Récemment dans la catégorie Expos-Salons

Le festival Pariscience, jeune et sympathique événement spécialisé dans le film scientifique dirigé par Jean-Pierre Gibrat et Vincent Lamy, vient de remettre ses prix. Parmi les documentaires primés on peut relever le film Quants, les alchimistes de Wall Street de la néerlandaise Marije Meerman qui aborde l’épineux problème de l’utilisation des mathématiques dans les risques financiers. Ce documentaire démontre comment les Quants, programmeurs et concepteurs de produits financiers sophistiqués, ont augmenté les risques systémiques en cherchant à quantifier de manière illusoire les comportements de l’homo oeconomicus. Cette histoire d’avidité, de peur et d’aléatoire tournée au coeur de Wall Street impressionne par la qualité de ses intervenants et sa mise en scène élégante. Le chercheur britannique Paul Wilmott décrit ainsi un système où les hedge funds externalisent toutes formes de risques aux clients et où le High Frequency Trading pose le problème de la vitesse dans des prises de décisions qui semblent de plus en plus délicates à maîtriser. A l’issu du documentaire, les réalisateurs du film ont insisté sur la difficulté à obtenir des témoignages d’acteurs en activité au sein du monde financier car ce sont des chercheurs ou d’anciens salariés du secteur qui s’exprimaient le plus ouvertement sur le sujet. Courageusement présent lors du débat, Christophe Michel, IRD Quant Manager au Crédit Agricole, insista au contraire sur la dimension « réductrice de risques » des mathématiques financières. Mais les questions pertinentes du public sur la crise financière ont pour le moins fragilisé une rhétorique bien rodée mais dont le « retour de la réalité » mettait en relief la vacuité…

Un second documentaire présenté lors du festival Les Océans du plastique a démontré  la présence croissante et scientifiquement prouvée de produits chimiques dans les océans dont on commence à découvrir les effets sur les animaux et les hommes. Selon l’IFREMER, les océans auraient environ 3 milliards de déchets et les grands fonds marins seraient en partie contaminés pour quelques centaines d’années. Ce documentaire rigoureux et bien documenté bénéficie des témoignages de nombreux chercheurs qui précisent les risques en question avec notamment le défi du recyclage (5% du plastique mondial serait recyclé, en partie dans des pays émergents comme l’Inde). Certains travaux n’incitent guère à l’optimisme : des élements chimiques relevés lors de biopsies effectuées par la WWF sur des baleines en Méditerranée ou la contamination de plages avec des petits fragments de plastiques analysés par le chercheur Richard Thompson de l’université de Plymouth laissent supposer que nos environnements sont déjà contaminés de manière peu visible. Si le phénomène des vortex a été médiatisé dès la fin des années 90 avec des dizaines de milliers de déchets flottant à la surface du Pacifique, aucune étude épidémiologique n’existe toujours en France sur le phénomène des phtalates.Les analyses de la scientifique Shanna Swann de l’université de Rochester ont toutefois démontré que cette pollution environnementale aurait pour effet de diminuer le taux de testostérone et modifierait les organes génitaux des animaux.

La Cité des Sciences et de l’Industrie organise jusqu’à mi-février une exposition sur la contrefaçon nommée : « La vraie expo qui parle du faux » qui alerte sur les dangers pour les consommateurs, mais aussi pour l’innovation. « La vraie expo qui parle du faux » veut aider à distinguer le « vrai » du « faux » et alerter sur les dangers liés à la contrefaçon, mais aussi engager une réflexion sur la création et l’innovation. L’exposition a été initiée par l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI). Pour le directeur général de l’Institut, Benoît Battistelli, « l’exposition montre de manière ludique et pédagogique les dangers de la contrefaçon et met également l’accent sur le rôle des brevets et de la propriété intellectuelle et industrielle dans la protection de l’innovation ». Suivant une rhétorique bien rodée, Benoît Batistelli insiste sur la perte de chiffre d’affaires, les destructions d’emplois et les risques pour les consommateurs générés par l’ampleur de la contrefaçon. L’exposition conçue par la Cité et la scénographe Zette Cazalas (agence Zen+dCo), prend la forme d’une installation artistique en trois dimensions. L’espace est ouvert sur quatre thèmes développés en quatorze cubes mettant en scène de nombreux objets et iconographies, comme autant d’objets de réflexion et de dialogue. Les paroles d’experts, les visuels géants, les objets, les audiovisuels, les manipulations portent et mettent en perspective le propos sur la contrefaçon :
A.Prologue
B.Pourquoi copier ?
C.Garantir l’authentique
D.Combattre le faux.

A noter que selon le site Ecrans de Libération l’exposition a fait preuve d’une polémique avec la censure (?) d’un message d’Isabelle Vodjani, artiste et enseignante à Paris I, sur le logiciel libre qui devait être inséré dans une borne audio de l’exposition. L’INPI se serait formellement opposé à la diffusion d’un tel message. La commissaire de l’exposition a donc fait parvenir un courriel à l’artiste : « Notre partenaire principal, l’INPI, est farouchement opposé à ce que l’exposition donne la parole aux défenseurs du “libre”. Nous avons essayé de discuter et d’argumenter avec eux mais l’INPI reste intransigeant sur sa position. Nous sommes donc obligés, avec grand regret, de ne pas présenter votre parole que vous aviez, aimablement, accepté de rédiger et d’enregistrer ». Dans une tribune publiée sur Transactiv.exe, Isabelle Vodjani regrette ce choix, et reproduit le texte mis au point avec l’équipe de la Cité des sciences. « C’est une expo de propagande, pour un public captif » déclare t-elle. Selon le site rue89, au service communication de l’INPI, on se défend d’avoir influencé ce choix :
« Au sein de l’institut, on n’utilise que du libre ! On a travaillé avec tout un tas d’experts, le thème de la contrefaçon touchant plein de domaines. Le choix de retirer finalement ce texte partait d’une bonne intention : on ne voulait pas apporter de la confusion dans l’esprit du public entre l’univers du libre et des pratiques illégales ».
Au « public captif et sous propagande » d’aller se faire une idée par lui-même.

INFORMATION DU PUBLIC
01 40 05 80 00 www.cite-sciences.fr/contrefacon

Pub

A propos du blog

Risk05 s’intéresse aux nouvelles formes de risques économiques, liés en particulier à Internet et à la mondialisation. Un des secteurs privilégiés d'analyse sera les industries créatives.

A propos de l’auteur

Commentaires récents

  • BLONDEY Patrick a commenté sur L’O.C.B.C. ou l’art de la traque: Vous nous dite traquer le trafique d'oeuvres d'art! Nous sommes Galeriste dans le jura, un département proche de la Suisse...

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

BlogRoll

A LA UNE EN CE MOMENT SUR

adsense