Chez Ferrero, la crise, l’entreprise assise sur des pépites en chocolat, ne connaît pas.

Nutella est un véritable joyau. Quant aux barres chocolatées Kinder Bueno , elles fondent en bouche aussi vite que les ventes grimpent.

Mais à Mont-Saint-Aignan, pas question de surfer sur la vague du succès sans en faire profiter les autres.

« 735 000 quintaux de Nutella sortent de l’usine chaque année et 120 millions d’œufs Kinder, alors il est de notre responsabilité de partager les fruits de ce succès » explique Frédéric Thil, directeur général».

Alors dans cette usine familiale, les actions envers les salariés se multiplient : crèches familiales et deux assistantes sociales permanentes qui ont, l’an dernier, réglé 350 dossiers ; pas de réunion avant 9 heures et après 16h30 ; des plans de formation pour tous avec l’engagement de la direction qu’au moins 10 % des employés doivent devenir cadres et que dans les trois ans qui viennent il y aura un handicapé dans le comité de direction. Cette belle croissance, Ferrero la partage aussi avec ses consommateurs : 3 millions d’euros au secours populaire en 2010 ;  300 000 euros de frais universitaires dont bénéficient aujourd’hui 80 étudiants.

Et à croire Frédéric Thil, d’autres projets généreux sont dans les tiroirs.

par Denis Jacquet

2010, année maudite ? L’année qui s’écoule a montré la frontière entre les intérêts particuliers et l’intérêt général. Entre la générosité d’apparat et l’égoïsme réel. Les crises, comme les guerres, ramènent les chiens à la niche, et le protectionnisme autocentré à leur porte. Et elle est bien gardée. On nous avait promis un monde « plus jamais comme avant », après la crise. On nous a longtemps vanté l’adversité, comme un moyen à la fois de prise de conscience et de resserrement des liens de la fabrique sociétale. Tous unis face à la douleur…

Pas vraiment…

Bilan ? Le système financier reste le même et ne changera pas. On nous a livré en pâture les traders et les bonus. En voulant nous faire croire que soigner une conséquence, allait changer la source des problèmes. Je vous livre un scoop, les traders dirigent la finance mondiale !!… Les états aiment ce type de fusible, car ils ne peuvent quand même pas démolir un système qui finance, au quotidien, leur dette… Seulement un fusible n’est pas le tableau électrique. Et quand il saute le tableau reste le même. Nous entrepreneurs, qui créons la valeur, assistons avec tristesse au règne des spéculateurs qui se servent plus largement que nous sur une richesse qu’ils seraient bien incapable de créer. A quand le retour à la raison ?

Les retraites. Quand les rues crient à la disparition des seniors des organigrammes des entreprises, pour laisser la place aux jeunes, alors pleurons sur ces terroristes de la société, ces apprentis sorciers du lien social, qui pour légitimer leur existence à eux, préfèrent opposer que réunir, mener au conflit que réconcilier. Depuis quand pouvons nous reconstruire un modèle sur l’opposition des forces vives de nos sociétés. Au nom de quel égoïsme pouvons nous sacrifier l’avenir des retraites de nos aînés et enfants, de notre système entier de solidarité, pour un combat d’arrière garde sur les mathématiques primaires, et l’allongement de l’espérance de vie. Nous vivons plus longtemps, nous avons plus de bouches à nourrir à la retraite, il faut travailler plus longtemps. Ce qui était choquant c’était de finir à 60 ans pour mourir avant 70. Où est le drame quand nous vivrons au-delà de 80, puis de 100.

L’autre dommage direct, c’est l’image laissée à la société par la focalisation des médias sur ces jeunes, interviewés, que nous espérons tous minoritaires, pour qui le travail n’est qu’une contrainte et non un moyen de réalisation, de valorisation. Comment espérer une société maillée et unie, si ce qui l’occupe 35h, parfois 50h par semaine pour les cadres, est subit non comme une opportunité de plaisir et d’épanouissement mais comme un jeu de massacre. Il faut là aussi recréer le lien.

La crise financière. Sans commentaire. Les plus riches renâclent tellement à aider les pays en déséquilibre, pour préserver leurs intérêts personnels qu’ils prouvent ainsi à loisir qu’ils n’ont toujours pas compris que leur sort dépend de la santé de leur environnement global. Inquiétant. Il y aurait tellement de choses à revoir que nous stopperons là.

Nous allons devoir dans les années à venir, faire tout ce qui est possible pour recréer un lien sociétal entre tous. L’entreprise me semble le dernier bastion possible d’unité. Emuler une génération d’entrepreneurs responsables, conciliant réussite individuelle et bénéfice collectif, soucieux de retrouver l’EQUILIBRE. Ce mot devrait être notre graal pour la prochaine décennie. L’Equilibre :

·         Entre leurs salariés et de leurs actionnaires.

·         Entre leurs intérêts propres et de leur environnement

·         Entre la croissance et de la solidarité

.         Entre la richesse individuelle et celle de ceux qui y travaillent au quotidien à leurs cotés

·         Entre les PME et les groupes internationaux

·         Entre les générations afin qu’elles créent ensemble la richesse dont elles ont toutes deux besoin.

Souhaitons à 2011 de donner à notre société ces modèles d’équilibre affirmés et stables. Cessons les numéros d’équilibre instable sur un fil, plus ténu chaque année faute de vouloir prendre à court terme les mesures que le long terme exige de nous.

Bonne année quand même, l’espoir étant là , elle peut être meilleure qu’on le pense à priori. La réponse est en nous…

Hubert BARKATE, Président d’Adhara, un groupe présent dans toute la France avec plus de 70 centres de formation

Force est de constater que l’on est désormais confronté à un climat économique toujours plus brutal qui influe considérablement sur le mode de management de nombreuses entreprises. Fusions, acquisitions, délocalisations, stratégies à plus ou moins long terme, changements de management fréquents… autant d’éléments qui pèsent naturellement sur la gouvernance de l’entreprise et sur sa capacité à fédérer ou non ses collaborateurs autour de son développement. Plus généralement se pose la question de la responsabilité sociale de l’entreprise et de sa capacité à conserver une réelle éthique et à intégrer au mieux les aspects de la diversité.

Afin de parvenir à un tel résultat, l’on note que nombre d’entreprises se dotent de commissions internes ou externes pour les aider à mieux concevoir un modèle de développement responsable prenant en compte, des notions sociales, environnementales et humaines. Cependant, intégrer ces éléments ne s’improvise pas et demande un travail de fond qui sera mesuré tout au long du projet. Il s’agit, en effet, de concevoir un véritable projet et non un gadget promotionnel, destiné à donner une bonne image de l’entreprise.

A ce jour, de nombreuses initiatives semblent se dessiner, notamment dans les grands groupes internationaux qui souhaitent introduire une dose d’éthique dans des stratégies de développement souvent très agressives. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Ces initiatives « visibles » méritent d’être saluées ; l’idée générale de ces grands projets de gouvernance étant de positionner les problématiques liées à la responsabilité sociale et environnementale comme un maillon important de la chaîne de valeurs de l’entreprise.

L’on notera également que l’Etat s’emploie à insuffler cette dimension au travers des nombreuses commissions et organisations créées pour suivre ces projets au quotidien. Ainsi, différentes instances françaises de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité et de la diversité ont aujourd’hui une réelle légitimité.

Ces sujets sont également au sein des PME largement abordés et souvent avec une plus grande sincérité. En effet, déployer un projet éthique coûte cher et monopolise un certain nombre de ressources humaines et financières. Ce choix est donc généralement particulièrement mûri. De plus, cela permet aux entreprises de mettre en avant un réel avantage concurrentiel et de sensibiliser leurs clients et prospects sur l’intérêt de travailler avec eux. Nombre d’initiatives sont donc entreprises par les PME : diversité, approche environnementale, travail avec des ESAT… Autant d’éléments concrets et pragmatiques qui développent une vraie dimension éthique à l’entreprise.

Cependant, mettre en place son projet est complexe. Il convient de le préparer minutieusement et de prendre le temps de le concevoir au sein de groupes de travail et de commissions qui en garantiront la bonne application. Il est également nécessaire de sensibiliser et de former le management à ces nouveaux modes de gouvernance qui ne sont pas nécessairement naturels. En effet, le curseur financier est trop souvent utilisé pour prendre des décisions qui peuvent pénaliser l’entreprise à long terme. Attention donc à prendre de la hauteur et à mettre en perspectives les atouts qu’une gouvernance éthique apportera. C’est à cette condition que l’entreprise ne sera plus un lieu de souffrance ou un passage obligé, mais bel et bien un espace protégé, partagé par des individus heureux de contribuer à créer un édifice commun.

Hugo Nicolai, développe un projet autour du monde  pour travailler avec 5 entrepreneurs sociaux dans le domaine des énergies renouvelables. Durée du voyage : 20 mois

Il viendra régulièrement raconter ses expériences sur Sold’Eco.

Première rencontre avec ce Jeune diplômé d’école d’Ingénieurs spécialisé dans les nouvelles technologies de l’énergie à Toulouse.

hugo.niccolai@gmail.com

http://enrsud.posterous.com/

La mise en place d’énergies propres : le challenge des entrepreneurs sociaux du Sud et leur contribution pour le Nord

Les projets conduits sous forme de Social Business font intervenir les compétences du cœur de métier de l’entreprise qui doivent être mises en œuvre en adéquation avec les contraintes et les ressources locales. Les bénéficiaires de ces structures peuvent être issus de toutes « catégories sociales », il n’y a pas de clients type au Social Business car ce n’est pas le service proposé qui se différencie mais plutôt le principe qui fonde ce modèle. La cohérence locale de l’approche demande de prendre en compte les réalités terrains dès le début d’un projet, le type de bénéficiaires et leurs attentes en font parti. Ainsi, dans les pays en voie de développement, certaines de ces structures se sont focalisées sur des populations du BoP, Bottom of the Pyramid, c’est à dire les plus pauvres.

Qu’est ce que la logique du BoP (Bottom of the Pyramid) ?

Les entreprises travaillant dans cette logique considèrent que même les populations les plus pauvres constituent un marché potentiel et que la diminution des retards sociaux pourra se faire en donnant l’accès à ce marché. Ainsi tout en ayant une démarche responsable, l’entreprise doit adapter sa stratégie à ces bénéficiaires pour être rentable. Cette logique permet donc de rassembler à nouveau les notions de profit économique et de progrès social.

L’arrivée en masse sur le marché mondial de nouvelles technologies, souvent onéreuses, peuvent permettre une amélioration significative des conditions de vie des populations. On peut donc se demander comment est-il possible de les mettre en place de manière pérenne tout en étant en adéquation avec les ressources et les besoins locaux ? Comment ces populations avec un bas revenu peuvent elles profiter de ces technologies de manière durable ?

Prenons un exemple précis d’entreprises sociales illustrant cette problématique : la mise en place d’énergies renouvelables comme premier accès à une électricité durable pour des populations isolées des réseaux électriques.

L’énergie au cœur du développement

1,6 milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité dans le monde. L’accès à l’énergie est un des objectifs de la lutte contre la pauvreté dans tous les pays en développement, l’autonomie énergétique de certaines populations isolées du Sud, hors de portée des réseaux électriques, est devenue cruciale.

Les services énergétiques sont reconnus par les états comme étant un facteur clef dans l’amélioration des conditions de vie liées à la santé, à l’accès à l’eau, à l’éducation et à la protection de l’environnement :

Pour l’éducation : Optimisation des infrastructures avec un meilleur éclairage, une réfrigération, la présence indispensable de NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication)…

Pour la santé : Eclairage, conditionnement des médicaments et vaccins, fourniture d’eau chaude, communication efficace sur les maladies telles le VIH et paludisme…

Pour l’agriculture : les carburants représentent 40 % des coûts de labour, de traitement, des récoltes… Une bonne irrigation est indispensable et les besoins énergétiques pour le conditionnement et le transport sont indispensables.

Amélioration des conditions de vie des femmes : Donner plus de temps pour l’éducation et les activités génératrices de revenus par le support énergétique (eau facilement accessible, plus de collecte régulière de bois de chauffage, allégement des travaux ménagers…).

Pour l’environnement : équilibrage démographique avec une diminution de l’exode rural et préservation des ressources naturelles, diminution de la pollution, gestion des ordures ménagères et des déchets.

La pauvreté énergétique est à la fois une cause et une conséquence du faible développement économique de ces régions reculées et isolées du réseau.

Les populations rurales, souvent pauvres, sont de faibles consommateurs potentiels d’électricité, ce qui entraîne la difficulté à financer les coûts importants d’extension du réseau électrique. Ainsi chercher  à raccorder tout le monde par extension du réseau traditionnel est une solution déficitaire pour l’Etat et bailleur de fonds.

L’Electrification Rurale Décentralisée a pour objectif de produire de l’électricité pour les populations hors de portée des réseaux électriques, leur permettant ainsi une autonomie énergétique. Les énergies renouvelables permettent cette autonomie car elles fonctionnent à l’aide d’une ressource locale (eau, soleil, vent, biomasse…) disponible en quantité illimité, ce qui rend la production d’énergie durable.

Avec ses 4 composantes, technologique, économique, écologique et social, l’Electrification Rurale Décentralisée prouve qu’elle contribue à relever le défi du développement.

Des entrepreneurs d’exception œuvrent chaque jour à travers le monde pour proposer aux populations les plus démunies et les plus isolées des solutions énergétiques pérennes qui soient en adéquation avec l’économie, la géographie, la politique et la culture locale. Ces entreprises « de terrain » qui allient innovations technologiques et actions en faveur d’un développement solidaire, ne constituent-elles pas, pour les pays du Nord, les nouveaux modèles d’entreprises innovantes qui, au-delà de la quête de performances financières, rechercheront aussi la performance sociale, environnementale dans le cadre d’une politique de croissance solidaire ?

De tels projets font appel à de nombreuses innovations : innovations de méthode (analyse des besoins et capacités de paiement), innovations organisationnelles (coût de gestion d’un grand nombre d’équipements dispersés et de micro-flux financiers), innovations institutionnelles (coexistence avec les services publics traditionnels de fourniture d’électricité) et des innovations en termes de montage financier mêlant apports publics et privées.

Y-a-il des méthodes générales  clés à tirer de ces innovations entrepreneuriales sous contraintes ?

Aujourd’hui nous nous rendons compte des limites d’un modèle énergétique dans les pays du Nord : réchauffement climatique, utilisation abusive de ressources fossiles liée à une ébriété énergétique (surconsommation, 60 % de l’énergie est consommée par 1,2 milliards d’individu dans les pays développés), des pics de consommation qui entrainent des saturations sur le réseau électrique centralisé…

Sans vouloir refonder du jour au lendemain les modes de production actuels, une des pistes pour une assurer une pérennité énergétique du Nord et du Sud est une utilisation rationnelle de l’électricité produite de manière plus décentralisée. Chaque environnement local a sa spécificité, chaque bénéficiaire diffère dans ses ressources ou ses besoins. Mais les contraintes économiques, politiques et logistiques de ces zones rurales pauvres du Sud poussent les entrepreneurs sociaux à imaginer de nouvelles solutions pour assurer une rentabilité de ces projets mais aussi leur pérennité dans le temps. Quelles sont ces « pépites », indispensables à la faisabilité de ces projets, associant technologies d’aujourd’hui et population du BoP, mises en place par ces entrepreneurs ? N’y-a-t-il pas là des innovations entrepreneuriales clés pour allier économie et solidarité ?

Les entrepreneurs sociaux de l’énergie pour la population du Bop dans les pays en voie de développement

Les éléments fondamentaux d’un marché d’électrification rurale soutenable incluent la satisfaction des usagers, l’accessibilité économique, la rentabilité pour l’entrepreneur, et des chaînes d’offres et de services efficaces.  Différentes solutions sont mises en œuvrent pour assurer ce service électrique dans les pays en voie de développement : distribution sur le lieu même de production (achat d’un système autonome), distribution par location de batteries d’un point de charge jusqu’au lieu de consommation ou encore distribution par mini-réseaux en proposant un abonnement.

Afin de comprendre les méthodes de ces entrepreneurs, je vais partir à leur rencontre 20 mois pour travailler sur le terrain afin d’en identifier les facteurs de succès. Les futurs articles seront donc consacrer au fonctionnement de chacun de ces social business.

La nécessité d’un retour d’expérience lucide et pragmatique issu du terrain est importante pour comprendre les tenants et les aboutissants sur ce qui a marché ou échoué et pour en construire un modèle utilisable et inspirant les approches du Nord. Les entrepreneurs ciblés ont été choisi pour leur expérience dans ce domaine et leur implication sur le terrain :

La Grameen Shakti de Muhammad Yunus : créé en 1996 au Bangladesh, ce social business assure la mise en place d’énergies renouvelables en zone rurale isolée avec aujourd’hui plus de 200 000 systèmes solaires individuels installés et plus de 5000 unité de fabrication de biogas. Partenaire de la Grameen Bank, les bénéficiaires y accèdent via microcrédit.

PAMATEC d’Hubert d’Aboville : créé il y a 22 ans aux Philippines, cette entreprise sociale a terminé un projet d’électrification d’une île de 18 000 logements. Un service électrique sous abonnement y est proposé à très bas prix. Aujourd’hui, PAMATEC s’intéresse au petit éolien et aux biocarburants.

EGG Energy en Tanzanie: Entreprise sociale américaine mise en place en 2009, elle propose de la location de batteries rechargées sur le réseau électrique pour les villages voisins et bientôt rechargée à l’aide d’énergies renouvelables.

IDEEAS de Fabio Rosa : Entreprise sociale qui apporte des énergies renouvelables aux populations dans les endroits les plus reculés du Brésil.

Allier économie et solidarité avec les populations du BoP est un défi de taille que ces entrepreneurs ont décidé de relever, les modèles de social business ont été élaborés dans des secteurs économiques fournissant des biens essentiels (eau, produits alimentaires, microfinance…). Dans le domaine d’accès à l’électricité, ces entreprises sociales n’en sont encore qu’à leurs débuts, l’étude de leur fonctionnement peut donner des clés pour des futurs entrepreneurs sociaux souhaitant allier « technologie verte », progrès social et respect de l’environnement.

Quelques sources pour en savoir plus sur l’électrification en zone rurale :

  • Heuraux, Christine, L’électricité au cœur des défis africains, Manuel sur l’électrification en Afrique, Paris : Karthala, 2010

de Gouvello, Christophe ; Maigne, Yves, L’Electrification Rurale Décentralisée ; Une chance pour les Hommes, des techniques pour la planète, Paris

Le prix Nobel de la paix Mohammad Yunus, l’un des pionniers du micro-crédit, estime qu’il faut mettre de l’ordre dans ce type de prêts destinés aux plus nécessiteux après de récents scandales en Inde.

« Je suis inquiet. Certaines personnes ont pris une mauvaise direction et ont franchi la ligne jaune, en prêtant n’importe comment, avec souvent des objectifs assez éloignés de leur mission. Dans certains cas, le micro-crédit est devenu une sorte de crédit à la consommation servant à financer les achats courants des ménages », déplore-t-il.

« Il faut condamner ces errements et mettre rapidement de l’ordre. Si l’on ne fait rien tout de suite, d’autres acteurs se lanceront sur ce secteur en faisant la même chose, car l’Inde est un pays où les besoins sont immenses. Je plaide, par exemple, pour imposer un code de bonne conduite aux institutions de microfinance. Ce serait une manière de séparer ceux qui font du micro-crédit de ceux qui n’en font pas », explique-t-il.

« Il faut aussi mettre en place une limite sur les taux d’intérêt pratiqués. Le bon niveau serait d’ajouter 10% au coût de la ressource, afin de couvrir les frais de fonctionnement. Ce qui représente des taux autour de 20%. À ce niveau, tout le monde est gagnant », ajoute-t-il.

A la question de savoir si les institutions de microfinance ont vocation à faire des bénéfices, comme la société SKS introduite en Bourse en Inde, il a indiqué : « cela a été une erreur fondamentale et un mauvais signal. Le micro-crédit ne doit pas être présenté comme une opportunité pour gagner de l’argent. Il doit d’abord servir à créer de l’activité, à permettre aux plus démunis d’avoir un métier ».

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Solid’Eco croise le regard d’un entrepreneur, porte-drapeau des dirigeants qui prônent une économie plus responsable et plus solidaire, et celui d’une journaliste qui ne demande qu’à être convaincue que cette forme de capitalisme libéral et responsable existe. Ici la parole est aux patrons des petites et grandes entreprises, aux experts et à tous ceux qui militent pour ce nouvel ordre économique.

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