Chaque année, les experts pronostiquent une rentrée sociale mouvementée. 2008 ne déroge pas à la règle. Pour plusieurs raisons.
- La nouvelle réforme des 35 heures, votée cet été, a laissé des traces et les relations entre partenaires sociaux et gouvernement sont loin d'être au beau fixe. La définition (imposée) de l'offre raisonnable d'emploi n'a rien arrangé. Certains attendent donc avec impatience la fin de la trève estivale pour ré-ouvrir les hostilités.
- Le 3 décembre auront lieu les élections prud'homales, les dernières avant l'application des nouveaux critères de représentativité. La campagne, qui doit s'ouvrir en septembre, fera sans nul doute l'objet d'une surenchère sociale.
- Les grandes manoeuvres entre centrales ont commencé (la CFE-CGC et l'Unsa ; FO et la CFTC...) et nul n'est en mesure de dire quel sera l'issue de la recomposition annoncée. Or qui dit incertitude dit tensions. Et qui dit tensions dit grogne.
- La renégociation de la convention d'assurance-chômage, le gros dossier de la rentrée, ne pouvait pas plus mal commencer. Les partenaires sociaux sont d'une part remontés contre l'injonction de François Fillon de baisser les cotisations chômage pour augmenter celles de retraite, préférant utiliser les excédents de l'Unédic pour mieux indemniser les chômeurs. Les mauvaises nouvelles sur le front de l'emploi (en baisse au 2ème trimestre 2008) les poussent d'autre part à ne pas dilapider les excédents de l'Unédic alors que le trou à combler est encore de 9 milliards d'euros.
- Il n'y a pas que l'emploi qui dérouille, tous les indicateurs sont passés au rouge : croissance en berne, consommation atone, pouvoir d'achat bloqué, investissements des entreprises en repli... et la confiance des Français (en l'avenir) n'a jamais été aussi morose. D'aucuns prévoient déjà une légère remontée du chômage et un tassement des heures sup d'ici la fin de l'année. Un terreau idéal pour faire germer les frustrations en tout genre et laisser libre court aux revendications les plus folles.
Seule (maigre ?) consolation pour le gouvernement : l'absence totale d'opposition, le PS étant englué dans ses histoires de guerre des chefs dans le cadre de la préparation de son congrès du renouveau et Olivier Besancenot tenant à peu près le même discours alarmiste qu'elle que soit la météo sociale. Bonne rentrée à tous.









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