser des questions.Tout devient un problème d'interprétation et un probléme de réaction aux interprétations qui nou méne dans un cercle vicieux.

sos:

Bonjour,

Je reviens d'une depression pour harcèlement moral sur le lieu de mon travail. Suite à la fusion de mon entreprise, mon nouveau "chef" m'a fait subir un processus de déstabilisation (objectifs impossible à atteindre, surcharge, isolement, dénigrement...). A ce régime, j'ai tenu 1 an et j'ai été arrête par la médecine du travail. Consultation par un psychiatre. Arrêt pendant 3 mois
J'ai repris le travail avec l'envie de me reconstruire, de reprendre confiance en moi mais cela a été de courte durée car mon "chef" , sans aucun justificatif a diviser ma prime de fin d'année de 50%
J'ai peur de retomber dans la dépression. Que faire ?

Evie:

Vous voyez, je ne suis absolument pas d'accord avec cette théorie.

J'observe ce phénomène depuis six ans, ayant été moi-même victime de harcèlement.

Pourquoi ? plus parce que j'avais des capacités que les autres n'avaient pas et qu'ils me jalousaient pour m'exclure, plus que parce que je me sous-estimais.

En plus, à la vue de nombreux cas différents, je reconnais dans les victimes beaucoup de droiture, de capactités professionnelles, d'engagement pour l'entreprise, mais un refus de se prosterner : TRAVAILLER, c'est TRAVAILLER ! et ne pas faire les courtisans devant des "fondus" du pouvoir, qui ont un culte du moi et qui préfère des personnes "lisses" plutôt que celles qui disent franchement que cela ne va pas !

Les études démontrent aussi qu'ils s'attaquent à des personnes fortes et non à des faibles.

C'est normal de finir par tomber malade, et d'avoir des troubles physiques tellement l'aspect quotidien, l'ambiance, les "coups bas", la non-reconnaissance, l'incertitude de l'avenir, finissent par user !

Je me suis moi-même interrogée sur cette répétition, mais refuse ABSOLUMENT cette interprétation qui donne trop des "excuses" aux harceleurs et complices d'harceleurs ! Ce sont des gens malades, mal dans leur peau, sans moralité... Allons, regardons les choses en face : un être humain n'est pas basiquement bon et en plus, en groupe, il est capable du pire ! La victime est toujours l'exclue, la malade, et celle qui a tant de qualités que les autres envient et qu'ils savent qu'ils ne pourront avoir...

Gantosi:

en cas de conflit et d'absence de solutionnement, la victime de hm est isolée.
Les systèmes de prévention et de protection ne jouent pas leur rôle.
Si la victime se plaint, compte tenu de l'agravation de son traitement et malgré les dispositionslégales, tout est fait pour prouver sa faute et déresponsabiliser ainsi l'employeur.
de ce fait, la destruction s'agrave et le hm ainsi que tous ses accessoires (insultes, diffamation, atteintes à la vie privée, faux témoignages à son encontre, menaces...)s'amplifient.
forcément, la victime qui se plaint de méfaits à son encontre est une marginale: elle est seule, non aidée, non assistée, s'affaiblit et il est si facile ainsi de l'exclure tant au niveau professionnel, que socialement voire juridiquement.
Par aileurs seuls les "forts" caractères se plaignent d'abord parce qu'ils pensent pouvoir faire cesser ces agissements, ensuite parce que suite à leurs dénonciations leur situation s'aggrave amenant l'employeur à amplifier les actions délictuelles. Il se croit ainsi en protégé par la loi mais il n'en est rien et sa situation s'aggrave.

Dira t-on de la vctime d'un vol qu'elle a amené à cette situation?

Dira t-on de la personne assassinée qu'elle a elle même amené à son assassinat?

Il semble que la conclusion de 'article manque de réelle profondeur et d'expérimentation.


Poster un commentaire

(Si vous n'avez pas encore écrit de commentaire ici, vous devez être approuvé par le propriétaire du site avant que votre commentaire n'apparaisse. En attendant, il n'apparaîtra pas sur le site. Merci de patienter).