Rien à faire, ce Durand vous agace ! Ce type brillant réussit tout ce qu’il entreprend, dépasse ses objectifs, boucle ses dossiers avant l’heure, assure des présentations remarquables. Et vient de prendre du grade. « Insupportable ! », fulminez-vous, le nez sur votre clavier. Seriez-vous un brin jaloux ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul. La jalousie se niche partout dans l’entreprise. Simplement, personne n’en parle. «C’est même l’émotion la plus taboue », lance Bénédicte Vidaillet, auteur de Les ravages de l’envie au travail (1). Et pour cause. "Etre envieux, ce n’est pas glorieux, c’est reconnaître qu’on considère l’autre comme étant mieux que soi". Et reconnaître son sentiment d’infériorité sur la place publique, ce n'est pas facile, voire risqué dans un univers de compétition acharnée. "La jalousie est taboue en entreprise, car elle s’attaque au lien à l’autre". Vous avez beau essayer, impossible d’apprécier le collègue que vous enviez. Collaborer avec lui ? Sûrement pas ! Rétention d’informations, sabotage de ses dossiers, rumeurs... sont légion au royaume du corporate. Pourtant, bien gérée, la jalousie peut s'avérer un vrai booster pour vous et votre carrière.
Reconnaissez que vous avez développé un sentiment d’infériorité par rapport à votre collègue. Mettre un nom sur cette émotion, c’est déjà avoir fait la plus grande partie du chemin.
Considérez ce sentiment comme une opportunité de vous découvrir, de faire un bout de chemin intérieur vers vous-même. Cela vous permettra peut-être de vous découvrir, de faire émerger des désirs professionnels refoulés. Cela peut, dans la foulée, vous permettre de lâcher-prise et de développer des compétences jusque-là en friche.
Posez-vous les bonnes questions. De qui êtes-vous jaloux ? Et de quoi ?
Que se cache-t-il vraiment derrière ce sentiment ? Et à quoi cela renvoie-t-il de votre passé ?
Selon un fantasme, somme toute, infantile, l’envieux (vous) n’auriez rien, et l’autre (votre collègue) aurait tout. Pour se détacher de la jalousie, il faut se détacher de l’autre. Un truc : reconnaissez vos propres qualités, arrêtez d’être dans la comparaison, apprenez à assumer vos choix, vos différences, vos limites. Faites-le. Mal gérée, la jalousie entraîne une véritable dévalorisation de soi, voire une dépression.
(1) Editions d’Organisation, 2007









Commentaires (1)
Selon moi si j'ai un(e) collègue qui réussit mieux que moi, je n'aurais pas tendance à être jalouse mais plutôt avoir une admiration envers cette personne puis qui me donnerait une sorte d'encouragement d'aller de l'avant à mon tour.
Publié par Elvira Marie-Lessard | 26 novembre 2007 17h10
Publié le 26 novembre 2007 17:10