Evelyne Collomp a encore frappé. Le 18 juin dernier, la présidente de la chambre sociale de la Cour de cassation a rendu un arrêt (n°1185) aux effets dévastateurs. La digne héritière du doyen Philippe Waquet devait indiquer si un salarié peut vérifier que le calcul de sa rémunération a bien été effectué selon les modalités prévues par son contrat de travail.
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Le dossier ? Deux VRP de la société Corporate Express SA, rémunérés sur la base de commissions calculées d'après leur contrat de travail selon un pourcentage du chiffre d'affaires qu'elles réalisaient, avaient attaqué leur employeur car il refusait de communiquer ses bases de calcul. Condamné, il s'est pourvu en cassation en soutenant que la divulgation de ces informations pourrait porter atteinte aux intérêts de son entreprise.
Evelyne Collomp l'a débouté au prétexte "que le salarié doit pouvoir vérifier que le calcul de sa rémunération a été effectué conformément aux modalités prévues par le contrat de travail." Pour le professeur Ridha Ben Hamza, codirecteur du Master II Juristes de droit social de l'Université Paris 1, "cette décision peut s'appliquer pour toute rémunération basée sur une partie fixe, le salaire, et une partie variable sur objectifs. Mais la rémunération peut aussi être composée de primes ou bonus versés discrétionnairement, ou non, par l'employeur."
Bref, une vraie bombe en perspective ! Car les entreprises pourraient donc devoir communiquer aux salariés, pourquoi pas via leur CE, les données ayant servies de base à la détermination de leur rémunération si elles ne veulent pas voir d'éventuelles inégalités de traitement entre salariés révélées. Amis DRH, je vous souhaite bien du courage !









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