Que celui qui comprend ce que prépare le gouvernement sur l'emploi des seniors le dise car il y a de quoi y perdre son latin. Récapitulatif des épisodes précédents.
Primo, Xavier Bertrand a indiqué que l'emploi des seniors serait la clé de l'acte II de la réforme des retraites et qu'un système de bonus-malus dans les entreprises ne lui déplairait pas. Ce à quoi Laurent Wauquiez répond qu'il préférerait mettre l'accent sur la récompense des bonnes pratiques de gestion des âges dans les entreprises via un "label" et développer une incitation financière à la poursuite de l'activité. Pour ceux qui seraient perdus, je précise que Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez sont tous deux membres du gouvernement et co-responsables de l'emploi des seniors.
Deuzio, la CFDT -partenaire indispensable de toute réforme des retraites- prévient qu'elle n'acceptera une augmentation à 41 ans de la durée de cotisations qu'à partir du moment où le taux d'emploi des +55 ans franchira un certain seuil (42% par exemple, contre 38% aujourd'hui). Pour le Medef, la première mesure pour faire rester les seniors dans l'entreprise serait de reculer d'un an l'âge de départ en retraite puis d'aménager les fins de carrière en tenant compte de la pénibilité au travail. Ce à quoi le gouvernement répond -à juste titre- qu'il faudrait déjà que les entreprises commencent par garder leurs salariés jusqu'à 60 ans -l'âge moyen de cessation d'activité est de 58,5 ans- et que le patronat conclut enfin la négociation sur la pénibilité au travail entamée en 2005.
Tertio, des fuites dans la presse indiquent hier et aujourd'hui que le gouvernement souhaiterait maintenant imposer des quotas de vieux aux entreprises. Ce que rejette le patronat, ne réclament pas les syndicats et dément... Xavier Bertrand. Incompréhensible. Le ministre du Travail, qui doit présenter ses propositions le 28 avril aux partenaires sociaux, travaille sur l'amélioration de l'employabilité des seniors, comme la libéralisation du cumul emploi-retraite après 60 ans. De quoi faire une belle jambe à la grande majorité des salariés qui, comme le dit si bien le gouvernement au Medef, cessent leur activité à 58,5 ans.
Vivement lundi !










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