Bienvenue à la « Ruche »

C’est là, en plein coeur du 20 ième arrondissement de Paris que Jean-Charles Corréa, le fondateur de Deafi a posé ses cartons. Suivez le guide.

 

 

Lorsque l’on agit dans un milieu comme celui du « social business », on s’intéresse forcément à tout ce qui porte une étiquette évoquant cette idée, pour s’en rapprocher, comprendre et apprendre. (Je précise que je tremble encore d’employer le terme « économie sociale et solidaire », l’ESS, faute d’une définition suffisamment claire à ma disposition).

Quand par ailleurs on décide d’entreprendre, une des premières questions qui se pose est : où vais-je poser mes cartons ?  Louer des locaux est un casse-tête financier lorsque l’on est une jeune pousse. Et la perspective de passer les deux prochaines années dans la solitude d’un bureau de 23 M² en fonds de cour peut contribuer à briser bien des élans dans le cœur de l’entrepreneur le plus motivé.

C’est Frédéric, un conseiller du Réseau Entreprendre Paris, qui m’a parlé de la Ruche pour la première fois. Une visite sur le site (http://www.la-ruche.net/ ) m’a rapidement convaincu que c’était l’endroit à découvrir. L’objectif affiché par les fondateurs était de créer un lieu où mettre à disposition d’une communauté d’entrepreneurs les moyens d’avancer vers la réalisation de leurs projets à vocation sociale.

Pour Miora Ranaivoarinosy, la « maitresse de cérémonie » des lieux, il ne s’agit pas de sélectionner les projets, mais plutôt de s’assurer que leurs promoteurs ne se trompent pas d’endroit. Pas de grilles d’évaluation rigides ici, c’est le feeling qui prime. L’endroit est, c’est indéniable très attirant. Sur le quai de Jemmapes, au cœur du Paris Bobo qui ne laisse personne indifférent, on trouve là une quarantaine de structures, associations ou entreprises, qui se partagent les lieux, d’anciens locaux industriels, organisés en open space.

Miora, est très représentative des habitants de la Ruche. Jeune, un diplôme de grande école en poche, elle a choisi la voie du conseil en développement durable plutôt qu’un chemin plus classique, passant même par le  bénévolat. Puis elle a rejoint la Ruche. Ici, c’est presque banal. Le nombre de HEC/Science Po/ESC/X et autres formations prestigieuses  atteint un taux  digne des plus grands cabinets de conseils. Une  question pourrait dès lors se poser : le social business est-il élitiste ?

En fait, au quotidien, puisque j’ai depuis décembre intégré la Ruche, la réponse est non. Ou plutôt de moins en moins. Les pionniers sont souvent des esprits vifs, avertis, et très bien formés. Miora préfèrent dire « qualifiés ». Qu’ils mettent ces compétences au service de causes qui ont du sens ne serait blâmable que si ils se réservaient ce sacerdoce, mais ce n’est pas le cas ici. Les esprits sont ouverts. Les échanges se font. Un peu contraint parfois car l’espace, aussi agréable soit-il ne favorise pas l’intimité. A la Ruche, on sort téléphoner dans la cour pour relancer un client, demander à son banquier d’être patient, car les bureaux sont très proches les uns des autres…

Mais pour Miora c’est de cette mixité que naitra l’ESS de demain, une formule hybride d’entreprenariat, où la création de richesse ne serait pas tabou, mais au service du plus grand nombre. Elle entend aussi ne pas transformer cet endroit en alibi, en pseudo-label pour des projets en mal de crédibilité, mais préfère le voir comme un outil « d’empowerement », d’élévation. Miora espère que d’autres Ruche verront le jour, en banlieue et en province, brisant le mur de verre du périphérique.

J’aime faire partie de cette communauté, même si elle me fait penser parfois à l’écologie des années 70, avec cette même forme d’austérité studieuse.

Le rire n’est pas encore de mise au quotidien, on travaille ici ; mais la sincérité et l’enthousiasme sont là.

J’ai demandé à Miora si nous étions déjà dans l’ESS 2.0 ?  Elle pense que oui.  Et elle le démontre : tous les vendredis midi un « Buzz » réunit les habitants et est ouvert à ceux qui veulent échanger sur leurs projets. Un bon point de départ pour de futurs entrepreneurs sociaux. Venez. A la Ruche j’ai rencontré des Hommes passionnés et passionnants dont je vous parlerai bientôt.

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