Je vous livre ce matin une étude toute fraîche et bien dans son époque sur la façon dont, en France, les pères cadres, cadres supérieurs et hauts potentiels âgés de 30 à 40 ans concilient leurs vies professionnelles et personnelles.
Menée par le cabinet de conseil Equilibres et Bénédicte Bertin-Mourot, sociologue au CNRS et co-créatrice de L’Observatoire des Dirigeants, cette enquête est intitulée « Les pères managers en quête d’équilibre. Portrait d’une génération qui entend réconcilier travail et paternité». Réalisée auprès de pères, notamment chez Suez, PSA Peugeot-Citroen, Coca-Cola Entreprise, Saint-Gobain, Bain&Company, complétée par un sondage orchestré par LH2, l'étude met en lumière l'idée centrale suivante : les hommes investissent chaque jour davantage leur paternité. Et chemin faisant, ils transforment la relation au travail.
Deux pères cadres sur trois veulent une vie équilibrée, c'est à dire maintenir leur investissement professionnel sans pour autant sacrifier leur vie de famille. 60% des pères cadres interrogés ont pris leur congé paternité en totalité ou en partie. La moitié des pères cadres regrettent ne pas avoir assez de temps pour s’occuper de leurs enfants. 20% d'entre-eux se disent prêts (surtout en Ile-de-France) à quitter leur entreprise si cela leur permettait de mieux concilier sphère privée et professionnelle·
L'étude montre qu'en 2008, la génération de pères de 30 à 40 ans est surtout «équilibriste » (52%) ou « égalitaire » (33%), alors que les « pourvoyeurs de revenus » ne sont que 15% (voire les profils en détail, plus bas). Pour les deux premières catégories, construire une vie équilibrée relève d'une aspiration profonde, pas facile à mettre en œuvre au bureau. Ces deux groupes appellent de leurs vœux de véritables changements des mentalités et une mutation culturelle des entreprises… qui est longue à venir. "Ils ont toujours le sentiment de se heurter aux préjugés les enfermant dans leur rôle de managers, à la culture de l’implication totale rendue possible grâce aux outils high techs et au fait que les congés parentaux, temps partiels et autres respirations professionnelles sont encore trop souvent considérés comme tabous", met en lumière l'étude. Par ailleurs, ces «équilibristes » et ces « égalitaires », doivent aussi au quotidien négocier avec leur épouse, tout autant voire plus diplômées qu’eux, la répartition du temps dans le couple. Même si, in fine, les compromis professionnels sont le fait de l’épouse, surtout chez les cadres dirigeants.
Pères cadres : à quel profil vous identifiez-vous le plus ?
Le pourvoyeur de revenus : vous incarnez le père au sens traditionnel. Vous faites vivre votre famille au plan financier, et votre identité d’homme s’est construite via le travail et au détriment de la vie personnelle. A la maison, c’est votre épouse qui gère enfants, ménage, cuisine, et a souvent sacrifié sa propre carrière professionnelle. Vous assumez votre choix, et estimez que l’entreprise n’a pas à se mêler de votre vie personnelle.
L’équilibriste : vous êtes l’incarnation du père contemporain, de ce véritable funambule qui a la volonté (mais tant de mal au quotidien) à bien concilier travail et vie personnelle, sans tout faire exploser. Vous arbitrez entre vos deux pôles avec soin tout au long de vos journées.
L’égalitaire : pour vous, l’harmonieuse répartition entre vie professionnelle et personnelle est un principe de base, ancré bien profondément en vous et depuis longtemps. Une philosophie de vie, quoi. De même que la conviction qu’il est normal que votre épouse fasse carrière aussi et que vous passiez le balai et vous mettiez aux fourneaux. Vous êtes le partisan le plus fervent d’une politique égalitaire dans les entreprises, en fait d’une véritable mutation culturelle.








