La sécurité informatique a fait récemment l’objet de plusieurs rapports et débats en termes de risques.
Tout d’abord le syndicat informatique le Syntec a publié le 7 décembre 2010 son Libre Blanc « Sécurité du Cloud Computing« . Précisons que le cloud computing, est une sorte de « dématérialisation » de l’hébergement des données et que « le lieu d’hébergement du cloud est généralement multiple, et réparti sur plusieurs data centers, en France et/ou à l’étranger ». Le Syntec distingue dans son Livre Blanc : « Les risques spécifiques liés aux aspects organisationnels, techniques et juridiques du cloud et les risques inhérents à tout projet informatique ». « Lorsque les risques sont transférés à un prestataire de service de cloud, la prise en compte de ces risques par le prestataire, sous forme de service à valeur ajoutée, doit être intégrée dans le contrat ». Mais le Syntec précise que , « le transfert de risque du client au prestataire de services ne peut pas être total. Si un risque conduit à la disparition d’une entreprise, à des atteintes sérieuses à sa réputation ou à des conséquences juridiques graves, il sera difficile voire impossible, pour quelque partie que ce soit, de compenser ces dommages. En définitive, on peut déléguer la responsabilité, mais pas s’en décharger complètement ».
Le Livre Blanc détaille aussi« la perte de maîtrise et/ou de gouvernance » liée au cloud car « comme dans toute externalisation informatique traditionnelle, l’utilisation de services d’un prestataire cloud se traduit d’une certaine manière par un renoncement au contrôle sur son infrastructure, la perte de la maîtrise directe du système d’information, une gestion et une exploitation opaques ». Par ailleurs, il existe « des risques de déficiences au niveau des interfaces », car « le niveau de portabilité actuel des services, des applications et surtout des données est encore peu probante : il y a peu de garanties sur les outils, les procédures, les formats de données et les interfaces de services », précise le Syntec.
D’autre part le cloud pose des défis de risques sur des aspects juridiques avec en particulier « la responsabilité des données et des traitements, la coopération avec les entités légales et de justice (des différents pays), la traçabilité de l’accès aux données, la possibilité de réaliser des contrôles et des audits sur le respect des modes opératoires et des procédures et le respect d’exigences réglementaires métiers ». « La dématérialisation des données sur des sites physiques de stockage différents peut conduire à un éclatement des données et une répartition dans différents pays. Un manque de maîtrise de cette répartition géographique est susceptible de provoquer le non-respect de contraintes réglementaires liées à la localisation des données sur le territoire d’un Etat ».
Enfin La mutualisation des moyens est l’une des caractéristiques fondamentale du cloud. « Mais les risques afférents sont nombreux, souvent liés aux mécanismes de séparation [entre les données des différents utilisateurs] ». Il existe également un risque de perte ou au contraire de non destructions de données. Il est « indispensable d’avoir la garantie de disposer des moyens pour la récupération de données en cas de problèmes ». Se pose aussi la question de l’expertise car « les architectures de type cloud sont gérées et exploitées par des personnes disposant de privilèges élevés et qui sont donc à risque élevé. Des dommages peuvent être causés par ces spécialistes techniques. Les risques d’accès non-autorisés aux données ou d’utilisation abusive doivent être anticipés. »
Eric Przyswa, www.risk-05.com, risk05 site de décryptage et de recherche sur les risques contemporains
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