Bien que je doute que ce soient les meilleurs passages du livre d'entretien de François Chérèque* dont L'Express publie cette semaine les bonnes feuilles, on apprend beaucoup sur la stratégie de séduction-répulsion et les relations contrariées de Nicolas Sarkozy avec les leaders syndicaux.
Avec le SG de la CFDT, centrale la plus réformiste sur l'équichier, le chef de l'Etat est égal à lui-même. Caméléon, rarement là où on l'attend. Nicolas Sarkozy tente tantôt de le séduire en le flattant et lui promettant qu'ils vont à eux deux réformer la France ; tantôt de le faire plier en lui proposant un marché qu'une centrale concurrente acceptera si lui fait l'autruche ; tant de jouer l'épreuve de force sur le refrain "la rue ne m'arrêtera pas et vous ressortirez de tout conflit ridiculisé".
Mais là où le président de la République est le plus désarçonnant, même avec un solide gaillard et ancien rugbyman comme François Chérèque, c'est sa faculté de passer d'une phrase à l'autre de la gentillesse à l'avertissement, de la confidence au ballon d'essai, de la proposition à la menace, de la compréhension à l'opposition, du chaud au froid.
Avec, il faut l'avouer depuis un an, un certain succès (du point de vue stratégique). Jamais les questions sociales n'ont été autant au coeur de l'actualité, jamais les partenaires sociaux (le plus souvent malgré eux et dans un timing d'enfer) n'ont été autant associés aux réformes en cours et surtout rarement les syndicats n'ont semblé aussi divisé sur la réponse à apporter. La seule question qui vaille, en fait, c'est jusqu'à quand ?
* "Si on me cherche...", entretien de François Chérèque avec Carole Barjon (journaliste au Nouvel Observateur), Editions Albin Michel, 308 pages, 19 euros. A paraitre le 3 septembre.









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