Oui au RSA !

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J'ai animé ce matin le premier "Face-à-Face de L'Expansion", monté en partenariat avec l'agence de communication Euro RSCG C&O, et dont le principe est de mettre pendant une heure autour d'une même table un décideur politique qui conduit une réforme sociale et des cadres d'entreprises. En petit comité, sans filet et OFF the records, comme on dit dans la presse. Le premier invité de ce nouvel événement d'influence était... Martin Hirsch, le haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Sans défleurer le fond de la discussion (c'était OFF), je voudrai partager avec vous 3 chiffres qui démontrent, selon moi, l'utilité du RSA.

1) 34% des bénéficiaires du RSA qui ont retrouvé un emploi dans les départements qui expérimentent cette nouvelle prestation sociale étaient au RMI depuis... plus de 4 ans. Preuve, s'il en fallait une, que le RSA ne vise pas que le haut du "stock" des Rmistes (les plus employables) si vous me passez l'expression, et qu'il peut avoir une vraie fonction d'insertion même pour ceux qui sont très éloignés du marché du travail.

2) 1% des fonds de la Prime pour l'emploi (4,2 milliards d'euros au total pour près de 8,9 millions de personnes) vont... aux 10% des ménages les plus riches en France. Soit 45 millions destinés au décile le plus favorisé. Pis, 8% de la PPE (près de 400 millions) vont au tiers de la population ayant les revenus les plus élevés. On fait mieux comme "redistribution sociale"... Une redéfinition et un meilleur ciblage de la PPE, notamment pour financer une partie du surcoût du RSA, sont donc justifés et l'argument de dire qu'en tirant sur la PPE on prend aux pauvres pour donner aux plus pauvres est quelque peu fallacieux.

3) Sur les 50 000 et quelque Rmistes recensés à Paris, 10 000 sont... artistes. Soit 1 sur 5. Au-delà de ce chiffre ahurissant, ce qui est "drôle", c'est qu'il n'y avait jusqu'à peu qu'une seule personne à la mairie pour gérer leur parcours d'insertion. 1 seul agent pour 10 000 allocataires. Tout est dit.

Juste une remarque, pour conclure. On le sait, un tiers des 1,2 millions de RMistes sont inscrits à l'ANPE. Et on sait pourquoi : s'ils étaient obligés de le faire, ils gonfleraient les statistiques du chômage. Mais savez-vous que rien n'empêche aujourd'hui un conseil général de lier sur son territoire l'attribution du RMI à l'inscription à l'ANPE ? Rien, si ce n'est une décision politique. Et pourtant, pas un président de département (de droite comme de gauche) ne l'a décidé. Je vous laisse deviner pourquoi !

Photo : Jérôme Chatin, pour L'Expansion.

Ajout du 03/07 : Le haut commissariat a rendu public hier les "faits marquants" des premiers mois d'expérimentation du RSA dans 34 départements. En voici les principaux points.

  • 42% des bénéficiaires ont plus de 40 ans, 34% entre 30 et 39 ans. 60% sont des femmes.
  • La moitié des bénéficiaires sont seuls et un sur 5 est au RMI depuis moins d'un an.
  • 12 500 familles ont vu leur revenu augmenter grâce au RSA.
  • Dans les zones expérimentales, le taux de retour à l'emploi est de plus de 25% par rapport aux zones témoins. Sur les 1000 premiers contrats signés, 28% sont durables (CDD de +6mois et CDI), 30% en contrat aidé, 26% en CDD de -6 mois... Les deux tiers sont dans le secteur marchand.
  • Dans l'Eure, le premier département à s'être lancé dans les expérimentations (juin 2007), on comptait fin mai 239 allocataires du RSA sur une zone cible de plus de 1500 Rmistes. Le montant moyen de l'incitation financière, stable d'un mois sur l'autre, était de 256 euros.

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4 commentaires

Sur le dernier point, c'est bien évidemment cousu de fil blanc ...

Peut-être les politiques sociales changeront dans ce pays quand on raisonnera en terme de "taux d'emploi" et non plus en "taux de chômage".

Le taux de chômage, ça induit des calculs qui visent à exclure le maximum, pour faire baisser ce foutu taux. De plus, diminuer le taux de chômage revient à fixer des objectifs négatifs, ce qui n'est jamais bon ni motivant.

Le taux d'emploi, ça oblige au contraire à inclure le plus grand nombre, si on a l'honnêteté politique au démarrage de prendre comme base toutes les personnes en âge d'avoir une activité.

Le rapport Boulanger sur la fusion ANPE / Assedic remis à C. Lagarde il y a 1 mois détaille bien cette subtilité pleine de (bon) sens.

PS : les "vrais" RMIstes (pas ceux qui abusent du système où qui ont oublié ce que voulait dire le "I" pour ne garder que le "RM"), ceux là sont aussi des artistes pour arriver à vivre avec 448€ par mois.

Quelle hypocrisie d'annoncer triomphant des chiffres en baisse sur le chomage !Décidement les hommes politiques .....

Le RSA est peut être une solution pour ramener vers le travail ceux qui en sont éloignés. Certains devant être accompagnés socialement en raison de leur détresse autant financière que familiale ou en matière de santé, d'autres n'ayant besoin que d'un petit "coup de pouce" pour redémarrer dans la vie professionnelle. Il faut donc utiliser cette solution pour aider un max de personnes. Par contre, on les aide pendant combien de temps ? A quelle hauteur ? Est-ce cumulable avec d'autres prestations sociales ? Parce que la différence avec ceux qui bossent à temps plein au smic est un peu mince. Evitons donc de créer de nouvelles inégalités.

En réponse à Rodrigue : il n'y a pas de réponses définitives aux questions que vous posez. Une réunion de conciliation est prévue le 9 juillet pour mettre d'accord tous les acteurs autour de la table et ainsi mieux ficeler le projet de loi portant création et généralisation du RSA pour cet automne.
Cela dit, en l'état actuel des choses :
- combien de temps ? Certains pronent pendant 3 ans, d'autre à vie. Le COE a proposé un RSA à 2 étages où le 1er niveau serait alloué à vie et le 2nd lié à la période de reprise d'un emploi.
-A quelle hauteur ? Là encore, il y a débat. Les uns veulent pousser juste au-delà du Smic et les autres s'arrêter juste en-dessous. Rien n'est tranché sur cette question dont la réponse sera plus liée à des considérations budgétaires que de justice sociale.
-Cumulable avec d'autres prestations sociales ? Oui et non. Le RSA est censé de substituer à un tas de prestations sociales ou du moins simplifier leur fonctionnement. Mais il appelle aussi à la réforme d'autres comme les aides au logement par exemple.

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Les questions sociales, en constante évolution, sont complexes et difficiles à décrypter pour un non-initié. Et pourtant le social, comme l’économie, est au cœur de tout : de la vie des entreprises, des relations politiques, du dialogue syndicats/patronat, de la mondialisation, du quotidien des gens. Bref, au cœur de la vie.

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  • tOM a commenté sur Oui au RSA !: Sur le dernier point, c'est bien évidemment cousu de fil blanc ... Peut-être les politiques sociales changeront dans ce pays quand on raisonnera en terme...

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