L'EDHEC vient de publier une étude intéressante intitulée "que peut-on attendre de l'augmentation de l'âge de départ en retraite ?". On y apprend que le recul d'un an de l'âge de départ en retraite aurait un impact très significatif sur le taux d'emploi des seniors : de 9 points pour les 55-59 ans et de 8 points pour les 60-64 ans. Il permettrait ainsi de parcourir les 3/4 du chemin pour atteindre un taux de 50% en 2010 (objectif affiché il y a deux ans). Pour mémoire, le taux d'emploi des 55-64 ans était de 38.3% en 2007 (55.5% pour les 55-59 ans et 15.7% pour les 60-64 ans).
Arnaud Chéron part du principe suivant : tout recul de l'âge du départ en retraite modifie l'horizon des seniors qui sont incités à rester plus longtemps en activité et celui des entreprises qui sont incitées à les garder plus longtemps. A la nuance près : "du point de vue de l'entreprise, augmenter d'un an l'horizon de vie d'un travailleur de 57 ans a plus de valeur s'il est déjà en place que s'il est nouvellement embauché." Question de productivité, croissante avec l'ancienneté. Le recul de l'âge de départ en retraite réduirait donc de moitié la probabilité de sortie de l'emploi des 55-59 ans (aujourd'hui 3 fois plus élevée que pour les 25-49 ans), sans augmenter celle de reprise (déjà 10 fois plus basse que pour les 25-49 ans).
Conclusion : une telle mesure -réclamée par le Medef depuis longtemps- bénéficierait à court terme quasi-essentiellement aux seniors encore en activité, mais quasiment pas à ceux déjà sur le carreau. Le gouvernement refuse cette option depuis six ans maintenant, préférant jouer sur la durée de cotisation et au prétexte qu'il faudrait déjà que l'âge de cessation d'activité (58.5 ans aujourd'hui) coincide avec l'âge légal de départ (60 ans). Un argument fallacieux puisqu'il existe partout en Europe un décalage de plusieurs mois, voire même de plus d'un an, entre les deux. Ceci dit, Xavier Bertrand a pris acte de la demande du Medef et l'a mise à l'ordre du jour des discussions en... 2010.
Dernier point : toute cette étude repose sur l'hypothèse de responsabilité des entreprises qui intégreraient enfin la question de l'âge dans leur management et deviendraient responsables. Ce qui, au vu de leurs pratiques ces dernières années, demeure une hypothèse non vérifiée dans les faits.
Illustration : L'Expansion.









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