"La France change beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le voit. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit."
Par cette sortie samedi dernier lors de la convention nationale UMP dédiée à l'Europe, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois provoqué la colère des responsables syndicaux et politiques de gauche qui l'accusent en écho cette fois-ci de piétiner le droit de grève et de le mettre du coup tous en garde contre des lendemains qui déchantent. On peut interpréter ce nouvel épisode des relations compliquées entre les syndicats et le président de la République de deux façons.
Primo, en vérifiant les propos du chef de l'Etat. Et constater qu'il a en partie raison, la verve et la provocation en moins. La loi sur le service minimum dans les transports publics terrestres a amélioré les conditions de transport les jours de grève. C'est indéniable. A la SNCF, lors du dépôt du dernier préavis national, sept syndicats se sont assis à la table des négociations et trois ont in fine appelé à cesser le travail, ne provoquant pas ainsi la paralysie du réseau que l'on a pu connaitre par le passé. Personne ne s'en est donc aperçu ou presque... sauf à Marseille, une nouvelle fois totalement bloquée. En tout cas, il y a du mieux et c'est en ce sens qu'il faut, selon moi, interpréter les propos de Nicolas Sarkozy.
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Deuzio, en remarquant que les syndicats sont plus prompts à réagir aux déclarations du président de la République sur une nouvelle remise en cause de leur efficacité qu'à défendre les 35 heures actuellement vidées de leur substance au Parlement. Je l'ai indiqué dans mon précédent post mais je trouve ahurissant le silence syndical sur cette question de la négociation du temps de travail effectif au niveau de l'entreprise. Qu'ils aient raison ou tort, ils semblent avoir capitulé et réagir dorénavant plus pour défendre leur honneur blessé que celui des salariés. Il est quand même paradoxal que la contestation sur les 35h soit laissée... au Medef.
Alors Nicolas Sarkozy a-t-il eu raison de provoquer les syndicats ? Evidemment non. Mieux vaut un dialogue social apaisé pour mener les réformes difficiles et il n'est jamais bon de mettre de l'huile sur le feu. Mais la responsabilité du camp en face est aussi de ne pas rester scotché aux mots et de voir plus loin que le bout de son nez. Au moins le chef de l'Etat a-t-il réaffirmé son autorité dans son propre camp et revigoré ses troupes déboussolées par les cadeaux faits ces derniers mois aux syndicats. Pour eux c'est clair, avec Nicolas ce n'est pas la rue qui gouverne...
Photos : Jérôme Chatin, pour L'Expansion, prises lors des "Premières rencontres du social" organisées par l'AJIS le 18 septembre 2007.









J'y vois surtout les provocations puériles d'un sale môme qui s'apprête à partir deux jours au Japon et qui ne supporte pas l'idée de ne plus faire la Une de l'actualité ne serait-ce que 48 heures. Pathétique.
Quant au silence des syndicats (dont les efforts en matière de dialogue social ont été purement et simplement piétiniés), il est effectivement assourdissant. Mais je reste convaincue que cette trahison est une erreur politique majeure que Sarko et Bertrand paieront au prix fort. Enfin, j'espère...
sarkozy parlait ou pensait au service public bien évidement , service qui autrefois paralysait et prenait en otage la population , les habitants , les parents les travailleurs , etc......
et ce au moindre problème , il fut un temps ou le droit de grève pour certains était devenu une obligation de faire grève pour d'autres y compris pour ceux qui ne le voulaient pas ...ou ne le pouvaient pas .
maintenant comme d'habitude il n'a pas eu la retenue due a son poste , il parle en effet comme si il était dans son comité d'entreprise ou a un mariage , et ça il faut qu'il y travaille car ça lui jouera des tours , il est le président ..... il représente la France et l'Europe aussi en ce moment , il n'est plus en campagne , le poste , la fonction il l'a , il faut qu'il rentre dans le personnage et , il n'est plus monsieur tout le monde ...et ce dans ses paroles et ses actes .
De quel "cado faits par Sarko ces derniers mois aux syndicats" parlez-vous Mr Landré ??? Pasque franchement, moi, j'ai beau lire les journaux, j'ai plutôt l'impression qu'ils avalent couleuvre sur couleuvre!
Et oui, la France est un pays de râleurs (ce que notre superprésident ne manque pas de rappeler à chaque occas à ses homologues étrangers). Mais bizarre bizarre, d'années en années, le nombre de jours de grève diminue. Dans le privé certes. Mais aussi dans le public. Ah ces Français, trop durs à comprendre pour notre chef à tous!
Encore une fois, il a du improviser et a dérapé. Sur le fond il a peut être raison mais 2 petits éléments à rappeler au Président:
1 - ses dérapages, les autres sont obligés de les gérer ensuite ! Alors, à un moment donné il faudrait qu'il prenne un peu de hauteur, même devant ses militants politiques. Il est le Président.
2 - peut être que lui il a l'impression qu'on ne se rend plus compte des grèves mais les voyageurs des transports en commun: ligne du RER A ou ligne 13 par exemple, ils s'en rendent compte tous les jours !
Descendez dans le métro, M. le Président !
A Montpellier il y a greve des 2 lignes de TRAM tous les Samedi depuis le 01/07 jusqu'au 31/08 et je vous assure que nous nous en aperçevons mais Mr
SARKOSY est probablement mal informé.
Le raisonnement proposé mériterait d'être approfondi monsieur Landré. Oui, je t'appelle Monsieur. La loi sur le service minimum aurait en partie donné raison au président de la république, car elle permettrait de diminuer les désagréments occasionnés habituellement par la grève, donnant ainsi un fondement à ses propos.
Il me semble pourtant qu'il faudra attendre encore quelques temps pour connaître les effets réels de cette loi. Le temps nécessaire à une sérieuse et complète évaluation. Il conviendra alors de prendre en compte tous les facteurs de causalité... Pour l'heure, cela tient un peu du syllogisme...ou c'est un peu tôt.
Quant à la satisfaction du "mieux" que l'on peut y déceler, je remarque que le discours sur la grève est toujours emprunt d'affects et d'idéologie, même chez mon auteur préféré. Le vocabulaire employé en témoigne assez justement. Pour l'heure, je ne vois aucune raison de se réjouir de la diminution des désagréments de la grève, si cette diminution a pour seule cause la contrainte légale du service minimum. Il serait bien plus réjouissant que le recours à la grève diminue sous l'effet du dialogue social, de la négociation collective (la grève, contrairement à ce que certains commentaires laissent entendre, n'est pas une partie de plaisir, s'accompagne généralement de perte de revenu, prend souvent pour cadre une menace pour l'emploi,... et pique les yeux, souvent). Où l'on rejoint le deuzio. Comment les syndicats pourraient-ils agir autrement. D'un côté Xavier Bertrand en appelle à la responsabilité et à la négociation, de l'autre le président de la République interpelle directement par une provocation gratuite de plus, le tout à la veille des congés d'été, alors que les députés votent l'enterrement de 3ème classe des 35h ? De quoi devenir schyzophrène non ?
Bref, il y a là des contradictions fortes entre gouvernement et président, sans doute maîtrisées plus qu'il n'y paraît.
Mais je rejoints votre conclusion : mieux vaut un dialogue social apaisé !
PS : Quant à Marseille, "une nouvelle fois complètement bloquée", j'y vis, y circule librement (mais plutôt mal, c'est vrai, mais pour de toutes autres raisons). Je ne me sens pas "otage" de la "galère"...
cher Raphaël je vous cite : ". ...Pour l'heure, je ne vois aucune raison de se réjouir de la diminution des désagréments de la grève..."....???? il n'est pas question de se "réjouir " mais si diminution des désagréments il y a , et bien tant mieux !!!!!!
et je crois que c'est plutôt votre discours qui est"... emprunt d'affects et d'idéologie... " notamment en ce qui concerne le service minimum .
de plus il est normal d'avoir une perte de revenu pendant la grève puisqu'on .........ne travaille pas .....!!!!
et ce n'est pas toujours une menace pour l'emploi le patron directeur des grèves !!!
En réponse à Raphaël : il est clair qu'il est trop tôt pour tirer des enseignements globaux et définitifs sur le service minimum, d'autant que le nombre de conflits sociaux en France est en baisse (tendancielle) depuis plusieurs années, y compris dans les transports. Mais on peut tout de même constater que le service minimim, en encadrant plus les modalités de la grève -et non en restreignant le droit-, en limite indéniablement le recours, pousse à un dialogue social préventif que vous appelez de vos voeux et permet un meilleur redéploiement des effectifs le jour du conflit. C'est pour ce qu'il implique, et notamment dans la réassurance de fermeté du non-paiement des jours de grève, qu'il est efficace et causant moins de désagréments pour les usagers.
Cela dit, tant le discours sur la grève que celui sur le droit de grève sont "emprunts d'affects et d'idéologie". C'est la règle et même surtout depuis un an où les questions sociales sont revenues au coeur de l'actualité politique et où la seule opposition au gouvernement, le seul contre-pouvoir qui existe, vient des syndicats et non de la gauche (Olivier Besancenot mis à part). C'est pourquoi, avec affect et idéologie, en tant que client (et non usager) des transports en commun parisiens au quotidien, je me réjouis de la diminution des désagréments de la grève. RATP ne signifie plus aujourd'hui "Rentre Avec Tes Pieds" et c'est tant mieux.
Quant au jeu de rôle entre gouvernement, président de la République, majorité et syndicats sur les 35 heures, je me suis déjà exprimé dans des posts précédents sur le fond et sur la forme de la réforme en cours. J'y reviendrai probablement d'ailleurs. Si je suis d'accord sur le fond je suis sceptique sur la forme en pensant que l'on aurait pu arriver à un résultat quasi-identique (mais moins politique, c'est vrai) en obligeant les partenaires sociaux à revoir leur copie et en leur laissant 3 mois de plus pour dépasser l'article 17 de la position commune. Le choix fait était politique, pas technique et encore moins soucieux d'efficacité. On ne peut que le regretter mais la politique, en France, est ainsi faite...
Les syndicats n'ont pas encore évolué sur leurs : propositions, représentativités, motifs de revendication....
Les politiques - de gauche et de droite -
1/ se moquent des difficultés des français,
2/ cumulent les mandats,
3/ s'octroient des privilèges : régime de retraite, voitures/ appartements de fonction...
4/ gaspillent et font des dépenses inutiles (voir les rapports de la Cour des Comptes et la revue « Capital » de juillet).
Alors, réagissons et signons la pétition de:http://www.oeuvrer.org
Bonjour,
Merci Marc pour ce suivi détaillé. Cqfd... en partie en tout cas.
Petite précision quant à mon post précédent. Bien entendu, mon discours est emprunt d'affects et d'idéologie. Je le revendique, ne l'ai jamais dénié. Je crois aux vertus du service public, (peut être pour avoir vécu deux ans au Japon, entre autre) je crois aux vertus du droit syndical, du droit de grève et du droit en général... Il me semble donc que le reproche qui m'est adressé est invalidé.
Il me semble en revanche qu'il conviendrait d'être aussi critique vis à vis des discours tenu dans les mass média par les réformistes de service, qui en appellent toujours à la raison, à l'évidence, à l'arithmétique,... et paraissent oublieux de leur propre influence idéologique.
Pour précision, ma citation exacte : "pour l'heure, je ne vois aucune raison de se réjouir de la diminution des désagréments de la grève, si cette diminution a pour seule cause la contrainte légale du service minimum". Je le réaffirme donc : je ne trouve aucune satisfaction à voir reculer un acte de grève si ce n'est pas en contrepartie d'une avancée sociale pour ses auteurs, et tout particulièrement s'il ne cesse que sous la contrainte.
Mais j'arrête là sur le sujet. Je crains trop de voir se multiplier les points d'exclamations dans les posts... Et cet espace de dialogue est bien trop précieux...
ce n'est pas grave Raphaël , faute avouée est a moitié pardonnée , nous sommes bien d'accord , votre discours est bien emprunt d'affects et d'idéologie .