Une décision de la cour de cassation du 9 novembre 2010 constitue une avancée considérable qui va permettre de lutter contre la corruption dans les pays du Sud, laquelle constitue une entrave à un vrai développement économique.
Pour la première fois, la plus haute juridiction française a déclaré recevable la plainte déposée par une organisation non gouvernementale (ONG) – Transparency International France – contre des chefs d’Etat africains et leur famille pour recel de détournement de fonds publics. L’ONG leur reproche d’avoir de nombreux actifs en France qui sont le produit de la captation des richesses de leur pays. Une information judiciaire va être ouverte pour enquêter sur les faits dénoncés et des mesures coercitives pourront être prises.
Depuis une dizaine d’années, tout un corpus d’instruments juridiques destinés à combattre la corruption a été adopté au niveau international et retranscrits dans le droit français. Ainsi, la convention de l’OCDE de 1997, la convention du Conseil de l’Europe sur la corruption de 1999, les directives européennes successives sur la prévention du blanchiment , la convention des Nations-unis contre la corruption adoptée en 2003.
Les Etats signataires de cette dernière rappellaient, dans son préambule, » que l’acquisition illicite de richesses personnelles peut être particulièrement préjudiciable aux institutions démocratiques, aux économies nationales et à l’état de droit » et annonçaient leur résolution » à prévenir, détecter et décourager de façon efficace les transferts internationaux d’avoirs illicitement acquis et à renforcer la coopération internationale dans le recouvrement d’avoirs ».
En effet, dans ce type d’affaires, les motifs diplomatiques interdisaient une action du Procureur, et les victimes ou associations étaient déclarées irrecevables à agir pour une raison juridique : l’absence de préjudice direct et personnel. C’est ce verrou juridique que fait sauter la cour de cassation par sa décision. Elle a jugé que les faits dénoncés sont de nature à causer à l’ONG un préjudice direct et personnel en raison de la spécificité de son but et de son objet.
C’est une étape historique sur le chemin de l’édification d’un ordre mondial fondé sur le droit.








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