Archives octobre 2010

Neuroéconomie de Christian Schmidt

Christian Schmidt, professeur à l’université Paris-Dauphine, a récemment reçu le 1er prix du risque décerné par la Fédération Française des Sociétés d’Assurance pour un ouvrage sur la Neuroéconomie. Dans ce livre, Schmidt considère que la neurobiologie apporte une vision nouvelle en complément de la théorie économique des choix rationnels qui continue de distinguer les choix en univers certain et les choix en incertitude. En effet dans la neurobiologie « le schéma dominant n’est pas le calcul, mais plutôt l’attente qui, mobilisant l’intention du sujet, va orienter son choix; d’où l’importance des notions de « récompense » et de « pénalité ». » Donc le risque découlerait directement de « l’anticipation de la récompense attendue par le décideur et des corrections qu’il effectue sur cette anticipation, en utilisant des informations recueillies sur l’environnement incertain dans lequel il opère. » Schmidt insiste sur l’importance du contexte et de la faculté d’anticipation du sujet, il cite en particulier l’économiste Schackle qui distingue les événements « contre attendus » et les événements « inattendus ». Dans le premier cas l’événement est pris en compte par le décideur et un degré de « surprise potentielle » peut y être associé, alors que dans le second cas « une contingence a complètement échappé à son attention, parce qu’elle ne lui est jamais venue à l’esprit et n’a donc donné lieu à aucune espèce d’hypothèses de sa part ». L’ouvrage argumente aussi du fait que le cerveau révèle le plus souvent une très forte aversion aux situations ambiguës. Dans un article du Monde, Christian Schmidt précisait sur un plan plus opérationnel que « de telles situations, sur lesquelles on dispose d’informations contradictoires, sont de plus en plus fréquentes sur les marchés financiers, en raison directe de l’augmentation continue du nombre des informations reçues et traitées. Il est démontré alors que les agents se trouvent souvent conduits à prendre, sans s’en rendre compte, beaucoup plus de risques, avec toutes les conséquences qu’ils entraînent, pour fuir précisément cette ambiguïté qu’ils redoutent. Enfin, la prise de risque n’étant jamais affectivement neutre, c’est moins souvent la crainte directe d’une perte que l’appréhension d’avoir fait un mauvais choix qui peut expliquer certains comportements fallacieusement imputés à une aversion au risque. Il s’agit plutôt alors d’une aversion au regret qui peut rendre compte de certaines frilosités inexpliquées. » Les amateurs de neurologie appliquée aux sciences sociales trouveront dans ce livre matière à de nombreuses réflexions stimulantes. Quant aux nombreux esprits sceptiques sur une telle approche, ils resteront sans doute peu réceptifs aux propos défricheurs de l’auteur.

Neuroéconomie : Comment les neurosciences transforment l’analyse économique de Christian Schmidt, Odile Jacob, 321 p., 30 euros

 

   

A l’occasion de la FIAC et du salon Chic Art Fair, risk05 vous présente une sélection – subjective – d’artistes connus ou émergents présentés lors de ces événements qui évoquent, d’une certaine manière, le concept de risque.

Crédits (droits réservés) : Visuel 1 : Ivan Navarro, No dunking (red), 2007, galerie Daniel Templon; Visuel 2 : Klara Kristalova, Bad news stoneware, 2007, galerie Emmanuel Perrotin; Visuel 3 : Rune Guneriussen, Untitled havoc, 2008, edition of 5+1, galerie Mélanie Rio; Visuel 4 : Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Last Manoeuvres in the Dark, 2008, Galerie Loevenbruck;

Visuel 5 : Evor, Absorbeurs d’idées noires, 2000, galerie Mélanie Rio; Visuel 6 : Cris Brodahl, Dogmatics, 2009, galerie Xavier Hufkens; Visuel 7 : Rune Guneriussen, Evolution # 05, 2005, edition of 5+1, galerie Mélanie Rio; Visuel 8 : Koka Ramishvili, Coffee, 2009, galerie Mitterrand + Sanz; Visuel 9 : Adel Abdessemed, Séparation, 2006, galerie David Zwirner; Visuel 10 : Gérard Garouste, Dérive, 2010, galerie Daniel Templon.

Le festival Pariscience, jeune et sympathique événement spécialisé dans le film scientifique dirigé par Jean-Pierre Gibrat et Vincent Lamy, vient de remettre ses prix. Parmi les documentaires primés on peut relever le film Quants, les alchimistes de Wall Street de la néerlandaise Marije Meerman qui aborde l’épineux problème de l’utilisation des mathématiques dans les risques financiers. Ce documentaire démontre comment les Quants, programmeurs et concepteurs de produits financiers sophistiqués, ont augmenté les risques systémiques en cherchant à quantifier de manière illusoire les comportements de l’homo oeconomicus. Cette histoire d’avidité, de peur et d’aléatoire tournée au coeur de Wall Street impressionne par la qualité de ses intervenants et sa mise en scène élégante. Le chercheur britannique Paul Wilmott décrit ainsi un système où les hedge funds externalisent toutes formes de risques aux clients et où le High Frequency Trading pose le problème de la vitesse dans des prises de décisions qui semblent de plus en plus délicates à maîtriser. A l’issu du documentaire, les réalisateurs du film ont insisté sur la difficulté à obtenir des témoignages d’acteurs en activité au sein du monde financier car ce sont des chercheurs ou d’anciens salariés du secteur qui s’exprimaient le plus ouvertement sur le sujet. Courageusement présent lors du débat, Christophe Michel, IRD Quant Manager au Crédit Agricole, insista au contraire sur la dimension « réductrice de risques » des mathématiques financières. Mais les questions pertinentes du public sur la crise financière ont pour le moins fragilisé une rhétorique bien rodée mais dont le « retour de la réalité » mettait en relief la vacuité…

Un second documentaire présenté lors du festival Les Océans du plastique a démontré  la présence croissante et scientifiquement prouvée de produits chimiques dans les océans dont on commence à découvrir les effets sur les animaux et les hommes. Selon l’IFREMER, les océans auraient environ 3 milliards de déchets et les grands fonds marins seraient en partie contaminés pour quelques centaines d’années. Ce documentaire rigoureux et bien documenté bénéficie des témoignages de nombreux chercheurs qui précisent les risques en question avec notamment le défi du recyclage (5% du plastique mondial serait recyclé, en partie dans des pays émergents comme l’Inde). Certains travaux n’incitent guère à l’optimisme : des élements chimiques relevés lors de biopsies effectuées par la WWF sur des baleines en Méditerranée ou la contamination de plages avec des petits fragments de plastiques analysés par le chercheur Richard Thompson de l’université de Plymouth laissent supposer que nos environnements sont déjà contaminés de manière peu visible. Si le phénomène des vortex a été médiatisé dès la fin des années 90 avec des dizaines de milliers de déchets flottant à la surface du Pacifique, aucune étude épidémiologique n’existe toujours en France sur le phénomène des phtalates.Les analyses de la scientifique Shanna Swann de l’université de Rochester ont toutefois démontré que cette pollution environnementale aurait pour effet de diminuer le taux de testostérone et modifierait les organes génitaux des animaux.

L’O.C.B.C. ou l’art de la traque

La Femme à l'éventail d'Amedeo Modigliani, tableau volé au Musée d'art moderne de la Ville de Paris le 20 mai 2010.

Vols de tableaux de Braque, Matisse, Picasso… au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, disparition d’un Degas au Musée Cantini de Marseille, trafics d’oeuvres d’art à Drouot…

Dans ces affaires récentes et sensibles, c’est souvent l’Office Central de lutte contre le trafic des Biens Culturels (O.C.B.C.) ou encore la Brigade de répression du banditisme qui interviennent. L’O.C.B.C. qui est compétente en matière de vol et de recel de vol de biens culturels est intégrée à la Direction centrale de la police judiciaire. Elle a été créée en 1975 et depuis cette date 32 000 affaires ont été reportés pour 82 000 objets volés. L’actualité médiatique des vols d’oeuvres d’art est donc l’occasion de mieux connaître cette organisation qui est dirigée par le Colonel Stéphane Gauffeny et comprend une quinzaine de personnes. Historiquement la documentation de l’O.C.B.C. a été informatisée depuis 1995 et dotée d’un thésaurus informatique ainsi que d’un logiciel de similarité visuelle depuis 2005 qui facilite la détection d’objets volés. Ce logiciel nommé Treima a été conçu par la société LTU et permet de rapprocher des oeuvres d’art volés par similarité visuelle dans une base de données de près de 19 000 photos de tableaux sur un total de 80 000 références. En France, le thésaurus permet un accès simple par mots clés ce qui le distingue du système informatique italien destiné à des spécialistes en histoire de l’art. Le fichier national d’oeuvres volées est alimenté par l’O.C.B.C. ainsi que par le groupe art de la Gendarmerie nationale de Rosny-sous-Bois (STRDJ) ou par le groupe objets d’arts de la Brigade de répression du Banditisme de la Préfecture de Paris. Particularité de l’O.C.B.C. il s’agit d’une une unité mixte police / gendarmerie depuis une dizaine d’années.
Selon le Colonel Stéphane Gauffeny, la lutte organisée par l’O.C.B.C. repose sur trois piliers.
1. Une centralisation policière ainsi qu’une coordination internationale basée sur le renseignement humain et la capacité à travailler en réseau en particulier avec le Ministère de la Culture (et sa direction du Patrimoine) ou les Douanes.
2. Un cadre législatif et judiciaire performant avec notamment l’infraction de recel qui a la spécificité d’être continue (la prescription n’est pas effective tant que le détenteur n’est pas de bonne foi) et autonome (de l’infraction initiale). Ce cadre juridique a été accentué avec la loi du 15 juillet 2008 s’il s’agit par exemple de vols d’objets culturels protégés.
3. La traçabilité du marché légal. Sur ce point l’O.C.B.C. ne se contente pas d’attendre les dépôts de plaintes et a aussi une approche dynamique. La structure alimente ainsi le fichier Interpol qui comprend 35 000 objets référencés sur Internet ouvert à tout public et cherche aussi à repérer les objets volés sur le site de vente aux enchères eBay qui collabore avec l’O.C.B.C. et diffuse en ligne des messages préventifs ou peut faire cesser une mise en vente en cas de dépôt de plainte.
Le trafic en volume brut serait passé de 8 000 vols par an en 1998 à moins de 2 000 vols par an en 2008. Les sites les plus difficiles à protéger sont les lieux de culte qui enregistrent environ 200 vols par an ce qui d’après Stéphane Gauffeny est un palier difficile à améliorer. Les musées enregistrent une vingtaine de plaintes par an mais il n’y a qu’une ou deux oeuvres de forte notoriété qui figurent dans cette liste. Les vrais défis concernent davantage :
- L’inventaire de toutes les collections d’objets d’art qui peuvent se trouver au sein d’administration car une partie importante de ce stock est invisible.
- Les expositions temporaires.
- Les périodes de transport des oeuvres.
- Le vol des archives (notamment d’imprimés, vieux livres).
- Les sites archéologiques (quelques dizaines de vols par an difficiles à évaluer).
L’O.C.B.C. intervient aussi sur les dossiers de demandes de restitution d’objets d’arts en particulier d’Amérique du Sud ou d’Asie du Sud-Est. Ces demandes sont fondées sur la base de la loi de 1970 de l’UNESCO mais la France n’ayant pas ratifié le traité Unidroit de 1970 qui inverse la charge de la preuve, la plupart des restitutions restent délicates à conduire.
Selon Stéphane Gauffeny d’une manière générale la meilleure technique de traçabilité sur les affaires en cours est de suivre … le marché légal car c’est sur les segments les plus porteurs du marché que les malfaiteurs s’orienteront. Si la collaboration internationale est plutôt efficace avec le « premier cercle » de l’Union européenne (Italie, Allemagne, Belgique, Suisse, Espagne…), Stéphane Gauffeny reconnaît que l’approche service public est plus complexe avec les anglo-saxons qui privilégient une démarche bien plus commerciale dans leurs dispositifs de répression.

Dérives du marché de l’art

Les journalistes Danièle Granet et Catherine Lamour décrivent dans ce livre les évolutions récentes du marché de l’art et en particulier l’explosion des prix de certains artistes contemporains qui s’explique, selon les auteurs, en grande partie par la raréfaction des oeuvres classiques ou modernes sur le marché. Cet ouvrage se révèle être une vision honnête mais somme toute assez superficielle des enjeux économiques en cours.
Quant aux « Grands et petits secrets » de ce monde opaque, on peut simplement relever à la lecture de l’ouvrage :
- l’affaire Lawrence Salander, galeriste new-yorkais renommé, arrêté en mars 2009 dans le cadre d’une vaste affaire d’escroquerie qui impliquait deux banques et un fonds d’investissement.
- le rôle du port franc de Genève qui depuis une nouvelle loi de douane du 1er mai 2009 ne jouit plus de l’extraterritorialité. Les oeuvres d’art stockées ne bénéficient donc plus de l’exonération des droits de douanes et de TVA. Objectif : limiter l’exportation en Suisse d’oeuvres illégales et qui ressortiraient « blanchies ».
Mondialisation oblige : notons enfin que Singapour prévoit la mise en place d’un port franc de 10 000 mètres carrés près de son aéroport où l’extraterritorialité sera assurée.

A l’heure où se tient à Genève, une conférence sur le journalisme d’investigation, une démarche plus volontaire aurait été la bienvenue.

Grands et petits secrets du monde de l’Art de Danièle Granet et Catherine Lamour, Fayard, 350 p., 20, 90 euros

Oxford Internet Institute

William H. Dutton, directeur de l’Oxford Internet Institute, a récemment présenté à Paris quelques résultats signicatifs de son centre de recherche qui fait figure de référence dans le paysage Internet européen. Premier commentaire : les internautes britanniques considèrent Internet comme une source d’information indépendante des autres institutions et ils font tout autant confiance aux informations issues d’Internet qu’à celles des medias traditionnels. La dimension anxiogène d’Internet concernerait surtout les individus qui n’utilisent pas le réseau. Selon Dutton c’est surtout la recherche d’informations qui intéresse les internautes britanniques car sur le plan des divertissements la télévision reste le media privilégié. Pour ce qui est des enjeux politiques, Dutton considère qu’aussi bien les démocraties que les régimes autoritaires peuvent utiliser Internet pour renforcer leur structure de pouvoir. Internet ne serait donc pas un horizon démocratique en tant que tel. Face à la menace Internet, plusieurs types de risques peuvent émerger. 1) Les intellectuels traditionnels comme Nicholas Carr voient dans ce réseau une « culture de l’amateurisme » et un « consumérisme individuel » pernicieux. 2) Un risque de monopole permanent existe pour certains acteurs centraux du Web. 3) Les gouvernements ont la tentation de multiplier les techniques de filtrage pour maîtriser les systèmes de régulation.

Sofrecom : risques et réseaux

Sofrecom est une filiale de France Telecom qui conduit des missions de conseil dans les nouveaux services innovants en particulier à l’international. Cette démarche de défrichage et de prospective s’exerce notamment dans des projets audio-visuels à une échelle européenne. Un exemple de mise en place de tels services novateurs est le site 2424actu qui propose des informations continues en ligne sous une forme visuelle séduisante et ludique. Plus globalement la démarche novatrice des opérateurs télécoms est désormais concurrencée  par les réseaux sociaux qui ont remis en cause les modèles économiques traditionnels : le monde informatique aurait ainsi pris un avantage stratégique sur le monde télécom dont est issu Sofrecom. Un site comme Facebook par sa dimension conversationnelle et gratuite présente ainsi un risque majeur pour des acteurs télécoms traditionnels.Il est donc probable que l’axe « réseaux » devienne de plus en plus stratégique et que la dimension « télécom » stricto sensu disparaisse d’ici 20 ans. Un enjeu essentiel est de savoir où et comment « ouvrir » les interfaces de programmation (Application Programming Interface ou API) car les nouveaux standards qui émergent à une échelle globale présentent des défis d’un genre inédit. La fragmentation du marché européen face à l’émergence de nouveaux acteurs (réseaux sociaux américains et pays émergents tels que la Chine et l’Inde) oblige aussi les opérateurs télécoms à s’orienter de plus en plus sur des services de communication enrichie interopérables (Rich Communication Suite) censés donner plus de valeur ajoutée à leurs activités.

Cartographie et influences

La cartographie est devenue un paramètre incontournable pour la plupart des directions en particulier celles impliquées dans la gestion du risque. En matière de cartographie sur Internet, la société française Linkfluence a un parcours singulier. Cette entreprise a été fondée à partir d’un collectif de chercheurs réunis désormais au sein de l’association Webatlas. Franck Ghitalla, enseignant à l’Université Technologique de Compiègne, est à l’origine de l’initiative qui consistait à rapprocher le monde de la recherche informatique et celui des sciences humaines. A l’origine du projet : mieux comprendre comment se déplacent les individus sur le Web et objectiver les territoires. En multipliant les points de vue de chercheurs issus de différents horizons (mathématiciens, statisticiens, linguistes, sociologues…) on aboutit à une forme de sémiologie graphique qui permet de mieux comprendre des phénomènes complexes. Mais face aux blocages universitaires pour développer ce projet dans un environnement de chercheurs, la société Linkfluence prend forme en 2006. L’entreprise a orienté ses activités sur des services « d’institut d’études » en segmentant le Web et en triant les informations pertinentes ainsi que sur des prestations « d’influences » auprès des prescripteurs sur Internet pour par exemple inciter à l’achat de certaines marques ou gérer au mieux des réputations d’entreprises. Avoir une stratégie d’influence efficace implique selon le cofondateur de Linkfluence Guilhem Fouetillou, « de posséder une vision claire et fine des territoires de façon à gérer les risques et les hiérarchiser ». Toujours selon Fouetillou : « Les applications de nos techniques de cartographie restent nombreuses (militaire, criminalité, contrefaçon…) et la société développe donc des contacts pour concevoir d’autres prestations. »
Signe encourageant sur les potentialités créatives de cette technique : l’esthétisme élégant et mystérieux de certains visuels.

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A propos du blog

Risk05 s’intéresse aux nouvelles formes de risques économiques, liés en particulier à Internet et à la mondialisation. Un des secteurs privilégiés d'analyse sera les industries créatives.

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  • BLONDEY Patrick a commenté sur L’O.C.B.C. ou l’art de la traque: Vous nous dite traquer le trafique d'oeuvres d'art! Nous sommes Galeriste dans le jura, un département proche de la Suisse...

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