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mars 2008 Archives

11 mars 2008

Savez-vous dire non?

Mathieu, la quarantaine, est ingénieur dans un grand groupe international. Passionné et consciencieux , il veille tard et ne compte plus les week ends passés devant l'ordinateur, au bureau. "Mon épouse et mes enfants commencent à râler sérieusement. Et j'ai craqué il y a un an : dépression, arrêt de 15 jours, médicaments et séances avec un psychiatre". Depuis, il a repris le travail, mais n'a plus la résistance d'avant. Le moindre incident prend d'emblée, dans sa tête, des proportions démesurées. "Mon problème est que je ne sais pas dire non", admet-il. Si sa direction lui propose un nouveau dossier, ou lui fait comprendre que cela dépannerait bien l'équipe s'il se chargeait de cette étude, impossible de refuser. Du coup, en surchauffe, "je rends mon travail en retard, voire avec des erreurs". Le cercle vicieux. Plus Mathieu se met en danger, plus il veut se rattraper. Dans cette course en avant, "je ne vois plus l'issue", confie-t-il.
Connaissez-vous ce type de situation? Et comment vous en êtes-vous sorti, le cas échéant?

Envie d'aller plus loin ? "Comment dire non. Savoir refuser sans offenser", William Ury (Seuil, 2007)

31 mars 2008

Choisir un coach sans se faire avoir

Face au choix d'un coach, "gare à ne pas tomber sur un charlatan!", lance Laurent Renard (*) consultant et titulaire d'un Ph D de psychologie pour lequel il a enquêté sur le coaching. Ses conseils pour éviter de se faire avoir.
"Attention au coach qui flatte votre ego, vous met à l'aise, vous enveloppe dans un cocon et ne vous dit que ce qui vous est agréable. C'est tellement plus facile, mais pas vraiment la clé de la réussite d'un travail efficace! Autre clé : choisir un coach qui connaît la réalité de l'entreprise, qui sache ce qu'est un bilan ou un compte de résultat, et qu'il ait lui-même travaillé dans le monde réel. Evaluer également si le coach semble, lui-même, bien dans ses baskets! Le cas est classique : on veut aider autrui à régler des problèmes que l'on a pas, pour sa part, le courage d'affronter. Côté tarifs, ne rien décider sans un benchmarking préalable et sans négocier! Avez-vous, vous-même, connu des péripéties avec un coach? N'hésitez pas à raconter votre expérience et à faire part de vos conseils pour effectuer le bon choix.

* Auteur de "Le guide des clubs, cercles et réseaux d'influence", (Les Echos Editions/Village Mondial, 2007)

20 mars 2008

Marcel Rufo : "les pères qui travaillent trop peuvent causer de gros dégâts chez leurs enfants"

"Je bosse comme un fou, mes trois enfants ne me voient pas beaucoup", me confie Thomas, 41 ans, cadre sup dans un groupe d'édition parisien, qui ne rentre jamais chez lui avant 22 heures. Les enfants souffrent-ils de l'absence répétée et fréquente de leur père, pour cause de "trop de boulot"? J'avais posé, il y a quelques temps, la question au pédopsychiatre Marcel Rufo. Voilà, en substance son avis et ses conseils :

"Oui, les parents qui travaillent trop peuvent causer  de gros dégâts chez l'enfant. A la question « Quels bons souvenirs as--tu de bons moments avec ton père ? », certains enfants me répondent : « Aucun. Il travaillait. » C'est rude, ce contact froid d'une vie passée à côté de quelqu'un qui réussit. Le temps perdu ne se rattrape pas : le stade des histoires le soir, des premiers sentiments amoureux, des premières révoltes contre l'autorité parentale..."

Il est cependant possible de compenser, en partie, cette absence de la maison, estime Marcel Rufo. Pour un enfant, vivre de bonnes relations avec ses parents ne dépend pas uniquement de la fréquence ou de la durée des moments passés avec eux. Il peut s'agir de moments forts : une promenade en forêt au cours de laquelle on a vu un cerf, une soirée d'été passée sous les étoiles. Pendant un voyage d'affaires, le parent peut envoyer une carte postale, un texto, un mail, rapporter un petit cadeau à chacun de ses enfants. Par ce petit geste, il leur dit : « Je dois faire mon travail, mais je ne t'oublie pas, je m'intéresse à toi. » Un enfant tire un fort sentiment de sécurité s'il sait que son père pense à lui, même s'il est absent physiquement.  Et pendant une réunion-fleuve, pourquoi ne pas décréter une pause "famille", et prendre quelques minutes pour appeler? Dire à un enfant : « J'ai quitté ma réunion pour te faire un petit coucou, comment vas-tu ? » lui envoie un signal d'intérêt et d'amour très clair.

C'est vrai que pour certains managers, mes propos vont sembler surréalistes, pourtant avoir un enfant, c'est tout aussi important que réussir sa carrière ou son entreprise, non? Enfin, quand le papa est à la maison, qu'il ne soit pas le nez dans ses dossiers ! Qu'il joue au ballon avec eux, leur cuisine ne serait-ce qu'un oeuf à la coque le matin. Qu'il fasse des trucs, des petits trucs ! Ce qui fonde le narcissisme, la bonne image de soi, c'est la préoccupation de l'autre vis-à-vis de soi".